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N° 37 - septembre 1988

 

 

 

"CONTINUONS TOUS ENSEMBLE L'AVENTURE VILLENEUVOISE"

 

A six mois des municipales, Gérard Caudron expli­que l'enjeu des élections cantonales à Villeneuve-d'ascq. Il dit aussi son souhait de donner à la ville son plein rayonnement culturel et sportif, d'y déve­lopper les loisirs adultes, de préserver la nature dans la zone du Héron tout en la rendant accessi­ble à un plus grand nombre.

Son envie, enfin et surtout de poursuivre l'aventure Villeneuvoise, d'aller plus loin encore avec tous ceux qui sont prêts à s'y associer.

 

L'ÉTÉ VILLENEUVOIS

 

P.Y.F. Même si le soleil a parfais fait défaut, l'été vil­leneuvois a été chaud: le meeting d'athlétisme, le "contre la montre" du tour de France, le concert des Pink Floyd... Vous devez être satisfait du succès popu­laire remporté par ces événements. Souhaitez-vous accueillir (voire organiser) de plus en plus de manifesta­tions de loisirs de cette envergure?

 

Gérard Caudron: Nous avons en effet réussi cet été, une série de manifestations assez fantastiques par leur ampleur et leur diversité. C'est à la fois le résultat d'un travail de longue haleine et la réalisation de vieux rêves. Bien sûr nous avons l'intention de continuer! Nous saisirons toutes les opportunités qui se présenteront et même nous les susciterons. Nous en avons maintenant les moyens et surtout l'envie.

l'envie de créer pour les Villeneuvois et les habitants de la métropole de grands événements estivaux. l'envie de donner à notre ville son plein rayonnement culturel et sportif.

l'envie d'utiliser au mieux nos sites, nos équipements, notre environnement. l'envie de faire vivre et de vivre... tout simplement.

 

CONSTRUIRE UNE VÉRITABLE BASE NAUTIQUE

 

P. Y. F. : Le lac du Héron reste propriété de la Commu­nauté urbaine. Mais la ville va en devenir locataire. Qu'est-­ce que cela va changer?

 

G.C. : La location du lac, volonté municipale, est la consé­quence directe des travaux qui seront réalisés à notre demande pour consolider les berges. Elle donnera enfin à la ville le droit de gérer directement le lac et son envi­ronnement immédiat.

Il était temps!

Mais vous imaginez bien que les démarches furent lon­gues pour transformer ce < chantier inachevé », qu'est encore juridiquement le lac, en la pièce maîtresse d'une vaste zone de nature que j'ai voulue il y a huit ans.

Ce statut juridique nouveau va permettre dans les pro­chaines années de mieux coordonner les activités exis­tantes, d'en développer de nouvelles dans ce même esprit, de construire une véritable base nautique bien inté­grée au site.

 

P.Y.F. : Les rives du lac auraient pu être loties. L'une de vos fiertés c'est d'avoir pu y empêcher des construc­tions, d'avoir su préserver toute une vaste zone de nature.

 

G.C. : Il est bon de le rappeler! Si la municipalité élue en 77 et moi-même n'avions pas été là, le quartier du Héron aurait été construit et des pieds d'immeubles bai­gneraient dans le lac. Oui c'est vrai, j'en suis fier car ce ne fut pas facile de transformer près de cent hectares de terres à bâtir en zone de nature. On imagine facile­ment« les masses financières» en cause... et donc les pressions de toutes natures auxquelles j'ai résisté.

 

LA ZONE DE NATURE DU HÉRON: CONCILIER QUALITÉ ET OUVERTURE AU PUBLIC

 

P. Y. F. : Des expériences loisirs se développent dans cette zone de nature. D'autres s'y ajouteront demain.

Mais  vont elles s'insérer dans une politique plus globale d'animation qui reste à préci­ser pour cette zone?

G.C. : La zone de nature du Héron s'inscrit dans une double continuité: celle du parc urbain Saint-Jean à forte fréquentation et celle du parc de la vallée de la Marque pour lequel je milite depuis longtemps, pour tous les 3_oureux de randonnée, de nature, de sports et même d'efforts. Les grandes lignes de cette zone existent, avec la ferme du Héron, la ferme Petitprez, le pavillon de chasse, le verger conservatoire, la colline des Marchenelles, les activités nautiques, la faune et la flore préservées, la clinique d'oiseaux, les exploitations agricoles conservées- . .

