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UNE DÉCENNIE EN DIAGONALE
VILLENEUVE
D'ASCQ A 10 ANS
C'est un anniversaire qui rappelle aux plus anciens
d'entre nous de très nombreux souvenirs.
C'est aussi, pour moi, après 3 ans de mandats, l'occasion de faire le
point et surtout d'analyser la part des responsabilités prises depuis
1970 par tous les décideurs.
Il y a dis ans, les élus de l'époque votaient la fusion de Flers, d'Annappes
et d'Ascq, trois communes alors rurales.
FALLAIT-IL LE
FAIRE ?
Fallait-il pour accueillir la Ville Nouvelle, créer
artificiellement, dès le départ une seule commune ?
La réponse n'est plus ou pas encore d'actualité.
ce qui l'est par contre davantage, c'est l'ensemble des conséquences de
cette décision et surtout les réactions qu'elles provoquèrent chez "les
décideurs" de tous ordres et de toutes étiquettes durant 10 années. Ils
s'appelèrent JC. Ralite, directeur de l'EPALE pendant 3 ans, J Desmarets
et P Defives, Maire et premier adjoint pendant 7 ans. Ils s'appellent M.
COLOT, Directeur de l'EPALE depuis 7 ans, A Notebart, Président de
l'EPALE depuis 10 ans et G Caudron Maire depuis 3 ans.
CE QU'IL
AURAIT FALLU DIRE ET SURTOUT NE PAS FAIRE
Lorsqu'en février 70, Flers, Annappes et Ascq
fusionnent, il aurait fallu dire aux nouveaux Villeneuvois :
- que leur feuille d'impôt allait s'accroître pour
rattraper celles des habitants des villes d'importance comparable,
- et que la Ville Nouvelle allait physiquement dévorer
l'espace rural pour accueillir 40 000,50 000 ou 60 000 habitants
nouveaux en essaimant partout du béton multicolore.
Il était grave de décider d'une fusion sans consulter
les habitants. Plus grave encore fut de leur cacher les conséquences
financières et physique de cette décision.
Mais il aurait fallu, surtout après 1970, ne pas laisser
s'établir au profit des techniciens de l'Aménagement un rapport de force
dont les conséquences sont aujourd'hui très lourdes financièrement :
- investissements inducteurs de dépenses de
fonctionnement élevées (piétonniers, école ouvertes, espaces verts,
parc urbains, plan d'eau, LCR),
- emprunts considérables dont les premiers
remboursements n'interviennent qu'en 1977 pour 1,8 millions pour
approcher les 6 millions en 1981).
Passer d'une ville de 25 000 habitants, par une ville de
45 000 à une ville de 65 000 ou 70 000 habitants impliquait de se doter
de structures et de moyens correspondants en les programmant dans le
temps.
C'était aussi faire face à des besoins croissants en les
programmant dans le temps.
C'était aussi faire face à des besoins croissants et
donc refuser certaine dépenses de prestige, sans mesure avec nos moyens
financiers.
Nos prédécesseurs ont accepté la Ville Nouvelle, mais
n'ont pas voulu ou pu "passer" les projets techniques à travers "le
filtre du bon sens" supposé des Élus Locaux qu'ils étaient.
Cette démission, si elle s'explique, reste néanmoins
lourde de conséquences et les habitants doivent la payer.
1976 - LA
CRISE
.La crise interne - du Conseil municipal conservateur
est un épi phénomène qui masque une crise beaucoup plus grave :
la Ville est asphyxiée avec un budget de fonctionnement de 16 millions,
pour 40 000 habitants. Elle est menacée d'éclatement et ses voisins,
Lillois et Roubaisiens, sont prêts à en digérer les morceaux.
C'est dans cette atmosphère que se déroule la campagne
des élections municipales partielles de Février 76 et celles de Mars 77.
1977 - LE
VIRAGE A GAUCHE
Il faut d'abord préparer un budget pour 1977, puisque
l'ancien Conseil ne l'a pas fait.
Il faut ensuite répondre à une question de taille :
continuer ou arrêter la Ville Nouvelle en concertation avec les
habitants.
les contraintes financières et physiques sont telles que
la réponse ne peut être que oui, car il faut assurer le
fonctionnement de ce qui existe, rembourser les emprunts, rattraper les
retards, réduire l'émiettement, rétablir l'équilibre au profit des
anciens quartiers, développer les services publics, faire connaître la
Ville, l'imposer à tous le niveaux comme un quatrième pôle pour la
métropole.
