1977-2001

Paroles de Maire

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N° 21 - Janvier 1987

 

 

SOLIDARITÉ

ET TOLÉRANCE

 

Jeanne-Marie Vollemaere: Monsieur le Maire, vous avez, cette année, placé vos vœux sous le double signe de la Solidarité et de la Tolérance.

 

Gérard Caudron: Ce n'est pas nouveau, car ce sont deux notions qui me guident depuis toujours dans ma vie militante. Cependant, en effet, avec l'ag­gravation de toutes les misères et du chômage, avec l'inquiétude croissante des jeunes, avec l'angoisse des moins jeunes, avec les racismes, avec les con­flits, avec les incompréhensions et les insatisfactions de toutes natures, les difficultés croissan­tes de communication entre les gens, il me semble nécessaire de les réaffirmer, et d'en appe­ler leur mise en œuvre par­tout et par le plus grand nombre...

 

J.M. V. : Sinon?

G.C. : Sinon, c'est la violence, les violences, l'éclatement et les déchirures.

Sinon, c'est la régression, voire la disparition d'une SOCIÉTÉ.

 

J.M. V. : N'est-ce pas un peu philo­sophique ?

 

G.C. : Le croyez-vous ?

Bien sûr, les problèmes que j'évoque, sont nationaux, voire internationaux. Bien sûr, quand on parle Solidarité, il faut d'abord faire payer l'impôt à ceux qui ont de grandes fortu­nes avant d'en appeler à l'effort de tous les autres.

Bien sûr, quand on parle Tolé­rance, il faut d'abord refuser tous les excès de toutes natures qui affaiblissent une démo­cratie...

Mais, ne voyez-vous pas autour de vous, dans votre immeuble dans votre rue, dans votre quartier, dans votre association, matière à les mettre en œuvre?... et ne sentez-vous pas les risques de violence et déchirements qui vous menacent à très court terme ?

Moi, je les vois, et je les sens, je suis inquiet...

 

J.M. V.: Dans un entretien que vous avez accordé à Nord Éclair, on vous a senti un peu pessimiste dans vos bilans.

 

G.C.: Pessimiste peut-être pas mais préoccupé d'une société où "coexistent" des gens happés par la misère, qui n'ont plus ni moyens, ni même pour certains d'espoir, et de tous les autres qui continuent à vivre, espérer, et à réclamer comme à l'époque d'une croissance à 5 ou 7% où tout ce que l'on n'avait pas aujourd'hui était garanti pour demain.

Mes permanences hebdoma­daires sont le miroir grossissant de ce dualisme, où se côtoient des gens qui n'ont plus rien, et qui viennent me voir, désespé­rés, en dernier ressort... et d'autres qui protestent, qui, parce que telle réparation demandée il Y a 8 ou 15 jours n'est pas encore faite, qui, parce qu'il n'y a pas assez de salles de sport, qui, parce que l'équipement mis à sa disposi­tion ne répond pas à tous ses rêves. ..

Oui, cela m'inquiète car si on ne comprend pas qu'il ne faut pas attendre aujourd'hui de mira­cle, mais mettre en œuvre des volontés, car si on ne fait pas du concret, si on ne pense pas aux plus démunis et aux plus mal­heureux, si on ne sait pas atten­dre, si on ne sait pas classifier les urgences, si on ne sait pas faire d'efforts, si on ne veut pas compter, analyser, apprécier, relativiser, non seulement on ne connaît pas toujours "son bon­heur", mais on contribue à exa­cerber les divisions, les violen­ces, l'intolérance, et donc, notre recul collectif.

 

J.M. V. : Voilà un discours bien peu électoraliste.

 

G.C. : Est-ce mon genre d'en tenir? Et puis, nous ne sommes pas en période électorale...

 

J.M. V. : Mais on vous dit partout candidat.

G/:. : Ne déformons pas.

Les élections municipales sont pour 89 et c'est vrai qu'à ce jour, je n'ai pas l'intention d'arrêter le métier de Maire que j'aime tant... Les Villeneu­vois décideront le moment Venu.

Il est vrai aussi que lorsqu'il y aura des élections législatives, j'ai dit qu'il serait bon que Villeneuve-d'Ascq soit repré­sentée au Parlement par un Vil­leneuvois et que dans cette optique, je serais candidat devant mon Parti pour le repré­senter.

Mais, il n'y a pas d'échéance fixée et je fais aujourd'hui cons­ciencieusement mon travail de Maire et de Vice-président du Conseil Général.

Dans le même temps, j'essaie d'agir aussi pour rassembler autour des idées de progrès et de tolérance, tous ceux qui, bien au-delà des socialistes, ne peuvent se satisfaire du fonc­tionnement de la société.

 

J.M. V.: Des communistes jusqu'au centre?

 

G.C.: J'ai dit, tous ceux qui veu­lent le progrès, qui sont contre l'injustice et l'inégalité, qui défendent la qualité de la vie, la démocratie et qui refusent les excès et les discours démago­giques, sinon mensongers... Je suis prêt à travailler avec TOUS ceux qui se reconnais­sent dans ces idées.

Qui peut honnêtement imagi­ner dans le Nord et en France, une alternative à une droite dure, alliée idéologiquement à l'extrême droite autrement que par cette Union la plus large sur ces principes de base...

 

J.M. V. : On aura certainement l'occasion d'en reparler.

Pour terminer peut-être, en ce début d'année quelques projets pour 87.

G.C. : En vrac, et sans vouloir "être exhaustif :

. l'élargissement et la concré­tisation de la Technopole;

. les débuts de chantiers pour la salle polyvalente d'Ascq, pour la 2e piscine, la Maison des associations d'Annappes, - et la confortation du château de Flers;

. la réalisation d'un gymnase, rue de Wasquehal, la réou­verture de la salle Dequesne, un nouveau bureau de poste et d'une nouvelle mairie sur le Bourg;

. des travaux d'entretien dans les écoles, les salles de sports, les espaces verts et de jeux, les trottoirs et l'éclairage public.

Je crois qu'une nouvelle fois chacun y retrouvera son compte, avec en matière de ser­vices, de nouvelles places en crèche, une télé-alarme pour personnes âgées, de nouveaux centres de loisirs, des actions concrètes pour lutter contre l'oisiveté des jeunes au chô­mage, des formes accrues de lutte contre la misère, etc., sans oublier l'amélioration constante des services publics commu­naux et l'aide aux associations. L'année 87 sera une nouvelle année d'action, de travail et de réalisations... avec le souci per­manent qui est le nôtre de limi­ter au maximum la hausse de l'impôt local pour rester dans le peloton de queue des commu­nes françaises en terme de lour­deur fiscale.

 

J.M.V.: Vous avez aussi parlé lors de la Foire aux associations, de communication.

 

G.C.: C'est notre souci et notre règle de base: améliorer, diver­sifier, accroître la communica­tion sous toutes ses formes: Tri­bune, Radio, TV, télématique, affiches, circulaires, bulletins, mais aussi partout et toujours le contact direct entre les Ville­neuvois, leurs élus et moi-même.

 

Propos recueillis le 2 janvier 1987.

 

Gérard CAUDRON

Maire,

Vice-président du Conseil Général du Nord