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Paroles de Maire

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N° 29 - Février 1983

 

 

UNE CERTAINE IDÉE

  

  • La vie communale à Villeneuve-d'Ascq est rythmée de moments forts :

  • recueillement comme la Commémoration du Massacre d'Ascq,

  • fêtes comme le 14 juillet,

  • réflexion et détente comme la rencontre des associations en novembre,

  • chaleur humaine tout simplement parfois et la cérémonie des voeux du nouvel an s'inscrit dans cette dernière catégorie "

 

PAR ces mots, Gérard CAUDRON introduisait son discours de voeux aux Villeneuvois cette année. Il y avait foule en effet le 16 janvier à l'Hôtel de Ville dans la salle du Conseil et la dalle des mariages réunies pour l'occasion. De très nombreux représentants des associations et corps constitués s'étaient rendus à l'invitation du conseil. On reconnaissait aussi beaucoup des candidats aux élections municipales aujourd'hui.

 

Refusant, vu les circonstances, de faire un discours de promesses et de perspectives, ("il y a actuellement d'autres tribunes pour cela") le maire présentait en bilan les idées fondamentales qui guident son action et sa réflexion depuis 1977.

 

Nous en reprenons l'essentiel pour introduire ce journal.

 

« Je vais aujourd'hui en termes que je veux simples vous parler d'une CERTAINE idée,

 

  • certaine idée que je me suis faite depuis 6 ans de la vie publique,

  • certaine idée que je nie suis faite de la démocratie,

  • certaine idée que je me suis faite de la ville.

 

UNE CERTAINE IDÉE DE LA VIE PUBLIQUE

 

Peut-être en avez-vous été surpris. Je l'ai dit, et j'ai toujours voulu le montrer : un homme public est un homme comme les autres, avec des forces et des faiblesses, (les croyances et des doutes, des espoirs et des déceptions. Il ne possède jamais la solution à tous les problèmes. Il n'est pas le recours, il n'est pas infaillible. Mais comme beaucoup d'autres, il doit croire en quelque chose, croire en ce qu'il fait, et il se doit de faire passer cette foi chez les autres.

 

Cela a certainement toujours été à la fois ma force et ma faiblesse : J'ai toujours eu et voulu garder la Liberté quoiqu'il m'en ait coûté de dire ce que je pense car mon idée de la vie publique implique que chacun à son niveau fasse l'effort de clarté et d'honnêteté, quelles qu'en soient les conséquences.

 

Cette idée de la vie publique que certains ont pu parfois qualifier de faiblesse, j'en suis fier, convaincu que la démocratie suppose à tous les niveaux des hommes et femmes politiques véritablement à l'image de ceux qu'ils et elle,, sont supposé représenter.

 

Est-ce facile ! Non bien sur ! Qui ne suit pas les règles du jeu dérange ses amis comme ses adversaires.

 

Mais s'il est un domaine où je ne changerai pas quoiqu'il arrive, c'est bien celui-là ...

 

Vous pouvez aujourd'hui en être convaincus.

 

UNE CERTAINE IDÉE DE LA DÉMOCRATIE

 

La démocratie suppose l'information honnête, le débat rigoureux, la tolérance vis-à-vis des autres, le besoin de comprendre, l'acceptation des différences.

Elle suppose enfin que chacun accepte après débat et information, d'être parfois convaincu et donc parfois de changer d'avis.

 

Toute notre action, toute notre réflexion dans le domaine de la démocratie, s'est inspirée de ces principes, et ce n'est pas toujours facile dans un monde épris de certitude.

 

La concertation un mythe ou une réalité me demandais-je un jour dans le bulletin municipal.

 

MYTHE en effet si l'on pense qu'il n'y a à tout problème que deux solutions une bonne et une mauvaise.

 

RÉALITÉ, si l'on est convaincu que la décision est toujours le choix entre des solutions chacune porteuse d'avantages et d'inconvénients, et que donc la concertation et le débat permettent de faire réfléchir ceux qui y participent, de les faire évoluer et de modifier ainsi plus ou moins profondément le jugement de celui qui à la fin, va décider.

 

C'est aussi cette idée qui, à d'autres niveaux, nous a fait militer, pour UN AUTRE SYSTÈME ÉLECTORAL MUNICIPAL, permettant aux représentants de toutes les sensibilités de la population, de débattre autour de la table du conseil.

 

Cela ne sera pas facile, surtout au début, surtout si chacun ne fait pas les efforts suffisants, mais la démocratie n'est jamais la solution de facilité.

 

Elle aussi est un choix, et surtout un combat...

 

EN MÊME TEMPS ET A CAUSE DE CELA, UNE CERTAINE IDÉE DE LA VILLE

 

La ville était différente, avec ses problèmes, ses drames, ses risques, mais       aussi ses espoirs et ses aspirations.

 

Différente, elle est restée, grâce ait concours de chacun, dans sa rue, son quartier ou son association.

 

Quelle tâche enthousiasmante que de bâtir une communauté ! Et surtout de le faire avec tant d'artisans, ces artisans de la vie collective que vous êtes ici tous.

 

Cette certaine idée de la ville, nous a amenés à décider, à bousculer souvent des structures, à trancher même parfois.

 

Elle nous a mobilisés, fait lutter sur tous les fronts, fait connaître notre ville, mais aussi parfois agacer ceux qui ailleurs, dans d'autres cités, pouvaient prendre cette volonté farouche d'être comme de l'arrogance oit de la prétention.

 

Cette volonté d'être, cette conscience profonde que l'intérêt des Villeneuvois passe par l'existence d'une ville à part entière, nous en avons fait un axe directeur et câble principal de notre action.

 

Et ce sont cette idée de la Ville, cette idée de démocratie, cette idée de vie publique qui nous ont amenés, qui m'ont amené à- être pendant 6 ans, partout et avec tous, discutant, expliquant, apprenant.

 

OUI, ce sont ces idées qui expliquent ce marathon permanent non pas un marathon de poignées de mains, mais un marathon de chaleur humaine et de communication.

 

J'ai écrit une phrase en conclusion de la préface de la plaquette de fin de mandat que je veux redire ici, elle est explicative et car significative.

 

Etre Maire, c'est vivre au rythme de sa ville, c'est être gai avec elle, triste avec elle, enthousiaste souvent, désespéré parfois.

 

C'est aussi par cette phrase que je veux conclure mon propos d'homme public à l'occasion de cette cérémonie ».

 

(Texte prononcé à l'occasion de la cérémonie des voeux aux associations le 16 janvier 1983).

 

Février 1983

 

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"