1977-2001

Paroles de Maire

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N° 27 - septembre 1987

 

 

UNE RENTRÉE EN PENTE RAIDE

 

Jeanne-Marie Vollemaere : De juin à août, les événements se sont succé­dés à un tel rythme, qu'il a fallu modi­fier certaines rubriques de la Tribune pour consacrer à chacun, ne serait­ ce que quelques lignes.

 

Gérard Caudron: Et j'en suis heu­reux car c'est le signe d'une ville animée, d'une ville active, d'une ville qui vit.

 

J.-M. V.: Malgré cette actualité omni­présente, avez-vous pris le temps de quitter la ville et de prendre des vacances?

 

G.C. : Oui, j'ai pris quelques semaines de vacances avec des coupures qui m'ont permis de res­ter en contact avec la ville et ses habitants. .

J'ai beaucoup circulé à travers la France, visité de nombreux monu­ments, fait de longues randonnées et un peu de sport, lu des ouvra­ges et revues d'histoire et d'archéologie.

J'ai surtout pris le temps de vivre tout simplement... ce qui m'arrive peu souvent.

Cela dit, je suis resté en perma­nence en liaison par téléphone et surtout par minitel avec la mairie et les élus à la tâche.

 

J.-M. V.: C'est toujours avec le sourire et beaucoup d'aisance qu'on vous a vu rendre visite aux enfants des cen­tres de vacances et de loisirs.

 

G.C. : Pour vivre une vie publique, il faut aimer les gens, aimer les rencontrer, discuter avec eux, communiquer. C'est mon cas et je crois que chacun le sait.

Mais, c'est vrai aussi que j'ai une tendresse particulière pour les enfants et les jeunes. Je resterais des heures à discuter avec eux. Et puis, c'est l'avenir et à travers eux l'image reflétée de ce que nous construisons pour eux.

 

"DU PAIN SUR LA PLANCHE"

 

J.-M. V.: Dans quelques jours, ce sera la rentrée scolaire, les Villeneuvois ne connaissent peut-être pas toujours l'effort fait par la ville pour l'enseigne­ment maternel et primaire.

 

G.C.: La rentrée en chiffres, c'est d'abord:

58 écoles maternelles et primaires pour près de la 500 élèves, 375 instituteurs publics, 35 restaurants scolaires qui servent par an 800 000 repas.

Un budget école cantines de plus de 65 millions de francs (6,5 mil­liards de centimes).

200 agents de service et 280 per­sonnes en surveillance de cantines. Mais la rentrée, c'est surtout un grand moment dans l'accession des enfants et des jeunes à la for­mation qui est la matière première de base d'un pays industrialisé aujourd'hui. C'est aussi quelques centaines de maîtres et d'agents de services communaux qui vont y mettre leur énergie, leur imagi­nation et leur passion.

C'est enfin un moment toujours émouvant pour des milliers de parents.

N'oublions pas non plus que l'enseignement à Villeneuve­ d'Ascq, c'est aussi 5 collèges, 2 lycées, des universités, des écoles et donc des dizaines de milliers d'élèves et d'étudiants.

 

 

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J.-M. V.: En juin, un premier débat 3 eu lieu sur la deuxième piscine, quand les Villeneuvois pourront-ils en voir les plans?

G.C. : En juin, le Conseil munici­pal a décidé une piscine publique à dominante loisirs implantée au nord de la ville sur le Sart.

Début octobre, le Conseil aura à se prononcer sur le modèle précis et le calendrier des travaux.

 

J.M. V. : Y aura-t-il d'autres grands dossiers à ouvrir à la rentrée?

 

G.C. : Nous continuerons à faire avancer les grands dossiers en cours: l'amélioration des équipe­ments et de leur fonctionnement, la garde des jeunes enfants, la Technopole. Des efforts supplé­mentaires seront faits dans le domaine de l'environnement et de l'écologie au quotidien. Des luttes de plus en plus vitales contre toutes les formes de misère, l'intolérance et la petite délinquance seront accentuées.

Vous le voyez, dans un contexte économique et social de plus en plus difficile, il y a "du pain sur la planche".

 

LA TECHNOPOLE: UNE AFFAIRE QUI MARCHE

 

J.M.V.: Vous avez salué l'arrivée de Bonduelle à Villeneuve-d'Ascq. Cette installation marque-t-elle une nou­velle étape pour la Technopole?

 

G.C. : L'arrivée de Bonduelle est une bonne opération pour la ville et la région. L'aménagement en un temps record des locaux qui l'accueillent provisoirement est une très bonne chose pour la Tech­nopole, puisque dans quelques mois, les bâtiments serviront de "couveuse d'entreprises et de pro­jets" en provenance des laboratoi­res de recherche.

