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1987
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SOLIDARITÉ
ET TOLÉRANCE
Jeanne-Marie Vollemaere: Monsieur le Maire, vous avez, cette année,
placé vos vœux sous le double signe de la Solidarité et de la Tolérance.
Gérard
Caudron: Ce n'est pas nouveau, car ce sont deux notions qui me guident
depuis toujours dans ma vie militante. Cependant, en effet, avec l'aggravation
de toutes les misères et du chômage, avec l'inquiétude croissante des
jeunes, avec l'angoisse des moins jeunes, avec les racismes, avec les
conflits, avec les incompréhensions et les insatisfactions de toutes
natures, les difficultés croissantes de communication entre les gens,
il me semble nécessaire de les réaffirmer, et d'en appeler leur mise en
œuvre partout et par le plus grand nombre...
J.M. V.
: Sinon?
G.C. : Sinon, c'est la violence, les violences, l'éclatement et les
déchirures.
Sinon, c'est la régression, voire la disparition d'une SOCIÉTÉ.
J.M. V.
: N'est-ce pas un peu philosophique
?
G.C. : Le croyez-vous ?
Bien sûr, les problèmes que j'évoque, sont nationaux, voire
internationaux. Bien sûr, quand on parle Solidarité, il faut d'abord
faire payer l'impôt à ceux qui ont de grandes fortunes avant d'en
appeler à l'effort de tous les autres.
Bien sûr, quand on parle Tolérance, il faut d'abord refuser tous les
excès de toutes natures qui affaiblissent une démocratie...
Mais, ne voyez-vous pas autour de vous, dans votre immeuble dans votre
rue, dans votre quartier, dans votre association, matière à les mettre
en œuvre?... et ne sentez-vous pas les risques de violence et
déchirements qui vous menacent à très court terme ?
Moi, je les vois, et je les sens, je suis inquiet...
J.M. V.: Dans un entretien que vous
avez accordé à Nord Éclair,
on vous a senti un peu pessimiste dans vos bilans.
G.C.: Pessimiste peut-être pas mais préoccupé d'une société où
"coexistent" des gens happés par la misère, qui n'ont plus ni moyens, ni
même pour certains d'espoir, et de tous les autres qui continuent à
vivre, espérer, et à réclamer comme à l'époque d'une croissance à 5 ou
7% où tout ce que l'on n'avait pas aujourd'hui était garanti pour
demain.
Mes permanences hebdomadaires sont le miroir grossissant de ce
dualisme, où se côtoient des gens qui n'ont plus rien, et qui viennent
me voir, désespérés, en dernier ressort... et d'autres qui protestent,
qui, parce que telle réparation demandée il Y a 8 ou 15 jours n'est pas
encore faite, qui, parce qu'il n'y a pas assez de salles de sport, qui,
parce que l'équipement mis à sa disposition ne répond pas à tous ses
rêves. ..
Oui, cela m'inquiète car si on ne comprend pas qu'il ne faut pas
attendre aujourd'hui de miracle, mais mettre en œuvre des volontés, car
si on ne fait pas du concret, si on ne pense pas aux plus démunis et aux
plus malheureux, si on ne sait pas attendre, si on ne sait pas
classifier les urgences, si on ne sait pas faire d'efforts, si on ne
veut pas compter, analyser, apprécier, relativiser, non seulement on ne
connaît pas toujours "son bonheur", mais on contribue à exacerber les
divisions, les violences, l'intolérance, et donc, notre recul
collectif.
J.M. V.
: Voilà un discours bien peu
électoraliste.
G.C. : Est-ce mon genre d'en tenir? Et puis, nous ne sommes pas en
période électorale...
J.M. V.
: Mais on vous dit partout
candidat.
G/:. : Ne déformons pas.
Les élections municipales sont pour 89 et c'est vrai qu'à ce jour, je
n'ai pas l'intention d'arrêter le métier de Maire que j'aime tant... Les
Villeneuvois décideront le moment Venu.
Il est vrai aussi que lorsqu'il y aura des élections législatives, j'ai
dit qu'il serait bon que Villeneuve-d'Ascq soit représentée au
Parlement par un Villeneuvois et que dans cette optique, je serais
candidat devant mon Parti pour le représenter.
Mais, il n'y a pas d'échéance fixée et je fais aujourd'hui
consciencieusement mon travail de Maire et de Vice-président du Conseil
Général.
Dans le même temps, j'essaie d'agir aussi pour rassembler autour des
idées de progrès et de tolérance, tous ceux qui, bien au-delà des
socialistes, ne peuvent se satisfaire du fonctionnement de la société.
J.M. V.: Des communistes jusqu'au
centre?
G.C.: J'ai dit, tous ceux qui veulent le progrès, qui sont contre
l'injustice et l'inégalité, qui défendent la qualité de la vie, la
démocratie et qui refusent les excès et les discours démagogiques,
sinon mensongers... Je suis prêt à travailler avec TOUS ceux qui se
reconnaissent dans ces idées.
Qui peut honnêtement imaginer dans le Nord et en France, une
alternative à une droite dure, alliée idéologiquement à l'extrême droite
autrement que par cette Union la plus large sur ces principes de base...
J.M. V.
: On aura certainement l'occasion d'en
reparler.
Pour terminer peut-être, en
ce début d'année quelques
projets pour 87.
G.C. : En vrac, et sans vouloir "être exhaustif :
. l'élargissement et la concrétisation de la Technopole;
. les débuts de chantiers pour la salle polyvalente d'Ascq, pour la 2e
piscine, la Maison des associations d'Annappes, - et la confortation du
château de Flers;
. la réalisation d'un gymnase, rue de Wasquehal, la réouverture de la
salle Dequesne, un nouveau bureau de poste et d'une nouvelle mairie sur
le Bourg;
. des travaux d'entretien dans les écoles, les salles de sports, les
espaces verts et de jeux, les trottoirs et l'éclairage public.
Je crois qu'une nouvelle fois chacun y retrouvera son compte, avec en
matière de services, de nouvelles places en crèche, une télé-alarme
pour personnes âgées, de nouveaux centres de loisirs, des actions
concrètes pour lutter contre l'oisiveté des jeunes au chômage, des
formes accrues de lutte contre la misère, etc., sans oublier
l'amélioration constante des services publics communaux et l'aide aux
associations. L'année 87 sera une nouvelle année d'action, de travail et
de réalisations... avec le souci permanent qui est le nôtre de limiter
au maximum la hausse de l'impôt local pour rester dans le peloton de
queue des communes françaises en terme de lourdeur fiscale.
J.M.V.: Vous avez aussi parlé lors de la
Foire aux associations, de communication.
G.C.: C'est notre souci et notre règle de base: améliorer, diversifier,
accroître la communication sous toutes ses formes: Tribune, Radio, TV,
télématique, affiches, circulaires, bulletins, mais aussi partout et
toujours le contact direct entre les Villeneuvois, leurs élus et
moi-même.
Propos recueillis le 2 janvier 1987.
Gérard CAUDRON
Maire,
Vice-président du Conseil Général du Nord
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