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AVEC UN PETIT GRAIN DE FOLIE EN PLUS
Elle est arrivée la foire aux associations 87! Avec en soirée les
incontournables banquet et discours du maire. Un bon cru, de l'avis des
connaisseurs. Alors on remet cela l'an prochain? Bien sûr! Pourquoi se
priverait-on d'un tel temps fort de la vie Villeneuvoise ? Rien
n'empêche cependant de lui donner plus de bouquet encore.
F aire la foire dans un collège: ça déjà ce n'est pas banal. La
coopération exemplaire entre le collège Camille-Claudel qui accueille
et les services municipaux qui orchestrent l'opération mérite un coup
de chapeau. La foire aux associations de Villeneuve-d'Ascq par son
ampleur (200 stands, plus de 180 associations), par la foule qu'elle
attire reste à ce jour un événement inégalé.
Préparée avec sérieux par tous ses acteurs (à un point tel qu'on n'a
même plus droit à un peu de pagaille), bouillonnante de toutes ses
associations, la foire 87 a bel et bien pris la dimension de la ville.
Elle en illustre aussi sa diversité. D'une salle à l'autre, le visiteur
va de la solidarité avec le Tiers monde à l'apprentissage du polonais,
après avoir rencontré les jeunes motards, les bibliothèques, les LCR ou
encore les anciens combattants avec leur petit drapeau planté sur la
table, les associations nature et les universités.
Il peut découvrir, partager, combat, passion, plaisir, savoir...
La représentation plus que jamais diversifiée de la vie associative, la
parfaite organisation n'ont pas échappé à Gérard Caudron : "la foire
aux associations a trouvé son équilibre" confie t-il après y avoir
passé deux bonnes heures et s'être arrêté à tous les stands. On peut
regretter, et lui aussi qu'il ait manqué peut être à cette manifestation
un "petit grain de folie".
Tout en confortant l'acquis, il n'est pas interdit de souhaiter pour la
foire prochaine plus de fantaisie. Un thème particulièrement stimulant
pourrait inspirer en ce sens les participants. Jeux, concours,
animations seraienl multipliés. Musiciens danseur:;, comédiens, amuseurs
de tous poils laissés en liberté...
Mais si l'événement s'amplifie encore, il faudra bien lui trouver
d'autres lieux plus vastes. "Il n'y a pas urgence" commente le maire.
Tout en reconnaissant qu'un déménagement sera à envisager dans les
prochaines années.
Touche pas à mon banquet
Un millier de convives le soir à l'espace Concorde représentant là aussi
un large éventail de la vie associative et des forces de 1.1 ville. Un
banquet, qui prolonge la foire, avec une logique plus évidente cette
année, et lui ressemble par la diversité des convives attablés.
On aurait pu croire que la formule d'un repas avec discours puis
musique, offert aux responsables d'associations allait s'user. Il n'en
est toujours rien. Gérard Caudron est le premier à s'en féliciter:
"Tous ces responsables qui se bougent beaucoup pour les autres douze
mois sur douze et contribuent si fort à la vie de la ville ont bien
droit à la reconnaissance et à être assis pour une fois !". Alors que la
f.ête continue!
GAGNER
"Notre ville peut et doit rester différente".
"Nous devons ensemble gagner. Devenir une ville de haute technologie
au rendez vous de l'an 2000, tout en préservant notre cadre de vie
verdoyant, humain et convivial".
La meilleure tribune pour le maire de Villeneuve-d'Ascq est bien le
banquet au soir de la foire aux associations. Son discours, les convives
n'y échappent pas. Il semble même que si le maire n'entrait pas en scène
et ne prenait pas le micro, il y aurait un manque. Gérard Caudron le
sait bien lui qui "tente d'être à la hauteur de l'attente" et réserve à
ce public de qualité des propos denses. .
Mais il n'est plus nécessaire désormais comme il le dit lui même de
lancer un appel à la mobilisation permanente.
La ville n'a plus à lutter pour exister. Elle existe. Elle fêtera ses 18
ans, l'âge de la majorité, en février prochain! Et "elle est devenue
l'une des quatre grandes villes de la Métropole."
C'est une ville qui a achevé sa ville nouvelle raisonnablement et dans
la sérénité et qui se sent bien dans sa peau: l'ambiance de la foire et
du banquet des associations l'illustre bien.
