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N° 17 - Octobre 1980

 

HORIZON 83    

 

M.V.

Placer notre entretien sous le signe de l'HORIZON 13, n'est-ce pas déjà lancer la campagne des prochaines municipales ?

 

G.C.

NON, pas du tout, car je vous avoue que cette échéance n'est pas aujourd'hui pour moi une préoccupation.

 

83 est la date de finition prévue en JUIN dernier pour l'opération « Ville Nouvelle ». Je veux donc esquisser à grands traits le visage de notre ville dans deux ans et demi.

 

M.V.

A ce propos, il y a eu tant de déclarations, de communiqués, de réunions, de voeux et de décisions que l'on s'y perd parfois. Quel est en définitive le projet ?

 

G.C.

Il est vrai que les multiples réunions et déclarations de ces derniers mois n'ont pas eu toujours le mérite de la clarté, mais avouez aussi, que c'est Compréhensible compte tenu de la gravité du problème.

 

M.V.

Mais aujourd'hui peut-on l'énoncer de façon simple ?

 

G.C.

En JUIN dernier, la Commune et la Communauté Urbaine se sont mises d'accord sur un plan de finition qui comprend quatre volets :

 

1°) finition dans de bonnes conditions de qualité des quartiers de l'Hôtel de Ville et de la Cousinerie,

2°) assurer la continuité urbaine Nord-Sud à l'Ouest de la Ville, en réalisant des logements et équipements sur Valmy ait Sud de l'Hôtel de Ville, dans le quartier des Prés et au Nord entre le Recueil et l'autoroute avec une nouvelle ZAC.,

3°) la non urbanisation de l'Est et du Sud-est de la Ville sur la Haute Borne, le Triangle d'Ascq, la Croix de Wallers, le Marais et le Héron, avant de négocier avec tous les partenaires intéressés une Zone -nature sur le Héron, dans le prolongement du futur parc de la Marque,

4°) des crédits supplémentaires pour rééquilibrer les anciens quartiers dans les domaines de la voirie, de l'assainissement et des liaisons pour cinq millions de francs sur deux ans.

 

M.V.

Tout est donc maintenant définitivement réglé ?

 

G.C.

le vous dirai d'abord en souriant que, dans la vie, rien n'est jamais définitivement réglé, mais plus sérieusement, nous n'avons pas la réponse de l'État et nous ne savons donc pas s'il acceptera ce plan et s'il ne « coupera » pas tous crédits à Ici Ville.

 

M.V.

Vous êtes inquiet ?

 

G.C.

Non, mais résolu comme d'habitude ci fie pas nie laisser faire.

 

 

M.V.

Oui, mais en attendant...

 

G.C.   

Nous travaillons. i1 nous faut veiller à une bonne exécution des quartiers centraux, mettre en oeuvre les projets municipaux, diversifier les services rendus à la -population dans toits les domaines.

 

M.V.

Par exemple ?

 

G.C.

Il serait trop long d'en faire la liste ; nos bulletins municipaux, dont ce dernier, « La Tribune de Villeneuve d'Ascq », et la presse locale, en font largement état.

 

Je vous en citerai quatre : Les activités ait Héron, autour de la Ferme Verte Delannoy, les premières expériences de centres de loisirs du mercredi, la bibliothèque municipale, et la recherche d'une souplesse plus grande dans les formules de gardes d'enfants.

 

M.V.

Et quels sont les obstacles que vous rencontrez ?

 

G.C.

Toujours et encore l'étranglement financier des Communes par l'Etat.

 

M.V.

N'est-ce pas un argument un peu facile ?

 

G.C.

Non, car la démonstration peut en être faite à tout moment.

 

La crise et le libéralisme, l'inflation et le chômage accroissent les dépenses de la Commune, alors qu'ils réduisent les possibilités de recettes nouvelles quand ils ne les diminuent pas.

 

M.V.

Oui, mais alors, peut-on encore gérer en 80 et faire des prévisions pour 83 ?

 

G.C.

Bien sûr, car dénoncer des contraintes et devoir en tenir compte, ne doivent pas empêcher l'action. Cela nous oblige, par contre, à lutter davantage sur tous les fronts, et à faire des choix toujours plus sévères et difficiles.

 

L'euphorie économique des années 60 permettait tous les rêves, y compris les plus contradictoires.

 

La situation des années 80 nous oblige à tenir davantage compte des réalités.

 

Le changement qui pouvait, il y a 20 ans, être considéré comme un facteur de déséquilibre et donc titi risque, apparaît aujourd'hui de plus en plus comme la seule solution réaliste.

 

Il faut changer de schéma et de modèle économique, et pour cela il apparaît nécessaire de changer la vie, les mentalités et donc la Ville.

 

Sans prétendre résoudre les problèmes nationaux, et encore moins les conflits internationaux sur le plan local, la Commune retrouve un rôle dans l'innovation, l'imagination, les changements de mentalité et l'écologie.

 

Rien n'est bien sûr gagné dans ce domaine, mais l'enjeu est tel que la carte vaut la peine d'être jouée. Alors je la joue.

 

 

(Propos recueillis par Marianne VINCHON)  Octobre 1980

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"