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ON NE "BADINE"
PAS AVEC L'AVENIR
Jeanne-Marie Vollemaere: Monsieur le
Maire, en septembre, vous avez participé à plusieurs débats régionaux
et nationaux. Certains Villeneuvois se sont demandé pourquoi?
Gérard Caudron: Ce n'est pourtant pas la première fois. J'ai en effet
par voie de presse régionale et nationale participé au débat actuel sur
le chômage, et sur ce que j'ai appelé le faux débat des "petits
boulots".
Aujourd'hui, le gouvernement de Droite après nous a voir promis une
baisse du chômage après 6 mois d'exercice de "libéralisme", nous laisse
présager 3,5 millions de chômeurs. Il est impossible de rester
insensible à la détresse des jeunes (et moins jeunes) sans emploi, ni
ressource, à leur misère financière et morale.
Pour cette raison, j'ai dit qu'i était absurde et dérisoire d'opposer
les emplois entre eux. Il faut en créer et le_ additionner en respectant
toujours deux conditions:
. Qu'ils répondent à un besoin
réel,
. Qu'ils fassent l'objet d'une même
réglementation dans le cadre du Droit dl Travail.
Il faut agir dans deux directions: créer des emplois industriels et
commerciaux de demain, en modernisant nos entreprises et en faisant de
la recherche et susciter des emplois qui répondent à des besoins
"sociaux" bien souvent ignorés ou abandonnés, ou qui permettent de
rompre l'isolement en recréant de nouvelles solidarités.
J.M. V.: Un débat difficile et
très animé dans les milieux
politiques?
G.C. : Complexe oui, mais vital pour notre' société. Je tiens d'ailleurs
le texte intégral de mes propos à la disposition de qui me le
demandera.
J.M. V.: Vous avez
aussi participé
à un colloque européen
sur la délinquance en ville?
G.C.: Un colloque européen avec participation américaine et japonaise.
Trois constats s'imposent: la délinquance existe et progresse dans tous
les pays développés quel que soit la couleur politique de leur
gouvernement,
. la répression seule est toujours un échec,
. il faut développer la prévention et la réinsertion en y associant le
maximum de partenaires.
J.M. V. : Il ne semble pas que
cela soit l'opinion dominante en France... .
G.C.: Peut-être pas. Mais c'est la réalité. Ceux qui, avant mars, ont
fait de la délinquance un argument de politique électorale, ont rendu un
bien mauvais service à la France.
Car les faits sont têtus: on l'a malheureusement vu : ni la délinquance,
ni le terrorisme ne plient sous les discours, aussi virulents
soient-ils.
J.M. V.: Vous avez aussi continué
à faire la promotion de
la ville.
G.C.: Nous continuons de promouvoir son image à l'extérieur, seul moyen,
même s'il est coûteux, de préparer l'Avenir et d'attirer chez nous les
entreprises qui créeront, demain, emplois et richesses.
J.M. V.
: Êtes-vous sûr d'être, sur ce
point, bien compris des Villeneuvois ?
G.C. : Je sais que c'est parfois difficile mais là aussi c'est VITAL.
On ne "badine" pas avec l'Avenir.
J.M. V.
: On a pu aussi lire vos
déclarations sur la situation de la C.U.D.L.
G.C.: Nous prenons du retard. La Région souffre aujourd'hui de
l'ostracisme du Gouvernement. La C.U.D.L., en se bloquant, condamne la
Métropole.
J.M. V.: Existe-t-il des solutions?
G.C. : Il n'y a pas de solution "miracle", seul un élan de solidarité
régionale dépassant les clivages politiques habituels pour obtenir ce
qui est tout simplement notre DROIT, en matière d'aide à
l'industrialisation, de respect de la signature de l'État, d'habitat et
de transports urbains, et pour le T.G.V.
J.M. V.
: Et à la C.U.D.L. ?
G.C. : Il faut un effort de tous pour "dépolitiser" l'instrument, pour
faire passer ce qui unit, avant ce qui divise, pour refuser les faux
procès et les accusations, afin de mettre en valeur tous nos atouts et
les faire connaître du reste de la France et de l'Europe.
J.M. V. : Et Villeneuve d'Ascq
dans tout cela?
G.C. : D'abord, notre ville fait partie intégrante directement ou
indirectement de tous ces dossiers.
Et puis Villeneuve-d'Ascq en septembre a continué à vivre avec:
-
une rentrée plutôt réussie,
-
une "machine municipale" en état de marche avec des services qui
tournent bien et un bon groupe d'élus très présents,
-
des crèches qui ouvrent,
-
des salles, terrains, centre de loisirs qui s'achèvent et que l'on
ouvre au public,
-
des fêtes et des braderies partout; fruits des efforts conjoints
d'habitants, de commerçants, d'associations et de la Mairie,
-
un grand banquet de personnes âgées,
-
deux courses cyclistes et une course automobile,
-
une foire commerciale, etc.
Et puis, aussi, toujours plus d'information et de contact, grâce au
Serveur ICI V.A. le nouveau service de méssagerie grand public et
fonctionnel depuis un mois. Il permet à chacun de m'écrire
personnellement par minitel et d'avoir une réponse personnelle.
J.M. V. : Et cela va continuer
en octobre et novembre...
G.C. / Beaucoup d'activités sont inscrites à l'agenda de la tribune.
Il y en aura encore pour tous les goûts.
Je voudrais une nouvelle fois insister auprès de tous les Villeneuvois
sur le travail effectué, à toutes ces occasions par le personnel
communal.
Qu'ils soient rassurés sur la bonne utilisation qui est faite de leurs
impôts pour le bien de TOUS.
J.M. V. : Pour vous donc, il n'y a
pas d'opposition entre vs démarches et prises de positions nationales de
votre travail au quotidien dans la ville.
G.C. : Pourquoi y en auraient-il ?
Quel que soit le niveau, j'essaie toujours de travailler en respectant
ces trois directions fondamentales : Responsabilité, Détermination et
Action.
Cela suppose de l'information, de la réflexion, mais aussi de la volonté
et des décisions.
Cela implique de développer la convivialité, les solidarités et de
refuser les divisions qui toujours, à terme, nous affaiblissent.
Ensemble, il faut refuser la politique des "boucs émissaires" et les
discours qui opposent les jeunes aux moins jeunes, les fonctionnaires
aux salariés du privé, les travailleurs aux chômeurs, les français de
"souche" aux étrangers.
Il faut bannir la politique des "Y a qu'a".
Les vrais problèmes ont rarement des solutions simples et pour résoudre
les premiers, il faut du temps, de la patience et surtout des efforts.
Voilà tout ce que m'inspire une rentrée difficile pour de très nombreux
français.
Je tire de ma dernière rencontre avec le Président de la République une
leçon qui me conforte dans mes convictions :
Par les temps difficiles qui sont les nôtres, chacun a son niveau doit
faire son devoir.
A mon niveau, j'essaie de faire le mien.
Propos recueillis le 30 septembre 1986
Gérard CAUDRON
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