1977-2001

Paroles de Maire

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N° 25 - Mai 1987

 

 

…"CE BEAU RÊVE QUI SERA LE RÉEL UN JOUR"

Victor Hugo

 

M.J.H: "Accueil et Tourisme": un slogan qui pouvait être une gageure pour qualifier une ex-ville nouvelle. Comment peut-on mesu­rer /'impact de cette image?

 

Gérard Caudron: Sans faire une longue énumération, c'est la multiplicité des services et des possibilités de découvertes et de visites que nous offrons aux Villeneuvois et aux gens de passage. Un autre facteur d'estimation de cette réussite, c'est le nombre d'hôtels-restaurants qui s'implantent chez nous.

 

M.I.H. : Ces gens de passage ou ces voyageurs commerciaux ne sont pas obligatoirement des touristes en quête de découverte des "trésors historiques de la ville". Comment les inciter à rester ou à revenir ?

 

G.C.: L'activité de l'équipe de la MAT chargée de l'accueil et du tourisme est intense, signe d'adéquation entre l'offre et la demande. On pourrait aussi, avec des partenaires commerciaux, jouer une nouvelle accroche qui attirerait les gens un week-end entier: nos équipements sportifs de toutes natures, nos golfs, la Rose des Vents, nos fer­mes, notre parc, nos musées, nos lacs, nous font une bonne carte de visite.

 

UNE NOUVELLE CLÉ... LE CONTACT

 

M..J.H : Villeneuve-d'Ascq va-t-elle s'engager sur de nouveaux jumelages?

 

G.C.: Nous avons des relations de jumelage privilégiées avec Stirling, en Écosse. Cependant, nous ne nous orientons pas vers des projets similaires.

­Par contre, nous avons un souci constant de contact avec les autres pays. !

Notre but: mieux faire connaître la ville, la Technopole, ses potentiels, partout dans le monde. C'est un travail permanent, quotidien, d'échanges d'informations du monde économique et de la recherche.

A cet égard, l'hébergement des délégations étrangères à l'occasion du Congrès Socialiste de Lille, a été une occasion, de nous faire connaître, de montrer à tous l'ambition du Nord en plein renouveau à Villeneuve-d'Ascq.

A un autre niveau, tous les échanges scolaires que nous favorisons concourent à ce travail de contact. Chaque échange comporte un effet multiplicateur.

M.J.H. : Pourquoi faire, cette année encore, un stand à la Foire de Lille ?

.

 

G.C.: Nous ne sommes pas les seuls porteurs du "message" : chaque Villeneuvois est un "ambassadeur" en puissance lors de ses déplacements; nous mettons à sa disposition des moyens techniques pour sa collaboration; il nous faut simplement insuffler le réflexe.

Quant à la présence de la Ville à la Foire de Lille, cela procède de la même volonté de contact: une foire "internationale" à nos portes, c'est l'occasion à ne pas manquer! il faut noter aussi la présence active de tous nos partenaires et en particulier de l'université pour cette seconde participation axée sur la Technologie. Dans toute entreprise, il existe un budget destiné au "savoir-faire", le produit et au "faire­savoir"

A cet égard, le budget affecté à la communication de la ville reste modeste.

 

L'EFFET BOULE DE NEIGE

 

M.J.H.: Un an après sa création quelles sont les réalisations de la Technopole?

 

G.C.: Notre objectif n'est pas la mutation de la Ville en un mauvais dérivé de la Silicon Valley!

La Technopole, liaison des universités, des entreprises, de la ville, vise à aider les chercheurs à mettre en applications industrielles les résultats de leurs travaux.

Plus qu'une nouvelle institution, c'est avant tout un ÉTAT D'ESPRIT, partagé avec nos partenaires, une impulsion qui se veut le terreau de l'intelligence, le terreau de l'avenir de notre région. La Technopole, c'est un point de liaison, de transmission de l'influx nerveux.

La matérialisation de la technopole, ce sont des locaux de toutes natures pour "couver" de nouveaux projets et nouvelles entreprises à Dupire ou ailleurs.

C est également ce grand projet en cours: le Technoparc, au sud du Campus Universitaire; c'est l'implantation régulière de nouvelles petites entreprises et de parcs d'activités de toutes tailles et de tous prix.

M.J.R: Doucement, la Technopole avance. Quelles sont ses ambitions prochaines ?

 

G.C.: Une étude est lancée qui porte sur un recensement pointu de tout ce qui existe en matière de transfert de technologie.

