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HORIZON 83
M.V.
Placer notre entretien sous le signe de
l'HORIZON 13, n'est-ce pas déjà lancer la campagne des prochaines
municipales ?
G.C.
NON, pas du
tout, car je vous avoue que cette échéance n'est pas aujourd'hui pour
moi une préoccupation.
83 est la
date de finition prévue en JUIN dernier pour l'opération « Ville
Nouvelle ». Je veux donc esquisser à grands traits le visage de notre
ville dans deux ans et demi.
M.V.
A ce propos, il y a eu tant de
déclarations, de communiqués, de réunions, de voeux et de décisions que
l'on s'y perd parfois. Quel est en définitive le projet ?
G.C.
Il est vrai
que les multiples réunions et déclarations de ces derniers mois n'ont
pas eu toujours le mérite de la clarté, mais avouez aussi, que c'est
Compréhensible compte tenu de la gravité du problème.
M.V.
Mais aujourd'hui peut-on l'énoncer de façon
simple ?
G.C.
En JUIN
dernier, la Commune et la Communauté Urbaine se sont mises d'accord sur
un plan de finition qui comprend quatre volets :
1°)
finition dans de bonnes conditions de qualité des quartiers de l'Hôtel
de Ville et de la Cousinerie,
2°) assurer
la continuité urbaine Nord-Sud à l'Ouest de la Ville, en réalisant des
logements et équipements sur Valmy ait Sud de l'Hôtel de Ville, dans le
quartier des Prés et au Nord entre le Recueil et l'autoroute avec une
nouvelle ZAC.,
3°) la non
urbanisation de l'Est et du Sud-est de la Ville sur la Haute Borne, le
Triangle d'Ascq, la Croix de Wallers, le Marais et le Héron, avant de
négocier avec tous les partenaires intéressés une Zone -nature sur le
Héron, dans le prolongement du futur parc de la Marque,
4°) des
crédits supplémentaires pour rééquilibrer les anciens quartiers dans les
domaines de la voirie, de l'assainissement et des liaisons pour cinq
millions de francs sur deux ans.
M.V.
Tout est donc maintenant définitivement
réglé ?
G.C.
le vous
dirai d'abord en souriant que, dans la vie, rien n'est jamais
définitivement réglé, mais plus sérieusement, nous n'avons pas la
réponse de l'État et nous ne savons donc pas s'il acceptera ce plan et
s'il ne « coupera » pas tous crédits à Ici Ville.
M.V.
Vous êtes inquiet ?
G.C.
Non, mais
résolu comme d'habitude ci fie pas nie laisser faire.
M.V.
Oui, mais en attendant...
G.C.
Nous
travaillons. i1 nous faut veiller à une bonne exécution des quartiers
centraux, mettre en oeuvre les projets municipaux, diversifier les
services rendus à la -population dans toits les domaines.
M.V.
Par exemple ?
G.C.
Il serait
trop long d'en faire la liste ; nos bulletins municipaux, dont ce
dernier, « La Tribune de Villeneuve d'Ascq », et la presse locale, en
font largement état.
Je vous en
citerai quatre : Les activités ait Héron, autour de la Ferme Verte
Delannoy, les premières expériences de centres de loisirs du mercredi,
la bibliothèque municipale, et la recherche d'une souplesse plus grande
dans les formules de gardes d'enfants.
M.V.
Et quels sont les obstacles que vous
rencontrez ?
G.C.
Toujours et
encore l'étranglement financier des Communes par l'Etat.
M.V.
N'est-ce pas un argument un peu facile ?
G.C.
Non, car la
démonstration peut en être faite à tout moment.
La crise et
le libéralisme, l'inflation et le chômage accroissent les dépenses de la
Commune, alors qu'ils réduisent les possibilités de recettes nouvelles
quand ils ne les diminuent pas.
M.V.
Oui, mais alors, peut-on encore gérer en 80
et faire des prévisions pour 83 ?
G.C.
Bien sûr,
car dénoncer des contraintes et devoir en tenir compte, ne doivent pas
empêcher l'action. Cela nous oblige, par contre, à lutter davantage sur
tous les fronts, et à faire des choix toujours plus sévères et
difficiles.
L'euphorie
économique des années 60 permettait tous les rêves, y compris les plus
contradictoires.
La
situation des années 80 nous oblige à tenir davantage compte des
réalités.
Le
changement qui pouvait, il y a 20 ans, être considéré comme un facteur
de déséquilibre et donc titi risque, apparaît aujourd'hui de plus en
plus comme la seule solution réaliste.
Il faut
changer de schéma et de modèle économique, et pour cela il apparaît
nécessaire de changer la vie, les mentalités et donc la Ville.
Sans
prétendre résoudre les problèmes nationaux, et encore moins les conflits
internationaux sur le plan local, la Commune retrouve un rôle dans
l'innovation, l'imagination, les changements de mentalité et l'écologie.
Rien n'est
bien sûr gagné dans ce domaine, mais l'enjeu est tel que la carte vaut
la peine d'être jouée. Alors je la joue.
(Propos
recueillis par Marianne VINCHON) Octobre 1980
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