Un parc archéologique commence près de la Halle de Canteleu. Un jardin de plantes médicinales et bien d'autres idées sont en projet.

Mon objectif: concilier la qualité et l'ouver­ture au public. Une volonté: préserver la nature pour tous. Une démarche: la faire découvrir au plus grand nombre de gens sous tous ses aspects et par une gestion rigoureuse.

Dès la rentrée, nous accentuerons l'effort do coordination de tous les partenaires concernés pour assurer d'ici à cinq ans (où tout sera en place) l'objectif, la volonté et la démarche.

r out cela supposera de nouveaux investis­sements municipaux importants qui com­pléteront tous ceux déjà réalisés. Ceci dans le cadre de projets réfléchis et discutés col­lectivement.

Bel exemple de ce que j'appelle depuis dix ans« l'écologie au quotidien », cette aven­ture du Héron continuera avec tous ceux qui le souhaiteront.

La zone de nature du Héron constituera dans le parc de la Marque un joyau dont la métropole sera fière.

 

UNE CAMPAGNE DE CONTACT ET DE TERRAIN

 

P.Y.F. : Vous voilà à nouveau candidat aux élections cantonales. Quel type de campa­gne entendez-vous mener, sachant que vous disposez de peu de temps?

G.C. Je suis en effet candidat au renouvel­lement de mon mandat de Conseiller géné­ral et cette campagne même courte est importante. Pour un homme politique en démocratie, la confrontation au suffrage universel est le moyen de vérifier la cohé­rence de son action et de ses idées avec les aspirations des gens.

C'est pourquoi ma campagne sera une campagne de contact et de terrain pour ren­contrer un maximum de Villeneuvois.

On me verra bien sûr dans les manifesta­tions municipales et associatives. Mais est-­ce bien surprenant? Je n'en manque prati­quement jamais depuis douze ans. Je ne suis pas de ceux qu'on ne voit dans les manifestations que durant les campagnes électorales. Ai-je besoin de donner des noms? On me verra aussi dans des réu­nions publiques de Campagne, sur les pla­ces, marchés... Je participerai même à des rencontres chez des Villeneuvois qui m'auront invité avec des voisins, connais­sances, amis. Il y aura aussi des documents écrits, des affiches, des lettres. Je peux vous dire qu'en septembre, je ne vais pas chômer!

 

 

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OUVERTURE: ALLER PLUS LOIN ET PLUS HAUT

 

P.Y.F. : Qu'est-ce au juste pour vous que cette « société civile» vers qui vous souhai­tez vous tourner pour pratiquer l'ouverture sur le plan municipal?

 

G.C. Je souhaite un conseil municipal dans son ensemble le plus représentatif possi­ble de la ville, dans toutes ses dimensions. Et si je menais une liste, je la souhaiterais la plus large possible. Associant un maximum de représentants des forces du mouve­ment et de la solidarité, sans oublier bien sûr, ceux et celles qui ont constitué les« noyaux durs) des combats de ces douze dernières années.

Il ne devrait pas y avoir d'opposition entre la« société civile» et la « société politique ». L'homme ou la femme engagé(e) en politique n'est-il(elle) pas censé(e) représenter la société civile?

En 77 et en 83 nous n'y avons pas si mal réussi.

En 89 il faudrait faire mieux encore. Mais aussi ouvrir largement toutes les structures décisionnelles municipales et para municipales à tous ceux et celles qui veulent parti­ciper à la « chose publique ».

Je crois honnêtement qu'une des premières raisons de la réussite de Villeneuve-d'Ascq depuis 12 ans est d'avoir associé la« société civile» (sans en utiliser le terme qui n'existait pas), c'est-à-dire tous les Villeneuvois à la construction de leur ville.

D'ici à 95, pour aller plus loin et plus haut, il faudrait encore accentuer cette pratique.