La Technopole à Villeneuve­ d'Ascq, c'est "une affaire qui mar­che" et qui va bientôt s'élargir à:l'autres communes qui, après le département, souhaitent y adhérer.

Le mouvement est maintenant bien lancé il faut l'alimenter quotidien­nement.

 

PARLER VRAI

 

J.M. V. : Certaines réalisations sont populaires, d'autres le sont beaucoup moins, c'est le cas du camp de noma­des installé derrière V2.

 

G.C.: Je dirais simplement 2 cho­ses:

- La loi fait obligation aux com­munes d'accueillir les nomades. Si elle n'a pas d'aire aménagée, la police ne peut donc empêcher le stationnement "sauvage".

- L'existence d'une aire aména­gée coûtera finalement moins cher sur tous les plans que le stationne­ment sauvage, d'autant plus que nous avons obtenu des subventions de l'État et la participation d'autres communes.

L'aménagement d'une telle aire est donc bien, tous comptes faits, la moins mauvaise solution à un difficile problème.

 

J.-M. V.: Au fait, avez-vous reçu votre feuille d'impôts? Là encore, ce n'est pas un élément susceptible d'amélio­rer la popularité d'une municipalité.

G.C. : Oui, j'ai reçu ma feuille d'impôts, en augmentation de 4% compte tenu des hausses votées par la CUDL et la Région ainsi que l'actualisation des bases fixée par l'administration.

La ville n'a pas modifié ses taux de taxation malgré l'augmentation des services rendus à tous.

L'effort demandé est modeste au regard des services demandés par les habitants et rendus (environ 50 à 60 F pour la part communale pour une habitation moyenne).

il n'en reste pas moins vrai que pour chacun, c'est une lourde somme à débourser en une seule fois, un mois après la rentrée sco­laire quand par ailleurs le pouvoir d'achat diminue. Sans compter tous ceux qui n'ont pratiquement plus de revenus.

Une réforme s'impose qui devrait en particulier prévoir au minimum un étalement.

 

UN CONTEXTE SOCIAL DIFFICILE

 

J.-M. V.: Les désengagements succes­sifs de l'État ne vont-ils pas faire repo­ser sur les communes de nouvelles charges?

G.C.: C'est certain. Et c'est le cas dans tous les domaines: de l'ensei­gnement au sport, en passant par le secteur associatif ou l'action sociale.

On ne peut baisser l'impôt d'État, en particulier des plus riches, sans réduire des dépenses qui vont peser sur la vie sociale.

Mais cette politique que je juge négative conduit aussi à réduire les prestations sociales, l'APL et autres ressources des plus modes­tes.

Tout cela va peser très, très lourd sur notre budget social et toucher très durement les catégories moyennes.

La vie est de plus en plus difficile pour de plus en plus de gens.

 

DE VRAIS DÉBATS SUR LES VRAIS PROBLÈMES

 

J.-M. V.: Cet été l'extrême droite n'est pas restée inactive, n'y a-t-il pas, là aussi, lieu d'être inquiet?

G.C.: C'est grave... très grave. De la fraction la plus dure de la droite dite classique, à l'extrême droite affichée jusqu'aux groupuscules néo-nazis, il y a un fond commun fait d'intolérance, d'analyses sim­plistes et de réponses brutales.

Si certains sont fiers de leurs "char­ters" ou "trains" d'étrangers ren­voyés brutalement, que dire d'ins­criptions que l'on commence à revoir du type "X au four !" J'en ai même vu à Villeneuve-d'Ascq.

Oui c'est grave. Je suis inquiet et j'en appelle une nouvelle fois à la raison ainsi qu'à l'union la plus large pour défendre les valeurs de la République que sont la Liberté, l'Égalité et la Fraternité.

 

J.-M. V.: Et dans les autres partis, les déclarations n'ont pas toujours été très heureuses. L'échéance présiden­tielle poussant les uns et les autres à la surenchère perpétuelle, est-ce la meilleure façon de préparer la pro­chaine campagne électorale?

 

G.C. : Reconnaissez que c'est un peu la même chose dans tous les partis démocratiques.

C'est malheureusement "La loi du genre". Moi-même, souvent je m'y perds un peu et je comprends l'expectative de nos concitoyens sinon leur perplexité. Ce que je souhaite, c'est que viennent vite de vrais débats sur les vrais problè­mes que sont: le chômage, la misère, les inégalités, l'intolé­rance, la formation des jeunes, l'avenir économique, les condi­tions de la Paix.

C'est sur ces terrains là qu'à mon modeste niveau, j'interviendrai dans les prochains mois.

La période qui s'ouvre s'annonce importante, riche et dense. Nous serons vite au creux des problèmes et nous aurons une rentrée "en pente raide".

 

Propos de Gérard Caudron

recueillis le 28 août. 


 

 

 

      

"Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour bien travailler ensemble au service de tous!"