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DISCOURS
DU 1er MAI 2009
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Il m'appartient, en ouverture de cette cérémonie, en tant que Maire représentant tous les Villeneuvois, de vous souhaiter la bienvenue ici à l'Espace Concorde, en mon nom personnel et au nom du Conseil Municipal de Villeneuve d'Ascq. Vous me permettrez d'ajouter que c'est pour moi, en ce 1er mai 2009, un immense plaisir assorti d'émotion. Bien entendu, si je ne veux oublier personne dans ces mots d'accueil, on comprendra que j'adresse ces voeux de bienvenue plus particulièrement à celles et ceux d'entre vous qui dans quelques minutes seront mis à l'honneur par l'attribution de la médaille du travail. C'est donc à ces récipiendaires que je veux tout naturellement m'adresser en premier tout en remerciant leurs familles, amis ou collègues qui ont bien voulu les accompagner. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les médaillés du travail, je vais donc avoir aujourd'hui le plaisir de vous remettre au nom du gouvernement français une médaille officielle qui honore une période de 20 ans à plus de 40 ans de travail. Pour certains d'entre nous, cette décoration coïncide plus ou moins avec le terme de votre vie professionnelle. Pour d'autres, la vie de travail continuera après cette distinction. Aux premiers, je souhaite très chaleureusement une retraite heureuse et surtout je vous souhaite que cette retraite soit une nouvelle ère dans vos vies de femmes et d'hommes. Aux autres, je souhaite tout aussi sincèrement un environnement professionnel qui reconnaisse le travail accompli et qui vous donne la possibilité de vous réaliser dans ce cadre... et c'est peu dire... en cette période de crise économique et sociale profonde, de doutes et d'angoisses. A toutes et à tous, enfin, je souhaite surtout que cette journée de 1er mai soit une occasion de vous réjouir et si possible de faire la fête. Nombreux sont ceux, ce matin, qui sont venus accompagnés de leur famille ou amis. D'autres se retrouveront dans les jours qui viennent pour fêter, chacun à sa manière et selon ses choix, cette médaille qui va leur être remise. Somme toute, si cette médaille était aussi l'occasion pour quelques uns de vos proches de vous manifester leur sympathie, leur amitié, voire leur reconnaissance, elle serait encore plus agréable à recevoir et je sais que ce sera le cas. Au demeurant, si vous fêterez probablement cette distinction de manière différente les uns et les autres, c'est aussi que vous l'aurez, je le sais, reçue différemment et considérée différemment, selon votre passé professionnel, votre propre conception de la vie au travail ou tout simplement de la vie tout court. C'est aussi cela votre richesse... cette diversité qui vous caractérise, une diversité qui rassemblée forme une société. Pour ma part, je ne m'engagerai pas plus aujourd'hui que la 1ère fois en 1977, il y a 32 ans, dans un dissertation sur le sens à donner à cette remise de médaille du travail. Je vous adresse donc, très simplement, à toutes et à tous, collectivement, avant de le faire individuellement, mes plus vives et mes plus sincères félicitations. L'essentiel pour moi à ce stade est dit mais on m'autorisera d'ajouter que la cérémonie de ce matin est aussi l'occasion de célébrer le 1er mai, la fête du travail, que personnellement je préfère qualifier de fête des travailleurs. Dans la longue liste des fêtes qui jalonnent notre calendrier, celle du 1er mai est, en effet, un peu particulière. Car d'abord, une question mérite d'être posée : est-il bien raisonnable de fêter le travail ? Quand nous étions à l'école, on nous a expliqué qu'un philosophe grec disait de la langue, du langage, que c'était à la fois la pire et la meilleure des choses. Il me semble que l'on peut en dire tout autant du travail. Il n'est besoin ni de remonter très loin dans le passé, ni de faire du misérabilisme pour constater que pour beaucoup, le travail, c'est aussi, sinon d'abord, une source de difficultés et de souffrances physiques ou morales. En un mot, et si vous me permettez cette expression « le travail, c'est rarement une partie de plaisir ». Et en même temps, nous savons bien tous ici que pour tant de nos concitoyens, la première angoisse, le première source de difficultés de vivre, c'est bien l'absence de travail, c'est bien le chômage. Individuellement comme collectivement, pour notre société, c'est bien lui notre problème principal. C'est dire s'il nous faut, particulièrement en 2009 où le chômage réel s'accroît de près de 80 000 tous les mois, encore et toujours considérer comme prioritaire, comme essentielle, la bataille pour l'emploi. Nous battre contre le chômage et par tous les moyens, en utilisant toutes les techniques, toutes les actions et en mobilisant toutes les énergies, c'est notre affaire à tous ! C'est l'affaire du monde politique, c'est l'affaire de monde économique dans son ensemble. C'est l'affaire des associations qui agissent dans le domaine de la formation et dans celui de l'insertion. C'est l'affaire des administrations, du Pôle Emploi, de la Mission Locale, de la Maison de l'emploi, et c'est bien sûr l'affaire des travailleurs eux-mêmes et leurs organisations. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je sais bien ce que peut avoir pour certains de vain cet appel à lutter pour l'emploi mais aujourd'hui, à l'heure du désespoir pour tant de nos concitoyens, pouvais-je rester muet en la matière ? Je sais que rien n'est simple ni facile. Mais je sais aussi que le premier danger serait d'en venir à accepter le chômage comme une donnée incontournable, presque acceptable de notre société sinon, comme disent certains « comme une variable d'ajustement » de l'activité économique... Accepter de telles idées serait accepter une société à deux vitesses avec d'un côté des riches et des puissants toujours plus riches et toujours plus puissants et de l'autre une misère quotidienne aggravée frappant des millions de nos concitoyens. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Le 1er mai, c'est enfin pour nous l'occasion de méditer un instant sur cette longue marche des travailleurs pour conquérir leurs droits. Nous ne sommes pas ici dans une commémoration historique. Mais il nous appartient de mesurer combien de passions, combien d'obstacles surmontés, combien de luttes il a fallu pour faire lentement, opiniâtrement, sortir le monde ouvrier du non droit et pour lui faire acquérir la dignité de ses droits. Au moment où nous sommes réunis pour fêter celles et ceux d'entre vous qui se voient remettre la médaille du travail, nous devons avoir un instant de réflexion pour mesurer l'ampleur de cette marche vers un peu plus de justice, mais aussi aujourd'hui pour mesurer sa fragilité. Sans doute y puiserons-nous un peu plus de détermination pour poursuivre, chacun à notre place, selon nos propres conceptions philosophiques ou politiques, le seul combat qui vaille, le combat pour une terre plus juste, plus fraternelle, en un mot plus humaine. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, en vous renouvelant pour conclure mes sincères, cordiales et chaleureuses félicitations, en vous redisant le plaisir et l'honneur que je vais avoir à vous remettre maintenant individuellement votre distinction devant vos familles, vos amis et l'ensemble des récipiendaires, je terminerai par ces 4 mots : VIVE LE PREMIER MAI ! Gérard CAUDRON |
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"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!" |
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