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UNE
RENTRÉE EN PENTE RAIDE
Jeanne-Marie Vollemaere : De juin à août,
les événements se sont succédés à un tel rythme, qu'il a fallu
modifier certaines rubriques de la Tribune pour consacrer à chacun, ne
serait ce que quelques lignes.
Gérard Caudron: Et j'en suis heureux car c'est le signe d'une ville
animée, d'une ville active, d'une ville qui vit.
J.-M. V.: Malgré cette actualité
omniprésente, avez-vous pris le temps de quitter la ville et de prendre
des vacances?
G.C. : Oui, j'ai pris quelques semaines de vacances avec des coupures
qui m'ont permis de rester en contact avec la ville et ses habitants. .
J'ai beaucoup circulé à travers la France, visité de nombreux monuments,
fait de longues randonnées et un peu de sport, lu des ouvrages et
revues d'histoire et d'archéologie.
J'ai surtout pris le temps de vivre tout simplement... ce qui m'arrive
peu souvent.
Cela dit, je suis resté en permanence en liaison par téléphone et
surtout par minitel avec la mairie et les élus à la tâche.
J.-M. V.: C'est toujours avec le sourire
et beaucoup d'aisance qu'on vous a vu rendre visite aux enfants des
centres de vacances et de loisirs.
G.C. : Pour vivre une vie publique, il faut aimer les gens, aimer les
rencontrer, discuter avec eux, communiquer. C'est mon cas et je crois
que chacun le sait.
Mais, c'est vrai aussi que j'ai une tendresse particulière pour les
enfants et les jeunes. Je resterais des heures à discuter avec eux. Et
puis, c'est l'avenir et à travers eux l'image reflétée de ce que nous
construisons pour eux.
"DU PAIN SUR LA PLANCHE"
J.-M. V.: Dans quelques jours, ce sera la
rentrée scolaire, les Villeneuvois ne connaissent peut-être pas toujours
l'effort fait par la ville pour l'enseignement maternel et primaire.
G.C.: La rentrée en chiffres, c'est d'abord:
58 écoles maternelles et primaires pour près de la 500 élèves, 375
instituteurs publics, 35 restaurants scolaires qui servent par an 800
000 repas.
Un budget
école cantines de plus de 65 millions de francs (6,5 milliards de
centimes).
200 agents de service et 280 personnes en surveillance de cantines.
Mais la rentrée, c'est surtout un grand moment dans l'accession des
enfants et des jeunes à la formation qui est la matière première de
base d'un pays industrialisé aujourd'hui. C'est aussi quelques centaines
de maîtres et d'agents de services communaux qui vont y mettre leur
énergie, leur imagination et leur passion.
C'est enfin un moment toujours émouvant pour des milliers de parents.
N'oublions pas non plus que l'enseignement à Villeneuve d'Ascq, c'est
aussi 5 collèges, 2 lycées, des universités, des écoles et donc des
dizaines de milliers d'élèves et d'étudiants.
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J.-M. V.: En juin, un premier débat 3 eu
lieu sur la deuxième piscine, quand les Villeneuvois pourront-ils en
voir les plans?
G.C. : En juin, le Conseil municipal a décidé une piscine publique à
dominante loisirs implantée au nord de la ville sur le Sart.
Début octobre, le Conseil aura à se prononcer sur le modèle précis et le
calendrier des travaux.
J.M. V. : Y aura-t-il d'autres grands
dossiers à ouvrir à la rentrée?
G.C. : Nous continuerons à faire avancer les grands dossiers en cours:
l'amélioration des équipements et de leur fonctionnement, la garde des
jeunes enfants, la Technopole. Des efforts supplémentaires seront faits
dans le domaine de l'environnement et de l'écologie au quotidien. Des
luttes de plus en plus vitales contre toutes les formes de misère,
l'intolérance et la petite délinquance seront accentuées.
Vous le voyez, dans un contexte économique et social de plus en plus
difficile, il y a "du pain sur la planche".
LA TECHNOPOLE: UNE AFFAIRE QUI MARCHE
J.M.V.: Vous avez salué l'arrivée de
Bonduelle à Villeneuve-d'Ascq. Cette installation marque-t-elle une
nouvelle étape pour la Technopole?
G.C. : L'arrivée de Bonduelle est une bonne opération pour la ville et
la région. L'aménagement en un temps record des locaux qui l'accueillent
provisoirement est une très bonne chose pour la Technopole, puisque
dans quelques mois, les bâtiments serviront de "couveuse d'entreprises
et de projets" en provenance des laboratoires de recherche.
La Technopole à Villeneuve d'Ascq, c'est "une affaire qui marche" et
qui va bientôt s'élargir à:l'autres communes qui, après le département,
souhaitent y adhérer.
