1977-2001

Paroles de Maire

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N° 30 - décembre 1987

 

 

 

AVEC UN PETIT GRAIN DE FOLIE EN PLUS

 

Elle est arrivée la foire aux associations 87! Avec en soirée les incontournables banquet et dis­cours du maire. Un bon cru, de l'avis des connaisseurs. Alors on remet cela l'an prochain? Bien sûr! Pourquoi se priverait-on d'un tel temps fort de la vie Villeneuvoise ? Rien n'empêche cepen­dant de lui donner plus de bouquet encore.

 

F aire la foire dans un collège: ça déjà ce n'est pas banal. La coo­pération exemplaire entre le col­lège Camille-Claudel qui accueille et les services munici­paux qui orchestrent l'opération mérite un coup de chapeau. La foire aux associations de Villeneuve-d'Ascq par son ampleur (200 stands, plus de 180 associations), par la foule qu'elle attire reste à ce jour un événement inégalé.

Préparée avec sérieux par tous ses acteurs (à un point tel qu'on n'a même plus droit à un peu de pagaille), bouillonnante de tou­tes ses associations, la foire 87 a bel et bien pris la dimension de la ville.

Elle en illustre aussi sa diversité. D'une salle à l'autre, le visiteur va de la solidarité avec le Tiers­ monde à l'apprentissage du polo­nais, après avoir rencontré les jeunes motards, les bibliothè­ques, les LCR ou encore les anciens combattants avec leur petit drapeau planté sur la table, les associations nature et les uni­versités.

Il peut découvrir, partager, com­bat, passion, plaisir, savoir...

La représentation plus que jamais diversifiée de la vie asso­ciative, la parfaite organisation n'ont pas échappé à Gérard Cau­dron : "la foire aux associations a trouvé son équilibre" confie ­t-il après y avoir passé deux bon­nes heures et s'être arrêté à tous les stands. On peut regretter, et lui aussi qu'il ait manqué peut être à cette manifestation un "petit grain de folie".

Tout en confortant l'acquis, il n'est pas interdit de souhaiter pour la foire prochaine plus de fantaisie. Un thème particulière­ment stimulant pourrait inspirer en ce sens les participants. Jeux, concours, animations seraienl multipliés. Musiciens danseur:;, comédiens, amuseurs de tous poils laissés en liberté...

Mais si l'événement s'amplifie encore, il faudra bien lui trouver d'autres lieux plus vastes. "Il n'y a pas urgence" commente le maire. Tout en reconnaissant qu'un déménagement sera à envisager dans les prochaines années.

 

Touche pas à mon banquet

Un millier de convives le soir à l'espace Concorde représentant là aussi un large éventail de la vie associative et des forces de 1.1 ville. Un banquet, qui prolonge la foire, avec une logique plus évidente cette année, et lui res­semble par la diversité des convives attablés.

On aurait pu croire que la for­mule d'un repas avec discours puis musique, offert aux respon­sables d'associations allait s'user. Il n'en est toujours rien. Gérard Caudron est le premier à s'en féli­citer: "Tous ces responsables qui se bougent beaucoup pour les autres douze mois sur douze et contribuent si fort à la vie de la ville ont bien droit à la reconnaissance et à être assis pour une fois !". Alors que la f.ête continue!

GAGNER

 

"Notre ville peut et doit rester différente".

"Nous devons ensemble gagner. Devenir une ville de haute technologie au rendez vous de l'an 2000, tout en préservant notre cadre de vie verdoyant, humain et convivial".

 

 

 

La meilleure tribune pour le maire de Villeneuve-d'Ascq est bien le banquet au soir de la foire aux associations. Son discours, les convives n'y échappent pas. Il semble même que si le maire n'entrait pas en scène et ne prenait pas le micro, il y aurait un man­que. Gérard Caudron le sait bien lui qui "tente d'être à la hauteur de l'attente" et réserve à ce public de qualité des propos denses. .

Mais il n'est plus nécessaire désormais comme il le dit lui même de lancer un appel à la mobilisation permanente.

La ville n'a plus à lutter pour exister. Elle existe. Elle fêtera ses 18 ans, l'âge de la majo­rité, en février prochain! Et "elle est devenue l'une des quatre grandes villes de la Métropole."

C'est une ville qui a achevé sa ville nouvelle raisonnable­ment et dans la sérénité et qui se sent bien dans sa peau: l'ambiance de la foire et du banquet des associations l'illustre bien.

