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Paroles de Maire

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1989

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N° 46 - juin 1989

 

                                                                                                                                                      

           A L'OMBRE DES JARDINS EN FLEURS...

Le carnaval, le cortège en mai... Les fêtes au Château en juin... Et déjà la ville qui fleure bon l'été.

 

P. Y.F: Monsieur le maire, il fait beau, il fait chaud. Les filles sont jolies, la ville est belle, la ville est verte. Quel­les rêveries vous inspire la Villeneuve estivale?

 

Gérard Caudron: "Je suis toujours sensible aux char­mes de ma ville, de sa verdure et de ses couleurs. Mais il est vrai que le soleil la rend plus belle encore. J'aime encore plus m'y promener, flâner, m'attarder. Le parc urbain est un lieu magnifique de convivialité et la zone de nature peut nous rendre poètes.

J'aime aussi les terrasses de café qui commencent à fleu­rir un peu partout. J'en voudrais davantage encore.

Avec le soleil, le printemps et l'été, comme beaucoup, je me sens différent. Et malgré les soucis, les difficul­tés, les problèmes de tous ordres, j'ai envie de dire: la vie est belle!

 

NOTABLE A LA RÉSIDENCE

 

P. Y.F.: Notable... Vous l'avez été au moins un diman­che après-midi. Costumé avec jabot et haut chapeau, pour participer au cortège historique de la Résidence.

Qu'est-ce que l'on ressent de se glisser dans l'habit d'un notable de 1789?       

 

G.C.: Si le terme de notable a pris aujourd'hui un caractère un peu péjoratif, que je ne pense pas mériter, à l'épo­que, ce n'était pas le cas.

J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à défiler un après-midi avec les habitants de la Résidence, costumés par centaines. Ce fut une magnifique journée, conçue, préparée, animée par toutes les forces vives d'un quartier, qui a su se prendre en charge, depuis quelques années. Quel meilleur symbole pour y fêter la Révolution! Je veux dire d'ailleurs, que je suis globalement très satisfait de la manière collective dont auront été conçues et animées toutes les fêtes commémoratives du bicentenaire, à Villeneuve-d'Ascq.

 

"JE RÊVAIS DE CARNAVALS..."

 

P. Y.F.: Vous avez usé vos semelles au premier carnaval de Villeneuve-d'Ascq.

Je ne vous demanderai pas si vous avez bien digéré tous les confettis que vous avez avalés. Mais plutôt si vous  vous êtes bien amusé.

G.C.: Il y a longtemps que je rêvais de carnavals naissant dans les quartiers et se rassemblant ensuite dam la journée en un même lieu. Je crois que cette année a montré, à la Cousinerie, après des défilés au Breucq au Triolo et à Annappes, que c'était l'avenir.

P.Y.F.: A terme, n '.est-ce pas la mort des carnavals de quartier?

G.C.: Entre les initiatives, les défilés dans les Quartiers et un carnaval à l'échelle de Villeneuve il n'y a pas là, d'incompatibilité.

. Bien au contraire. Mais complémentarité et addition des énergies.

Notre ville, elle-même, ne s'est-elle pas faite ainsi?

 

FOLKLORE...

 

P. Y.F.: Sauriez-vous chanter le refrain et le premier couplet de la Car­magnole?

 

G.C.: Je ne m'y risquerais pas...

 

P. Y.F. : On vous a qualifié de "fort des halles ", de "bulldozer", de "labou­reur", avec "un tempérament bouil­lant", "colérique", "pugnace", "un mauvais caractère ", ou encore avec "une mine réjouie d'un homme aimant la vie"...

Au fait, quelle image avez-vous de vous?

Décrivez-vous…

 

G.C.: L'image, tout simplement, d'un homme qui aime la vie pour lui-même et pour les autres. Et qui donc essaie, à son niveau et avec ses moyens, de tout faire pour que chacun puisse mieux réaliser la sienne.

Tout le reste... n'est que folklore...

 

 

DE GRANDS RENDEZ-VOUS SPORTIFS

 

P. Y.F.: Le stadium s'apprête à accueillir une nouvelle fois le meeting d'athlétisme B.N.P. D'autres grands rendez-vous sportifs sont également à son affiche d'ici à la fin de l'année.

Et si la ville n'en est pas l'organisatrice, elle est par­tante pour les coproduire.

Mais il s'agit là, d'initiatives ponctuelles, venues de l'extérieur.

Pourquoi ne pas imaginer, et promouvoir aussi des manifestations sportives d'envergure, qui auraient cette fois, pour instigateur, le milieu sportif villeneu­vois lui-même?

 

G.C.: C'est justement un de nos objectifs. Mais il est conditionné par la réussite préalable de l'enjeu sportif que j'ai souvent rappelé.

