1977-2001

Paroles de Maire

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N° 22 - Février 1987

 

 

CONCRÈTEMENT...

 

Jeanne-Marie Vollemaere: Mon­sieur le Maire, la préparation du budget 87 semble avoir pris du retard par rapport à l'an dernier.

 

Gérard Caudron: La prépara­tion du budget 87 respecte les procédures habituelles. Les ser­vices ont commencé dès décem­bre dernier, à examiner les bud­gets de tous les services et à récapituler l'ensemble des besoins et des demandes que ce soit en investissement ou en fonctionnement.

Cette phase administrative est terminée.

L'examen par les élus en com­mission se trouve cependant freiné.

La raison en est simple: l'État en modifiant les "règles du jeu" en matière de dotation globale nous oblige à attendre ses déci­sions. De plus, nos bases d'impo­sition ne nous ont pas été noti­fiées par l'administration fiscale. Pour ces raisons, les commis­sions ne peuvent examiner les dépenses, sans avoir une idée précise des recettes. Un budget communal fonctionne de la mê­me manière qu'un budget familial.

 

J.M. V. : Toujours le problème des impôts?

 

G.C. : J'ai, en effet souhaité, il y  a plusieurs mois, le maintien de la pression fiscale à son niveau 86, ce qui implique de ne pas augmenter le taux communal, et cela, malgré les dépenses sup­plémentaires mises à notre charge par l'État.

Il s'agit donc, à partir de ces élé­ments, d'ajuster nos dépenses à nos recettes... d'où le retard du vote du budget.

 

J.M. V. : Ce retard peut-il entraver le fonctionnement de la Mairie?

 

G.C. : Le vote pourra intervenir vers le 20 mars. Notre ville est bien gérée, et peut fonctionner normalement.

 

 

J.M. V. : Quelles sont les priorités qui apparaissent dans la prépa­ration de ce budget 87 ?

 

G.C.: En Investissement: Un effort pour l'entretien du patri­moine et des équipements com­munaux en particulier les éco­les et salles de sport; la poursuite de la modernisation de nos services pour un meilleur service public, la réalisation des équipements promis.

En Fonctionnement: Toujours beaucoup de rigueur dans la gestion pour élargir et amélio­rer les services rendus à tous les habitants, quels que soient leurs âges et leurs quartiers.

 

JM. V. : Le délai d'attente est tou­jours important pour les places de crèches ?

 

G.C. : Nous avons à Villeneuve­ d'Ascq, 350 places en crèche, ce qui représente un budget considérable, entre la 000 F et 25 000 F la place par enfant et par an selon le type de crèche. Nous devrons ouvrir quelques dizaines de places supplémen­taires en 87, car les besoins sont importants et les délais d'attente trop longs!

 

J.M. V.: Et pour les jeunes de Villeneuve-d'Ascq?

 

G.C. : Le nombre de places en centres de loisirs sportifs va être augmenté. J'ai demandé aussi un effort en direction des jeunes pour leur donner formation et activités en renforçant les bud­gets affectés à l'OMJC.

Les associations et clubs sportifs seront aidés. Leur rôle est irrem­plaçable et la réduction du bénévolat leur pose des problè­mes.

Nous agirons davantage encore en faveur des plus démunis pour plus de solidarité à tous les niveaux.

Ce dernier point, vous le savez, me tient à cœur.

Qui peut admettre la misère profonde sans réagir collective­ment et individuellement? Personnellement, je ne l'admets pas, et je ne cesserai d'agir.

 

JM.V: : Vous avez aussi en janvier parlé de communication.

 

G.C. : Le service ICI V.A. va se développer encore dans le sens de la souplesse, de l'interactivité pour permettre toujours plus de communication entre tous les acteurs de la vie collective.

La Télé-Alarme qui rompt l'iso­lement des personnes âgées vient de démarrer (tous rensei­gnements au CCAS).

Je pourrai multiplier les exem­ples... Je reste ouvert à toute idée, toute proposition allant dans le sens de la rupture de l'isolement et de la solitude.

On peut m'écrire, me télé­phoner au 20.72.36.88, m'en­voyer un message minitel (20.47.47.74). Je garantis écoute ou lecture personnelle.

 

JM.V : Quelle ambition avez-vous pour Villeneuve-d'Ascq?

 

G.G.: Villeneuve-d'Ascq est une grande belle ville ouverte, accueillante et verte.

Elle doit, en 87, mieux trouver sa place dans le domaine cultu­rel et sportif.

Ni banlieue, ni ville centre, Villeneuve-d'Ascq Technopole a des atouts importants dans les domaines du Cinéma Art et Essai, des arts graphiques, de la musique, des musée, du sport pour tous. Nous devons affirmer notre originalité.

Villeneuve-d'Ascq est un centre géographique, culturel et humain au service de la région. Il faut tout faire pour en renfor­cer ses caractéristiques.

 

J.M.V : Et la Technopole créée en 86 ?

 

G.C.: La Technopole, c'est pro­fondément la ville que je viens de décrire, mais c'est aussi une association ville - monde de la recherche - monde économi­que.

Je préside cette association et je souhaite qu'en 87, elle s'élar­gisse à d'autres collectivités, d'autres partenaires du monde de l'enseignement.

Il faut que les habitants, les jeu­nes, les étudiants se sentent davantage concernés par la Technopole. Nous agirons pour cela par des mesures et propo­sitions concrètes.

Il faudra enfin continuer à expé­rimenter des transferts techno­logiques en tous lieux et par tous les moyens.

 

J.M. V.: Du concret en quelque sorte­

 

G.C.: Oui du concret dans ce domaine comme dans tous les autres.

 

J.M. V.: C'est un peu votre obsession...

 

G.C. : Sur le plan local, comme sur le plan régional, nos conci­toyens sont dans l'attente d'actions concrètes répondant à leurs problèmes concrets.

Les grands discours ne sont plus de mise. Il faut cibler les vrais problèmes et y apporter des réponses concrètes et immédia­tes.

C'est un impératif pour chacun, individu, collectivité, parti ou syndicat.

A mon niveau, avec mes moyens, je m'emploie à le faire et à en convaincre les autres.

 

J.M V. : Et vous êtes entendu?

 

G.C. : Je le crois. Nombreux sont ceux qui me le disent, n'en déplaise à tous ceux qui dans la droite dure ou chez certains res­ponsables et élus communistes, continuent leur litanie tradition­nelle faite d'inexactitudes, quand ce ne sont pas des contre­vérités.

Le chemin qui reste à parcourir est bien long. Nous ne serons jamais trop nombreux à faire cette longue marche.

 

Gérard CAUDRON

Propos recueillis le 28 janvier 1987