LA DIFFÉRENCE: UN MOTEUR D'ACTION
Le maire choisit dès lors de faire partager à son public sa réflexion
sur l'état de la ville et surtout sur son avenir.
Le maire fait le pari que la différence qui a, jusqu'ici, caractérisé
la ville, qu'a cultivée pour elle, l'équipe municipale peut être encore
dans les années à venir un moteur d'action, pour une ville qui veut
aller de l'avant, et "contribuer par son dynamisme, ses atouts
au renouveau de l'ensemble Lille Metropole".
Cette différence, il propose qu'elle s'exprime aujourd'hui et demain
selon cinq axes.
AU RENDEZ-VOUS DE L'AN 2000 AVEC
LILLE-METROPOLE
Premièrement. - L'envie de gagner et d'être au rendez-vous de l'an
2000.
La technopole: "nous sommes en train de la réussir" et le
pari des transferts de technologies nouvelles.
Les universités, les laboratoires, les entreprises de la ville
"apprennent à être avec nous des partenaires pour gagner".
Les relations internationales (avec l'Europe, le Québec...) "Nous
les développons et continuerons".
Cette envie de gagner, cette ambition pour la ville, Gérard Caudron
n'est pas le seul à l'avoir. Il sait qu'elle doit dépasser les
frontières communales, "que Lille Métropole" devienne "une réalité
en terme d'image, d'ambition de collaboration franche et
active".
SOLIDARITÉ, COMBATTRE LES MISÈRES
Deuxièmement. - L'envie de solidarité.
Pour le maire (comme pour son parti) un minimum social doit être créé à
l'initiative de l'état et financé par lui grâce à une imposition des
plus riches. Un:- minimum "qui implique aide financière aux
plus démunis, mais aussi formation, place et utilisation
sociale" Mais "il doit être géré au quotidien localement
avec la mairie, le CCAS et tous ceux qui se sentent concernes".
Et parce qu'il pense que nous ne pouvons ici rester l'arme au
pied, que la solidarité, si elle est d'abord une affaire nationale est
aussi une affaire de cœur qui associe de multiples
partenaires", le maire lance un appel à la solidarité pour l'hiver:
"Nous pouvons et devons renforcer notre action pour les plus
démunis". .
VERTE, CONVIVIALE, TOLERANTE
Troisièmement. - L'envie d'une, belle grande ville, humaine, ouverte,
verte et conviviale.
Si à Villeneuve-d'Ascq il est vrai, le souci de l'environnement, la
pratique de l'écologie au quotidien ne datent pas d'hier, le maire pense
"qu'on peut aller plus loin encore":
Améliorer le fleurissement tous ensemble; développer de nouveaux jardins
familiaux, conforter l'agriculture périurbaine... Faire plus encore
pour que le jeune, la personne seule aient toute leur place comme
l'enfant. Que "les différences de race, de culture...
soient acceptées comme un enrichissement potentiel et mutuel".
Quatrièmement. - L'envie associative.
"Malgré des politiques d'Etat qui visent à l'affaiblir, à la réduire,
à l'encadrer… sachez que nous continuerons à aider la vie associative de
toutes nos forces". Le maire invite les associations à" "additionner
leurs forces" dans 1es quartier, dans la ville."
RÉUSSIR MAIS PRÉSERVER UN ART DE VIVRE
Cinquièmement. – l'envie enfin du contact de l'équilibre et de la
simplicité.
. "C'est, je crois une des caractéristiques de
la ville, à laquelle je me suis personnellement
attaché,y compris dans ma pratique d'élu... Les
habitants de Villeneuve d'Ascq aiment souvent leur ville
pour cela".
"C'est de notre responsabilité collective que de veiller
.à ce que nos réussites ne nous donnent pas la grosse tête. Pour cela
il faut savoir se remettre en cause et garder les pieds
sur terre".
Le rêve de Gérard CAUDRON pour l'an 2000? :
Que Villeneuve d'Ascq soit "une ville de haute technologie
dans une métropole revivifiée".
Mais pour lui, la. Ville n'aura vraiment réussi que si
elle est parvenue à garder un art de vivre, une
ambiance et bien qu'adulte "une capacité de s'émerveiller, aussi
encore, enfin et toujours".
Et s'il peut avoir contribué à tracer ce chemin là, alors lui aussi aura
réussi. Mais cela il ne l'apas dit tout haut. Sans doute était-ce là
pourtant ambition.
Pierre-Yves Flament
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