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Paroles de Maire

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N° 18 - Octobre 1986

 

ON NE "BADINE" PAS AVEC L'AVENIR

 

Jeanne-Marie Vollemaere: Monsieur le Maire, en sep­tembre, vous avez participé à plusieurs débats régionaux et nationaux. Certains Ville­neuvois se sont demandé pourquoi?

 

Gérard Caudron: Ce n'est pourtant pas la première fois. J'ai en effet par voie de presse régionale et nationale parti­cipé au débat actuel sur le chômage, et sur ce que j'ai appelé le faux débat des "petits boulots".

Aujourd'hui, le gouverne­ment de Droite après nous a voir promis une baisse du chômage après 6 mois d'exercice de "libéralisme", nous laisse présager 3,5 mil­lions de chômeurs. Il est impossible de rester insensi­ble à la détresse des jeunes (et moins jeunes) sans emploi, ni ressource, à leur misère financière et morale.

Pour cette raison, j'ai dit qu'i était absurde et dérisoire d'opposer les emplois entre eux. Il faut en créer et le_ additionner en respectant toujours deux conditions:

. Qu'ils répondent à un besoin réel,

. Qu'ils fassent l'objet d'une même réglementation dans le cadre du Droit dl Travail.

 

Il faut agir dans deux directions: créer des emplois industriels et commerciaux de demain, en modernisant nos entreprises et en faisant de la recherche et susciter des emplois qui répondent à des besoins "sociaux" bien souvent ignorés ou abandon­nés, ou qui permettent de rompre l'isolement en recréant de nouvelles soli­darités.

 

J.M. V.: Un débat difficile et très animé dans les milieux politiques?

G.C. : Complexe oui, mais vital pour notre' société. Je tiens d'ailleurs le texte inté­gral de mes propos à la dis­position de qui me le demandera.

 

J.M. V.: Vous avez aussi par­ticipé à un colloque euro­péen sur la délinquance en ville?

 

G.C.: Un colloque européen avec participation améri­caine et japonaise.

Trois constats s'imposent: la délinquance existe et progresse dans tous les pays développés quel que soit la couleur politique de leur gouvernement,

. la répression seule est tou­jours un échec,

. il faut développer la pré­vention et la réinsertion en y associant le maximum de partenaires.

 

J.M. V. : Il ne semble pas que cela soit l'opinion dominante en France...    .

G.C.: Peut-être pas. Mais c'est la réalité. Ceux qui, avant mars, ont fait de la délinquance un argument de politique électorale, ont rendu un bien mauvais ser­vice à la France.

Car les faits sont têtus: on l'a malheureusement vu : ni la délinquance, ni le terrorisme ne plient sous les discours, aussi virulents soient-ils.

 

J.M. V.: Vous avez aussi con­tinué à faire la promotion de la ville.

G.C.: Nous continuons de promouvoir son image à l'extérieur, seul moyen, même s'il est coûteux, de pré­parer l'Avenir et d'attirer chez nous les entreprises qui créeront, demain, emplois et richesses.

 

J.M. V. : Êtes-vous sûr d'être, sur ce point, bien compris des Villeneuvois ?

G.C. : Je sais que c'est parfois difficile mais là aussi c'est VITAL.

On ne "badine" pas avec l'Avenir.

 

J.M. V. : On a pu aussi lire vos déclarations sur la situation de la C.U.D.L.

 

G.C.: Nous prenons du retard. La Région souffre aujourd'hui de l'ostracisme du Gouvernement. La C.U.D.L., en se bloquant, condamne la Métropole.

 

J.M. V.: Existe-t-il des solutions?

 

G.C. : Il n'y a pas de solution "miracle", seul un élan de solidarité régionale dépas­sant les clivages politiques habituels pour obtenir ce qui est tout simplement notre DROIT, en matière d'aide à l'industrialisation, de respect de la signature de l'État, d'habitat et de transports urbains, et pour le T.G.V.

 

J.M. V. : Et à la C.U.D.L. ?

G.C. : Il faut un effort de tous pour "dépolitiser" l'instru­ment, pour faire passer ce qui unit, avant ce qui divise, pour refuser les faux procès et les accusations, afin de mettre en valeur tous nos atouts et les faire connaître du reste de la France et de l'Europe.

 

J.M. V. : Et Villeneuve d'Ascq dans tout cela?

 

G.C. : D'abord, notre ville fait partie intégrante directe­ment ou indirectement de tous ces dossiers.

Et puis Villeneuve-d'Ascq en septembre a continué à vivre avec:

 

  • une rentrée plutôt réussie,

  • une "machine municipale" en état de marche avec des services qui tournent bien et un bon groupe d'élus très présents,

  • des crèches qui ouvrent,

  • des salles, terrains, centre de loisirs qui s'achèvent et que l'on ouvre au public,

  • des fêtes et des braderies partout; fruits des efforts conjoints d'habitants, de commerçants, d'associa­tions et de la Mairie,

  • un grand banquet de per­sonnes âgées,

  • deux courses cyclistes et une course automobile,

  • une foire commerciale, etc.

Et puis, aussi, toujours plus d'information et de contact, grâce au Serveur ICI V.A. le nouveau service de méssagerie grand public et fonctionnel depuis un mois. Il permet à chacun de m'écrire personnellement par minitel et d'avoir une réponse personnelle.

 

J.M. V. : Et cela va continuer en octobre et novembre...

 

G.C. / Beaucoup d'activités sont inscrites à l'agenda de la tribune.

Il y en aura encore pour tous les goûts.

Je voudrais une nouvelle fois insister auprès de tous les Villeneuvois sur le travail effectué, à toutes ces occasions par le personnel communal.

Qu'ils soient rassurés sur la bonne utilisation qui est faite de leurs impôts pour le bien de TOUS.

 

 

J.M. V. : Pour vous donc, il n'y a pas d'opposition entre vs démarches et prises de positions nationales de votre travail au quotidien dans la ville. 

 

G.C. : Pourquoi y en auraient-il ?

Quel que soit le niveau, j'essaie toujours de travailler en respectant ces trois directions fondamentales : Responsabilité, Détermination et Action.

Cela suppose de l'information, de la réflexion, mais aussi de la volonté et des décisions.

Cela implique de développer la convivialité, les solidarités et de refuser les divisions qui toujours, à terme, nous affaiblissent.

Ensemble, il faut refuser la politique des "boucs émissaires" et les discours qui opposent les jeunes aux moins jeunes, les fonctionnaires aux salariés du privé, les travailleurs aux chômeurs, les français de "souche" aux étrangers.

Il faut bannir la politique des "Y a qu'a".

Les vrais problèmes ont rarement des solutions simples et pour résoudre les premiers, il faut du temps, de la patience et surtout des efforts.

Voilà tout ce que m'inspire une rentrée difficile pour de très nombreux français.

Je tire de ma dernière rencontre avec le Président de la République une leçon qui me conforte dans mes convictions :

Par les temps difficiles qui sont les nôtres, chacun a son niveau doit faire son devoir.

A mon niveau, j'essaie de faire le mien.

 

Propos recueillis le 30 septembre 1986

 

Gérard CAUDRON


 

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"