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UNE CERTAINE IDÉE
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La vie communale à
Villeneuve-d'Ascq est rythmée de moments forts :
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recueillement comme la
Commémoration du Massacre d'Ascq,
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fêtes comme le 14
juillet,
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réflexion et détente
comme la rencontre des associations en novembre,
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chaleur humaine tout
simplement parfois et la cérémonie des voeux du nouvel an s'inscrit
dans cette dernière catégorie "
PAR ces
mots, Gérard CAUDRON introduisait son discours de voeux aux Villeneuvois
cette année. Il y avait foule en effet le 16 janvier à l'Hôtel de Ville
dans la salle du Conseil et la dalle des mariages réunies pour
l'occasion. De très nombreux représentants des associations et corps
constitués s'étaient rendus à l'invitation du conseil. On reconnaissait
aussi beaucoup des candidats aux élections municipales aujourd'hui.
Refusant, vu les circonstances, de faire un discours de promesses et de
perspectives, ("il y a actuellement d'autres tribunes pour cela") le
maire présentait en bilan les idées fondamentales qui guident son action
et sa réflexion depuis 1977.
Nous en
reprenons l'essentiel pour introduire ce journal.
« Je vais
aujourd'hui en termes que je veux simples vous parler d'une CERTAINE
idée,
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certaine idée que je me
suis faite depuis 6 ans de la vie publique,
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certaine idée que je nie
suis faite de la démocratie,
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certaine idée que je me
suis faite de la ville.
UNE
CERTAINE IDÉE DE LA VIE PUBLIQUE
Peut-être
en avez-vous été surpris. Je l'ai dit, et j'ai toujours voulu le montrer
: un homme public est un homme comme les autres, avec des forces et des
faiblesses, (les croyances et des doutes, des espoirs et des déceptions.
Il ne possède jamais la solution à tous les problèmes. Il n'est pas le
recours, il n'est pas infaillible. Mais comme beaucoup d'autres, il doit
croire en quelque chose, croire en ce qu'il fait, et il se doit de faire
passer cette foi chez les autres.
Cela a
certainement toujours été à la fois ma force et ma faiblesse : J'ai
toujours eu et voulu garder la Liberté quoiqu'il m'en ait coûté de dire
ce que je pense car mon idée de la vie publique implique que chacun à
son niveau fasse l'effort de clarté et d'honnêteté, quelles qu'en soient
les conséquences.
Cette idée
de la vie publique que certains ont pu parfois qualifier de faiblesse,
j'en suis fier, convaincu que la démocratie suppose à tous les niveaux
des hommes et femmes politiques véritablement à l'image de ceux qu'ils
et elle,, sont supposé représenter.
Est-ce
facile ! Non bien sur ! Qui ne suit pas les règles du jeu dérange ses
amis comme ses adversaires.
Mais s'il
est un domaine où je ne changerai pas quoiqu'il arrive, c'est bien
celui-là ...
Vous pouvez
aujourd'hui en être convaincus.
UNE
CERTAINE IDÉE DE LA DÉMOCRATIE
La
démocratie suppose l'information honnête, le débat rigoureux, la
tolérance vis-à-vis des autres, le besoin de comprendre, l'acceptation
des différences.
Elle
suppose enfin que chacun accepte après débat et information, d'être
parfois convaincu et donc parfois de changer d'avis.
Toute notre
action, toute notre réflexion dans le domaine de la démocratie, s'est
inspirée de ces principes, et ce n'est pas toujours facile dans un monde
épris de certitude.
La
concertation un mythe ou une réalité me demandais-je un jour dans le
bulletin municipal.
MYTHE en
effet si l'on pense qu'il n'y a à tout problème que deux solutions une
bonne et une mauvaise.
RÉALITÉ, si
l'on est convaincu que la décision est toujours le choix entre des
solutions chacune porteuse d'avantages et d'inconvénients, et que donc
la concertation et le débat permettent de faire réfléchir ceux qui y
participent, de les faire évoluer et de modifier ainsi plus ou moins
profondément le jugement de celui qui à la fin, va décider.
C'est aussi
cette idée qui, à d'autres niveaux, nous a fait militer, pour UN AUTRE
SYSTÈME ÉLECTORAL MUNICIPAL, permettant aux représentants de toutes les
sensibilités de la population, de débattre autour de la table du
conseil.
Cela ne
sera pas facile, surtout au début, surtout si chacun ne fait pas les
efforts suffisants, mais la démocratie n'est jamais la solution de
facilité.
Elle aussi
est un choix, et surtout un combat...
EN MÊME
TEMPS ET A CAUSE DE CELA, UNE CERTAINE IDÉE DE LA VILLE
La ville
était différente, avec ses problèmes, ses drames, ses risques,
mais aussi ses espoirs et ses aspirations.
Différente,
elle est restée, grâce ait concours de chacun, dans sa rue, son quartier
ou son association.
Quelle
tâche enthousiasmante que de bâtir une communauté ! Et surtout de le
faire avec tant d'artisans, ces artisans de la vie collective que vous
êtes ici tous.
Cette
certaine idée de la ville, nous a amenés à décider, à bousculer souvent
des structures, à trancher même parfois.
Elle nous a
mobilisés, fait lutter sur tous les fronts, fait connaître notre ville,
mais aussi parfois agacer ceux qui ailleurs, dans d'autres cités,
pouvaient prendre cette volonté farouche d'être comme de l'arrogance oit
de la prétention.
Cette
volonté d'être, cette conscience profonde que l'intérêt des Villeneuvois
passe par l'existence d'une ville à part entière, nous en avons fait un
axe directeur et câble principal de notre action.
Et ce sont
cette idée de la Ville, cette idée de démocratie, cette idée de vie
publique qui nous ont amenés, qui m'ont amené à- être pendant 6 ans,
partout et avec tous, discutant, expliquant, apprenant.
OUI, ce
sont ces idées qui expliquent ce marathon permanent non pas un marathon
de poignées de mains, mais un marathon de chaleur humaine et de
communication.
J'ai écrit
une phrase en conclusion de la préface de la plaquette de fin de mandat
que je veux redire ici, elle est explicative et car significative.
Etre Maire,
c'est vivre au rythme de sa ville, c'est être gai avec elle, triste avec
elle, enthousiaste souvent, désespéré parfois.
C'est aussi
par cette phrase que je veux conclure mon propos d'homme public à
l'occasion de cette cérémonie ».
(Texte
prononcé à l'occasion de la cérémonie des voeux aux associations le 16
janvier 1983).
Février
1983
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