Le mouvement est maintenant bien lancé il faut l'alimenter
quotidiennement.
PARLER VRAI
J.M. V. : Certaines réalisations sont
populaires, d'autres le sont beaucoup moins, c'est le cas du camp de
nomades installé derrière V2.
G.C.: Je dirais simplement 2 choses:
- La loi fait obligation aux communes d'accueillir les nomades. Si elle
n'a pas d'aire aménagée, la police ne peut donc empêcher le
stationnement "sauvage".
- L'existence d'une aire aménagée coûtera finalement moins cher sur
tous les plans que le stationnement sauvage, d'autant plus que nous
avons obtenu des subventions de l'État et la participation d'autres
communes.
L'aménagement d'une telle aire est donc bien, tous comptes faits, la
moins mauvaise solution à un difficile problème.
J.-M. V.: Au fait, avez-vous reçu votre
feuille d'impôts? Là encore, ce n'est pas un élément susceptible
d'améliorer la popularité d'une municipalité.
G.C. : Oui, j'ai reçu ma feuille d'impôts, en augmentation de 4% compte
tenu des hausses votées par la CUDL et la Région ainsi que
l'actualisation des bases fixée par l'administration.
La ville
n'a pas modifié ses taux de taxation malgré l'augmentation des services
rendus à tous.
L'effort demandé est modeste au regard des services demandés par les
habitants et rendus (environ 50 à 60 F pour la part communale pour une
habitation moyenne).
il n'en reste pas moins vrai que pour chacun, c'est une lourde somme à
débourser en une seule fois, un mois après la rentrée scolaire quand
par ailleurs le pouvoir d'achat diminue. Sans compter tous ceux qui
n'ont pratiquement plus de revenus.
Une réforme s'impose qui devrait en particulier prévoir au minimum un
étalement.
UN CONTEXTE SOCIAL DIFFICILE
J.-M. V.: Les désengagements successifs
de l'État ne vont-ils pas faire
reposer sur les communes de nouvelles charges?
G.C.: C'est certain. Et c'est le cas dans tous les domaines: de
l'enseignement au sport, en passant par le secteur associatif ou
l'action sociale.
On ne peut baisser l'impôt d'État, en particulier des plus riches, sans
réduire des dépenses qui vont peser sur la vie sociale.
Mais cette politique que je juge négative conduit aussi à réduire les
prestations sociales, l'APL et autres ressources des plus modestes.
Tout cela va peser très, très lourd sur notre budget social et toucher
très durement les catégories moyennes.
La vie est de plus en plus difficile pour de plus en plus de gens.
DE VRAIS DÉBATS SUR LES VRAIS PROBLÈMES
J.-M. V.: Cet été l'extrême droite n'est pas
restée inactive, n'y a-t-il pas, là aussi, lieu d'être inquiet?
G.C.: C'est grave... très grave. De la fraction la plus dure de la
droite dite classique, à l'extrême droite affichée jusqu'aux
groupuscules néo-nazis, il y a un fond commun fait d'intolérance,
d'analyses simplistes et de réponses brutales.
Si certains sont fiers de leurs "charters" ou "trains" d'étrangers
renvoyés brutalement, que dire d'inscriptions que l'on commence à
revoir du type "X au four !" J'en ai même vu à Villeneuve-d'Ascq.
Oui c'est grave. Je suis inquiet et j'en appelle une nouvelle fois à la
raison ainsi qu'à l'union la plus large pour défendre les valeurs de la
République que sont la Liberté, l'Égalité et la Fraternité.
J.-M. V.: Et dans les autres partis, les
déclarations n'ont pas toujours été très heureuses. L'échéance
présidentielle poussant les uns et les autres à la surenchère
perpétuelle, est-ce la meilleure façon de préparer la prochaine
campagne électorale?
G.C. : Reconnaissez que c'est un peu la même chose dans tous les partis
démocratiques.
C'est malheureusement "La loi du genre". Moi-même, souvent je m'y perds
un peu et je comprends l'expectative de nos concitoyens sinon leur
perplexité. Ce que je souhaite, c'est que viennent vite de vrais débats
sur les vrais problèmes que sont: le chômage, la misère, les
inégalités, l'intolérance, la formation des jeunes, l'avenir
économique, les conditions de la Paix.
C'est sur ces terrains là qu'à mon modeste niveau, j'interviendrai dans
les prochains mois.
La période qui s'ouvre s'annonce importante, riche et dense. Nous serons
vite au creux des problèmes et nous aurons une rentrée "en pente raide".
Propos de Gérard Caudron
recueillis le 28 août.
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