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A L'OMBRE DES JARDINS EN
FLEURS...
Le carnaval, le
cortège en mai... Les fêtes au Château en juin... Et déjà la ville qui
fleure bon l'été.
P. Y.F: Monsieur le maire, il fait beau, il fait chaud. Les filles
sont jolies, la ville est belle, la ville est verte. Quelles rêveries
vous inspire la Villeneuve estivale?
Gérard Caudron: "Je suis toujours sensible aux charmes de ma ville, de
sa verdure et de ses couleurs. Mais il est vrai que le soleil la rend
plus belle encore. J'aime encore plus m'y promener, flâner, m'attarder.
Le parc urbain est un lieu magnifique de convivialité et la zone de
nature peut nous rendre poètes.
J'aime aussi les terrasses de café qui commencent à fleurir un peu
partout. J'en voudrais davantage encore.
Avec le soleil, le printemps et l'été, comme beaucoup, je me sens
différent. Et malgré les soucis, les difficultés, les problèmes de tous
ordres, j'ai envie de dire: la vie est belle!
NOTABLE A LA RÉSIDENCE
P. Y.F.: Notable... Vous l'avez été au moins un dimanche
après-midi. Costumé avec jabot et haut chapeau, pour participer au
cortège historique de la Résidence.
Qu'est-ce que l'on ressent de se glisser dans l'habit d'un notable
de 1789?
G.C.: Si le terme de notable a pris aujourd'hui un caractère un peu
péjoratif, que je ne pense pas mériter, à l'époque, ce n'était pas le
cas.
J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à défiler un après-midi avec les
habitants de la Résidence, costumés par centaines. Ce fut une magnifique
journée, conçue, préparée, animée par toutes les forces vives d'un
quartier, qui a su se prendre en charge, depuis quelques années. Quel
meilleur symbole pour y fêter la Révolution! Je veux dire d'ailleurs,
que je suis globalement très satisfait de la manière collective dont
auront été conçues et animées toutes les fêtes commémoratives du
bicentenaire, à Villeneuve-d'Ascq.
"JE RÊVAIS DE CARNAVALS..."
P.
Y.F.: Vous avez usé vos semelles au premier carnaval de
Villeneuve-d'Ascq.
Je ne
vous demanderai pas si vous avez bien digéré tous les confettis que vous
avez avalés. Mais plutôt si vous vous êtes bien amusé.
G.C.: Il y a longtemps que je rêvais de carnavals naissant dans les
quartiers et se rassemblant ensuite dam la journée en un même lieu. Je
crois que cette année a montré, à la Cousinerie, après des défilés au
Breucq au Triolo et à Annappes, que c'était l'avenir.
P.Y.F.: A terme, n '.est-ce pas la mort des carnavals de quartier?
G.C.: Entre les initiatives, les défilés dans les Quartiers et un
carnaval à l'échelle de Villeneuve il n'y a pas là, d'incompatibilité.
. Bien au contraire. Mais complémentarité et addition des énergies.
Notre ville, elle-même, ne s'est-elle pas faite ainsi?
FOLKLORE...
P. Y.F.: Sauriez-vous chanter le refrain et le premier couplet de
la Carmagnole?
G.C.: Je ne m'y risquerais pas...
P. Y.F. : On vous a qualifié de "fort des halles ",
de "bulldozer", de "laboureur", avec "un tempérament bouillant",
"colérique", "pugnace", "un mauvais caractère ", ou encore avec
"une mine réjouie d'un homme aimant la vie"...
Au fait, quelle image avez-vous de vous?
Décrivez-vous…
G.C.: L'image, tout simplement, d'un homme qui aime la vie pour lui-même
et pour les autres. Et qui donc essaie, à son niveau et avec ses moyens,
de tout faire pour que chacun puisse mieux réaliser la sienne.
Tout le reste... n'est que folklore...
DE GRANDS RENDEZ-VOUS SPORTIFS
P.
Y.F.: Le stadium s'apprête à accueillir une nouvelle fois le meeting
d'athlétisme B.N.P. D'autres grands rendez-vous sportifs sont également
à son affiche d'ici à la fin de l'année.
Et si
la ville n'en est pas l'organisatrice, elle est partante pour les
coproduire.
Mais
il s'agit là, d'initiatives ponctuelles, venues de l'extérieur.
Pourquoi ne pas imaginer, et promouvoir aussi des manifestations
sportives d'envergure, qui auraient cette fois, pour instigateur, le
milieu sportif villeneuvois lui-même?