Mais les Élus, exigent dans leurs négociations, que deux
conditions soient remplies :
1) l'obtention d'aides financières de tous ordres pour
réduire le déséquilibres
2) la mise en oeuvre d'une procédure d'élaboration et de
finition des quartiers qui leur rende ainsi qu'aux habitants un certain
pouvoir avec les chartes d'aménagement concertées... (expérience unique
en France de concertation).
LA CONVENTION
TRIPARTITE DE JANVIER 78 et les budgets de 1978 et 1979 sont les fruits
de ces contraintes et de ces décisions.
- Le personnel administratif et technique est embauché
pour répondre aux besoins induits et surtout rattraper les retards qui
sont lourds dans tous les domaines.
- des services nouveaux à la dimension de la Ville sont
créés (Service Juridique SPC, accueil des habitants, garderies, crèches,
colonies de vacances, classes vertes, haltes garderies, maisons de
quartier, etc...),
- la croissance des budgets est planifiée afin
d'intégrer le mieux possible les remboursement d'emprunts, les prises en
charge d'espaces publics (minéraux ou espaces verts), les ouvertures de
nombreux équipements (salles de sports, 3ème crèche, bibliothèque, salle
des fêtes...).
Des investissements importants neufs ou d'entretien sont
fait sur les anciens quartiers pour réduire les déséquilibres
insupportables.
La population est systématiquement informée et associée
aux décisions par tous les moyens disponibles.
L'imagination, l'innovation, la concertation et
l'écologie au quotidien s'imposent comme des lignes directrices
fondamentales pour la majorité du Conseil.
Des demandes en direction des administrations permettent
d'obtenir des programmes de services publics (Bureau de Poste et
Commissariat) et des mesures pour réparer de graves erreurs passées
(décision et financement d'un mur anti-bruit le long de l'autoroute,
suppression du viaduc du métro au Pont de Bois, à l'Hôtel de Ville et au
Triolo).
En 1980, l'existence de Villeneuve d'Ascq n'est plus
contestée.
La facture fiscale n'est pas négligeable mais
heureusement moins catastrophique que ce que l'on pouvait craindre en
1976 (il suffit de comparer nos feuilles d'impôts aux communes de même
importance).
Une question revient parfois au gré des débats
politiques :
FALLAIT IL
SIGNER LA CONVENTION TRIPARTITE ? QU'A-T-ELLE, EN FAIT, PERMIS ?
Elle a d'abord tracé le cadre de finition des quartiers
principaux de la Ville (Hôtel de Ville et Cousinerie).
Elle a aussi déterminé le phasage des opérations et
évité les dispersions que l'on connaissait depuis le début de la Ville
Nouvelle. C'est dans ce cadre que se sont organisées les chartes
d'aménagement concertées
Elle a permis, par ailleurs, une réduction de
l'urbanisation et du béton au profit d'une zone nature à l'Est de la
Ville.
Enfin, elle s'est traduite par des aides financières non
négligeables (même si toujours insuffisantes par rapport aux besoins) et
par un effort des administrations au niveau des services publics.
En ce début d'année 1980, elle me donne, en tant que
Maire, la possibilité de conserver un certain moyen de pression pour
négocier la phase ultime de finition des années 81 et 82, sur la Ville
Nouvelle et sur les anciens quartiers.
Sans convention, les techniciens auraient conservé
davantage de pouvoir, les impôts auraient augmenté plus fortement et
l'opération "Ville Nouvelle" serait encore loin d'être terminée.
Mais rien n'est jamais évident, rien n'est jamais facile
et le combat reste quotidien, du fait du désengagement de l'État et du
cadre juridique et financier qu'il impose, qui privilégie, en matière
d'urbanisme, le profit et la quantité, au détriment de la qualité, sous
toutes ses formes.
Pendant trois ans il nous a fallu, à la fois, assumer
l'héritage, répondre aux problèmes présents, contrôler l'avenir, gérer
l'existant et créer du nouveau, tout en transformant les rapports
Élus/habitants, en multipliant les formes de concertation.
Était-ce plus facile que d'assumer le démarrage ?
l'Histoire et les Électeurs le diront.
Mais quand ton regarde
objectivement Villeneuve d'Ascq en Mars 1980, quand on l'écoute, quand
on entend ce que partout, aujourd'hui, on en dit, on a le sentiment que
les erreurs ne l'emportent pas sur les réussites et que les difficultés
n'ont pas empêché l'efficacité.
Avril 1980
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