 

LA DIFFÉRENCE: UN MOTEUR D'ACTION

 

Le maire choisit dès lors de faire partager à son public sa réflexion sur l'état de la ville et surtout sur son avenir.

Le maire fait le pari que la dif­férence qui a, jusqu'ici, carac­térisé la ville, qu'a cultivée pour elle, l'équipe municipale peut être encore dans les années à venir un moteur d'action, pour une ville qui veut aller de l'avant, et "contribuer par son dyna­misme, ses atouts au renou­veau de l'ensemble Lille­ Metropole".

Cette différence, il propose qu'elle s'exprime aujourd'hui et demain selon cinq axes.

 

AU RENDEZ-VOUS DE L'AN 2000 AVEC LILLE-METROPOLE

 

Premièrement. - L'envie de gagner et d'être au rendez­-vous de l'an 2000.

La technopole: "nous sommes en train de la réussir" et le pari des transferts de technologies nouvelles.

Les universités, les laboratoi­res, les entreprises de la ville "apprennent à être avec nous des partenaires pour gagner". Les relations internationales (avec l'Europe, le Québec...) "Nous les développons et continuerons".

Cette envie de gagner, cette ambition pour la ville, Gérard Caudron n'est pas le seul à l'avoir. Il sait qu'elle doit dépasser les frontières com­munales, "que Lille Métropole" devienne "une réa­lité en terme d'image, d'ambi­tion de collaboration franche et active".

 

SOLIDARITÉ, COMBATTRE LES MISÈRES

 

Deuxièmement. - L'envie de solidarité.

Pour le maire (comme pour son parti) un minimum social doit être créé à l'initiative de l'état et financé par lui grâce à une imposition des plus riches. Un:- minimum "qui implique aide financière aux plus démunis, mais aussi for­mation, place et utilisation sociale" Mais "il doit être géré au quotidien localement avec la mairie, le CCAS et tous ceux qui se sentent concernes".

Et parce qu'il pense que nous ne pouvons ici rester l'arme au pied, que la solidarité, si elle est d'abord une affaire natio­nale est aussi une affaire de cœur qui associe de multiples partenaires", le maire lance un appel à la solidarité pour l'hiver: "Nous pouvons et devons renforcer notre action pour les plus démunis". .

 

VERTE, CONVIVIALE, TOLERANTE

 

Troisièmement. - L'envie d'une, belle grande ville, humaine, ouverte, verte et conviviale.

Si à Villeneuve-d'Ascq il est vrai, le souci de l'environne­ment, la pratique de l'écologie au quotidien ne datent pas d'hier, le maire pense "qu'on peut aller plus loin encore":

Améliorer le fleurissement tous ensemble; développer de nouveaux jardins familiaux, conforter l'agriculture péri­urbaine... Faire plus encore pour que le jeune, la personne seule aient toute leur place comme l'enfant. Que "les différences de race, de culture... soient acceptées comme un enrichissement potentiel et mutuel".

Quatrièmement. - L'envie associative.

"Malgré des politiques d'Etat qui visent à l'affaiblir, à la réduire, à l'encadrer… sachez que nous continuerons à aider la vie associative de toutes nos forces". Le maire invite les associations à" "additionner leurs forces" dans 1es  quartier, dans la ville."

 

RÉUSSIR MAIS PRÉSERVER UN ART DE VIVRE

 

Cinquièmement. – l'envie enfin du contact de l'équilibre et de la simplicité.

. "C'est, je crois une des caractéristiques de la ville, à ­laquelle je me suis personnellement attaché,y compris dans ma pratique d'élu... Les habitants de Villeneuve d'Ascq aiment souvent leur  ville pour cela".

"C'est de notre responsabilité collective que de  veiller .à  ce que nos réussites ne nous donnent pas la grosse tête. Pour cela il faut savoir se remettre en cause et garder les pieds sur terre".

Le rêve de Gérard CAUDRON  pour l'an 2000? :

Que Villeneuve d'Ascq soit "une ville de haute technologie dans une métropole revivifiée".

Mais pour lui, la. Ville n'aura  vraiment réussi que si elle est parvenue à garder un art de vivre,  une ambiance et bien qu'adulte "une capacité de s'émerveiller, aussi encore, enfin et toujours". ­

Et s'il peut avoir contribué à tracer ce chemin là, alors lui aussi aura réussi. Mais cela il ne l'apas dit tout haut. Sans doute était-ce là pourtant ambition.

Pierre-Yves Flament