Le but en est d'éclairer les choix d'investissements à faire.

n faut éviter le télescopage avec d'autres initiatives, d'autres parcs d'activités aux alentours.

Quand on sème des graines, en principe, elles poussent; quelque­fois, elles ne poussent pas, ou bien, "lies vont germer ailleurs...

Le rêve: c'est que le Nord devienne une Technopole à lui tout seul !

 

M.J.H.: La structure associative peut-elle gérer cette ambition ?

G.C. : De par ses atouts géographiques, ses potentiels humains, Villeneuve-d'Ascq a vocation à être technopole.

La mise en commun des dynamiques générées par d'autres partenaires potentiels devrait entraîner un élargissement. C'est en travaillant ensemble que le pari de l'avenir industriel du Nord sera gagné! C'est un effet boule de neige !!

La grandeur d'une ville ne se mesure pas à son nombre d'habitants, mais à son ambition, son rayonnement, son dynamisme! C'est vrai pour Villeneuve-d'Ascq. C'est vrai aussi pour Lille.

 

CANAL 9 : UN CHAÎNON MANQUANT

 

M.J.H. : Depuis quelques semaines, les "branchés" vil1eneuvois peuvent capter Canal 9.

Cette expérience de télévision est elle un "plus" ou un "mieux" pour le petit écran?

 

G.C.: Je ne porterai pas d'opinion sur des programmes que je ne capte pas, personnellement.

Cependant, sur le principe même, j'ai deux réactions: la première, c'est que tout ce qui concourt à une meilleure communication entre les gens, va dans le bon sens; un canal local doit avoir vocation à devenir un facteur de démocratisation, d'implication des gens grâce à une nouvelle façon d'aborder la vie collective.

En second lieu, la perspective du câblage de tout ou partie de la Métropole a mon soutien; cela fait partie des atouts, des moteurs dont le Nord a besoin, au même titre que le TGV ou la Technopole...

n reste cependant une inquiétude: pour faire une bonne télévision, il faut beaucoup d'argent.

A court terme, j'attends que l'État tienne ses engagements quant au déménage du câblage de 3000 prises en faisceaux optiques dans les quartiers Nord de la ville.

A moyen terme, c'est aussi une réflexion sur le financement des programmes.. .

 

VAINCRE LA CRISE: Un travail de fourmi...

 

M.J.H.: Un dernier point peut-être après votre discours prononcé lors de la cérémonie du 1er mai à l'Espace Concorde: votre optimisme semble fortement nuancé par des angoisses face au chômage…

 

G.C. : Le 1er Mai, c'est la fête des travailleurs, et j'ai eu le plaisir de leur remettre plus de 400 médailles. Il est vrai que depuis le début de notre entretien nous avons tracé le portrait de Villeneuve-d'Ascq, qui se doit d'impulser le renouveau du Département. n est vrai aussi que la réalité aujourd'hui pour beaucoup de jeunes et d'adultes est différente: le chômage ronge comme un cancer. Nous avons non seulement à le combattre directement et, aussi, à travers ses ramifications: la misère, l'exclusion, la marginalisation, la délinquance, la violence, le racisme, l'intolérance... n nous faut à la fois agir pour soigner ces drames quotidiens et investir pour préparer l'avenir ;

 

M.J.H. : L'avenir a un arrière goût amer pour bien des gens défavorisés. Vous avez une recette miracle pour entretenir la confiance en des jours meilleurs?

 

G.C.: Nous vivons dans une période de crise, une époque charnière.

Il faut se battre pour créer ce que sera demain. Ce n'est pas sans pincement au cœur que j'ai remis hier des médailles à des personnes qui avaient appris leur licenciement quelques semaines auparavant!

n y a à mener une longue bataille contre l'inégalité: l'inégalité des chances, l'inégalité entre les "nantis", ceux à qui la crise profite et ceux qui connaissent la misère. Je maintiens avec force ces valeurs fondamentales: la solidarité, le droit au travail, le partage du travail, la dignité de tous sans exclusion.

C'est un cri, mais aussi une lutte permanente et des actions: en préparant la technologie, en luttant contre l'oisiveté des jeunes, en investissant dans la recherche et la formation...

Un travail de fourmi qui doit permettre à chacun de trouver un jour sa chance. Le Nord Technopole c'est aussi cela!

 

Gérard Caudron

Maire

Vice-président du Conseil Général du Nord

 

Propos recueillis le 2 mai 1987


 

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"