 

 

LE RENOUVEAU DU NORD AU SEIN DE L'EUROPE

 

P.Y.F. : Vous participez à l'action du Conseil Général depuis six ans. Qu'est-ce qui vous donne l'envie d'y travailler encore?

G.C. : La défense de dossiers Villeneuvois importants: les murs anti-bruit, le passage sous la voie ferrée et la liaison rue du Huit­ Mai/rue Bouderiez, la prévention spéciali­sée de la délinquance, l'aide sociale tou­jours plus adaptée aux cas individuels, la place de la technopole dans le Nord...

Mais aussi l'œuvre énorme entreprise pour assurer le renouveau du Nord à la veille de l'ouverture européenne.

Nous avons sur tous ces plans bien travaillé mais il reste beaucoup à faire. Et je suis prêt à y apporter encore ma contribution et mon énergie.

P.Y.F. : Y a t il une tâche au Conseil Géné­rai qui vous tenterait plus particulièrement?

 

G.C. : Beaucoup de choses dans la vie et au Conseil Général m'intéressent. La pour­suite bien sûr de la mise en œuvre du schéma départemental des équipements et services d'action sociale, que j'ai contribué à élaborer depuis que je suis vice-­président.

Mais aussi tout ce qui tourne autour du développement économique, des commu­nications, de l'Europe.

Et puis bien d'autres dossiers...

 

« PRÉLUDE» AUX MUNICIPALES

 

P. Y. F. : L'opposition municipale s'est choi­sie un nouveau leader. Vous avez salué ce dernier avec «courtoisie»..­

G.C. La droite Villeneuvoise « classique» en est à son sixième leader depuis ma pre­mière élection en 76. Je souhaite au der­nier plus de durée et de persévérance qu'à ses prédécesseurs.

Cela dit dans la campagne, il y aura d'autres candidats qui s'opposeront à mon action avec plus ou moins de virulence. Ce sont les Villeneuvois qui diront le 25 septembre quels sont le ou les leaders. Ils auront pour cela des bilans et des constats pour hier, des projets et des idées pour demain.

 

 

DES LOISIRS AUSSI POUR LES ADULTES

 

P.Y.F. : Voici la deuxième piscine en construction. Mais n'est-il pas prévu d'autres équipements de loisirs autour?

G.C. : Le centre nautique' du Sart est lancé. C'est à ce jour notre plus gros investissement municipal jamais engagé. : Ce sera aussi un moyen de rééquilibrage' de la ville, au nord. Nous souhaitons maintenant autour de cette piscine, des équipements d'accueil, de loisirs, de sport, de restauration, un hôtel... Et pour­quoi pas un bowling, quelques nouveaux tennis...

Des études et négociations sont en cours. J'ai bon espoir qu'elles aboutis­sent et pour certaines d'entre elles qu'elles se concrétisent dès 89.

J'ai en effet l'envie de voir de dévelop­per sur la ville davantage de loisirs pour les adultes.

Nous avons réussi ceux des enfants et des jeunes.

Ces activités pour adultes qui viendraient compléter les acticités sportives s'impo­seront de plus en plus. En particulier pour ceux qui viennent à Villeneuve-d'Ascq pour des périodes courtes ou intermitten­tes. A notre ville, il faut un accompagne­ment "loisirs" à la hauteur de sa dimen­sion technopole.

 

P.Y.F. : Les cantonales à Villeneuve-d'Ascq seront« un avant jeu, des municipales, ici plus qu'ailleurs encore...

G.C. : Une élection est toujours importante. Et je m'y prépare chaque fois avec beau­coup de soin. L'élection cantonale compte en elle-même pour l'avenir de la politique suivie par le Conseil Général. Elle importe encore dans la mesure où elle donnera sur Villeneuve-d'Ascq des rapports de forces politiques qui conditionneront largement l'élaboration des listes aux municipales.

Je souhaiterais personnellement pour pos­tuler à un nouveau mandat municipal avoir les moyens de coller toujours davantage à la réalité de la ville et de ses forces pour mieux les mobiliser encore. Les élections cantonales seront un élément important de ma décision ultérieure.

 

Propos recueillis auprès

de Gérard Caudron, maire,

vice-président du Conseil Général,

le 19 août 1988.