Nous n'y sommes pas encore prêts.

Il ne faut rien précipiter pour ne pas gâcher l'idée.

A la fois pour conforter les carnavals de quartier, et pour créer un grand événement à la taille de notre ville.

 

LE CHATEAU DE FLERS: UNE IMAGE NOUVELLE DE LA VILLE

 

P. Y.F.: Le château de Flers, rénové, retrouve une nouvelle vie.

En ce mois de juin, il offre son cadre à des spectacles… Mais ensuite, quelle sera sa vocation?

 

G.C..: Je suis heureux de voir que notre château de Flers reprend vie.

Nous avons mis, pour cela, beaucoup de temps, de passion, et... d'argent.

Et ce n'est pas terminé.

Sa vocation sera multiple:

Lieu culturel, lieu historique, lieu de rencon­tres et de colloques, lieu de prestige et de tourisme.

Image nouvelle de la ville, dans sa dimen­sion internationale et d'accueil.

Point de rencontre aussi et de travail autour de l'Europe. Mais le château sera aussi, et surtout, ce qu'en feront ses utilisateurs et tous ceux qui lui redonneront vie.

 

POUR ALLER DU BREUCQ AU CENTRE VILLE DES "TAXIS COLLECTIFS"

 

P. Y.F.: On va plus facilement du Breucq au centre de Lille qu'à l'Hôtel de Ville de Villeneuve-d'Ascq, par les transports en Commun.

Les liaisons interurbaines sont de fait plus évidentes que les liaisons, au sein même de la ville. Il y a là une anomalie.

Faute de pouvoir corriger localement cette anomalie, ne pourrait-on pas mettre en cir­culation des navettes (gratuites ou bon mar­ché) pour mieux communiquer entre les quartiers Villeneuvois?

 

G.C. : Les transports en commun sont par­tout un difficile problème, avec une dimen­sion financière importante. Si on multiplie les lignes et les fréquences, on creuse les déficits.

Si on les réduit, on perd encore plus d'utili­sateurs. Et le service public peut friser la disparition. C'est la "quadrature du cercle". A mon avis, la solution, qui ne peut être que communautaire, puisque la compétence "transports" appartient à la C. U. D. L., passe par une diversification des modes de transport.

Non seulement il rie faut pas en supprimer - et donc garder le mongy - Mais il fau­dra concevoir des sortes de "taxis collec­tifs" gérés au niveau des appels, des cir­cuits, et des lignes, à la demande; grâce à la télématique et à l'informatique.

C'est le seul moyen de rendre un service public, là où la demande quantitative est fai­ble et irrégulière.

 

DES PLACARDS... AUX DÉFIS

 

P. Y.F.: Vous recevez Anne Sinclair chez vous pour "Questions à domi­cile". Est-ce que vous la laisseriez ouvrir vos placards et regarder vos étagères?

 

G.C.: Mes placards, sûrement pas !... A cause d'un certain mais sympathique désordre.

Mais mes vitrines, oui. Elles sont rem­plies de souvenirs, de photos, d'objets divers et insolites, qui pour moi ont une signification. Ils sont, pour la plupart, liés à des événements qui ont égrené ma vie jusqu'ici.

 

P. Y.F.: Quels défis aimeriez-vous relever?

 

G.C.: Sur le plan humain, rester dispo­nible et ouvert vis à vis de tous! Rester un homme public et actif, tout en ayant une vie privée de qualité. Sur un plan plus général, concourir à faire de notre métropole, une vraie capitale, régionale, européenne. Je ne sais, à ce jour, de ces trois défis, quel est celui qui est le plus "fou"...

 

 

 

LES VACANCES...

 

P. Y.F.: Pour préparer les enfants à l'Europe de demain, la ville cherche-t-elle à organi­ser, du moins subventionner, davantage de séjours de vacances à l'étranger?

G.C.: Nous organisons ou aidons déjà beaucoup de séjours de jeunes et d'enfants à l'étranger.

Nous allons accentuer cette évolution qui est indispensable pour que les jeunes se sentent davantage européens et donc, que l'Europe, en gestation, soit vraiment demain l'Europe des gens. Alors pourquoi pas dans les prochaines années des classes vertes dans d'autres pays de la C.E.E. ?

P. Y.F. : Elles seront comment, les vacan­ces du député européen?

P.Y.F.: Député européen, si je suis élu ou pas... mes vacances seront certainement courtes mais reposantes. Avec une bonne dose de dépaysement.

Je sens que j'en ai besoin.

 

 

Propos recueillis par

Pierre- Yves Flament auprès

de Gérard Caudron.

Le 30 mai 1989.