|
CONCRÈTEMENT...
Jeanne-Marie Vollemaere: Monsieur le
Maire, la préparation du budget
87 semble avoir pris du retard par rapport à l'an
dernier.
Gérard Caudron: La préparation du budget 87 respecte les procédures
habituelles. Les services ont commencé dès décembre dernier, à
examiner les budgets de tous les services et à récapituler l'ensemble
des besoins et des demandes que ce soit en investissement ou en
fonctionnement.
Cette phase administrative est terminée.
L'examen par les élus en commission se trouve cependant freiné.
La raison en est simple: l'État en modifiant les "règles du jeu" en
matière de dotation globale nous oblige à attendre ses décisions. De
plus, nos bases d'imposition ne nous ont pas été notifiées par
l'administration fiscale. Pour ces raisons, les commissions ne peuvent
examiner les dépenses, sans avoir une idée précise des recettes. Un
budget communal fonctionne de la même manière qu'un budget familial.
J.M. V.
: Toujours le problème des impôts?
G.C. : J'ai, en effet souhaité, il y a plusieurs mois, le
maintien de la pression fiscale à son niveau 86, ce qui implique de ne
pas augmenter le taux communal, et cela, malgré les dépenses
supplémentaires mises à notre charge par l'État.
Il s'agit donc, à partir de ces éléments, d'ajuster nos dépenses à nos
recettes... d'où le retard du vote du budget.
J.M. V.
: Ce retard peut-il entraver le
fonctionnement de la Mairie?
G.C. : Le vote pourra intervenir vers le 20 mars. Notre ville est bien
gérée, et peut fonctionner normalement.
J.M. V.
: Quelles sont les priorités qui
apparaissent dans la préparation de ce budget 87 ?
G.C.: En Investissement: Un effort pour l'entretien du patrimoine et
des équipements communaux en particulier les écoles et salles de
sport; la poursuite de la modernisation de nos services pour un meilleur
service public, la réalisation des équipements promis.
En Fonctionnement: Toujours beaucoup de rigueur dans la gestion pour
élargir et améliorer les services rendus à tous les habitants, quels
que soient leurs âges et leurs quartiers.
JM. V.
: Le délai d'attente est toujours
important pour les places de crèches ?
G.C. : Nous avons à Villeneuve d'Ascq, 350 places en crèche, ce qui
représente un budget considérable, entre la 000 F et 25 000 F la place
par enfant et par an selon le type de crèche. Nous devrons ouvrir
quelques dizaines de places supplémentaires en 87, car les besoins sont
importants et les délais d'attente trop longs!
J.M. V.: Et pour les jeunes de
Villeneuve-d'Ascq?
G.C. : Le nombre de places en centres de loisirs sportifs va être
augmenté. J'ai demandé aussi un effort en direction des jeunes pour leur
donner formation et activités en renforçant les budgets affectés à l'OMJC.
Les associations et clubs sportifs seront aidés. Leur rôle est
irremplaçable et la réduction du bénévolat leur pose des problèmes.
Nous agirons davantage encore en faveur des plus démunis pour plus de
solidarité à tous les niveaux.
Ce dernier point, vous le savez, me tient à cœur.
Qui peut admettre la misère profonde sans réagir collectivement et
individuellement? Personnellement, je ne l'admets pas, et je ne cesserai
d'agir.
JM.V:
: Vous avez aussi en janvier parlé de communication.
G.C. : Le service ICI V.A. va se développer encore dans le sens de la
souplesse, de l'interactivité pour permettre toujours plus de
communication entre tous les acteurs de la vie collective.
La Télé-Alarme qui rompt l'isolement des personnes âgées vient de
démarrer (tous renseignements au CCAS).
Je pourrai multiplier les exemples... Je reste ouvert à toute idée,
toute proposition allant dans le sens de la rupture de l'isolement et de
la solitude.
On peut m'écrire, me téléphoner au 20.72.36.88, m'envoyer un message
minitel (20.47.47.74). Je garantis écoute ou lecture personnelle.
JM.V
: Quelle ambition avez-vous pour Villeneuve-d'Ascq?
G.G.: Villeneuve-d'Ascq est une grande belle ville ouverte, accueillante
et verte.
Elle doit, en 87, mieux trouver sa place dans le domaine culturel et
sportif.
Ni banlieue, ni ville centre, Villeneuve-d'Ascq Technopole a des atouts
importants dans les domaines du Cinéma Art et Essai, des arts
graphiques, de la musique, des musée, du sport pour tous. Nous devons
affirmer notre originalité.
Villeneuve-d'Ascq est un centre géographique, culturel et humain au
service de la région. Il faut tout faire pour en renforcer ses
caractéristiques.
J.M.V
: Et la Technopole créée en 86 ?
G.C.: La Technopole, c'est profondément la ville que je viens de
décrire, mais c'est aussi une association ville - monde de la recherche
- monde économique.
Je préside cette association et je souhaite qu'en 87, elle s'élargisse
à d'autres collectivités, d'autres partenaires du monde de
l'enseignement.
Il faut que les habitants, les jeunes, les étudiants se sentent
davantage concernés par la Technopole. Nous agirons pour cela par des
mesures et propositions concrètes.
Il faudra enfin continuer à expérimenter des transferts technologiques
en tous lieux et par tous les moyens.
J.M. V.:
Du concret en quelque sorte
G.C.: Oui du concret dans ce domaine comme dans tous les autres.
J.M. V.: C'est un peu votre obsession...
G.C. : Sur le plan local, comme sur le plan régional, nos concitoyens
sont dans l'attente d'actions concrètes répondant à leurs problèmes
concrets.
Les grands discours ne sont plus de mise. Il faut cibler les vrais
problèmes et y apporter des réponses concrètes et immédiates.
C'est un impératif pour chacun, individu, collectivité, parti ou
syndicat.
A mon niveau, avec mes moyens, je m'emploie à le faire et à en
convaincre les autres.
J.M V.
: Et vous êtes entendu?
G.C. : Je le crois. Nombreux sont ceux qui me le disent, n'en déplaise à
tous ceux qui dans la droite dure ou chez certains responsables et élus
communistes, continuent leur litanie traditionnelle faite
d'inexactitudes, quand ce ne sont pas des contrevérités.
Le chemin qui reste à parcourir est bien long. Nous ne serons jamais
trop nombreux à faire cette longue marche.
Gérard CAUDRON
Propos recueillis le 28 janvier 1987
|