G.C.: C'est justement un de nos objectifs. Mais il est conditionné par
la réussite préalable de l'enjeu sportif que j'ai souvent rappelé.
Nous n'y
sommes pas encore prêts.
Il ne faut
rien précipiter pour ne pas gâcher l'idée.
A la fois pour conforter les carnavals de quartier, et pour créer un
grand événement à la taille de notre ville.
LE CHATEAU DE FLERS: UNE IMAGE NOUVELLE
DE LA VILLE
P.
Y.F.: Le château de Flers, rénové, retrouve une nouvelle vie.
En ce
mois de juin, il offre son cadre à des spectacles… Mais ensuite, quelle
sera sa vocation?
G.C..: Je
suis heureux de voir que notre château de Flers reprend vie.
Nous avons
mis, pour cela, beaucoup de temps, de passion, et... d'argent.
Et ce n'est
pas terminé.
Sa vocation
sera multiple:
Lieu
culturel, lieu historique, lieu de rencontres et de colloques, lieu de
prestige et de tourisme.
Image
nouvelle de la ville, dans sa dimension internationale et d'accueil.
Point de rencontre aussi et de travail autour de l'Europe. Mais le
château sera aussi, et surtout, ce qu'en feront ses utilisateurs et tous
ceux qui lui redonneront vie.
POUR ALLER DU
BREUCQ AU
CENTRE VILLE DES
"TAXIS COLLECTIFS"
P. Y.F.: On va plus facilement du Breucq au centre de Lille qu'à
l'Hôtel de Ville de Villeneuve-d'Ascq, par les transports en Commun.
Les liaisons interurbaines sont de fait plus évidentes que les
liaisons, au sein même de la ville. Il y a là une anomalie.
Faute de pouvoir corriger localement cette anomalie, ne
pourrait-on pas mettre en circulation des navettes (gratuites ou bon
marché) pour mieux communiquer entre les quartiers Villeneuvois?
G.C. : Les transports en commun sont partout un difficile problème,
avec une dimension financière importante. Si on multiplie les lignes et
les fréquences, on creuse les déficits.
Si on les réduit, on perd encore plus d'utilisateurs. Et le service
public peut friser la disparition. C'est la "quadrature du cercle". A
mon avis, la solution, qui ne peut être que communautaire, puisque la
compétence "transports" appartient à la C. U. D. L., passe par une
diversification des modes de transport.
Non seulement il rie faut pas en supprimer - et donc garder le mongy -
Mais il faudra concevoir des sortes de "taxis collectifs" gérés au
niveau des appels, des circuits, et des lignes, à la demande; grâce à
la télématique et à l'informatique.
C'est le seul moyen de rendre un service public, là où la demande
quantitative est faible et irrégulière.
DES PLACARDS... AUX DÉFIS
P. Y.F.: Vous recevez Anne Sinclair chez vous pour "Questions à
domicile". Est-ce que vous la laisseriez ouvrir vos placards et
regarder vos étagères?
G.C.: Mes placards, sûrement pas !... A cause d'un certain mais
sympathique désordre.
Mais mes vitrines, oui. Elles sont remplies de souvenirs, de photos,
d'objets divers et insolites, qui pour moi ont une signification. Ils
sont, pour la plupart, liés à des événements qui ont égrené ma vie
jusqu'ici.
P. Y.F.: Quels défis aimeriez-vous relever?
G.C.: Sur le plan humain, rester disponible et ouvert vis à vis de
tous! Rester un homme public et actif, tout en ayant une vie privée de
qualité. Sur un plan plus général, concourir à faire de notre métropole,
une vraie capitale, régionale, européenne. Je ne sais, à ce jour, de ces
trois défis, quel est celui qui est le plus "fou"...
LES VACANCES...
P. Y.F.: Pour préparer les enfants à l'Europe de demain, la ville
cherche-t-elle à organiser, du moins subventionner, davantage de
séjours de vacances à l'étranger?
G.C.: Nous organisons ou aidons déjà beaucoup de séjours de jeunes et
d'enfants à l'étranger.
Nous allons accentuer cette évolution qui est indispensable pour que les
jeunes se sentent davantage européens et donc, que l'Europe, en
gestation, soit vraiment demain l'Europe des gens. Alors pourquoi pas
dans les prochaines années des classes vertes dans d'autres pays de la
C.E.E. ?
P. Y.F. : Elles seront comment, les vacances du député
européen?
P.Y.F.: Député européen, si je suis élu ou pas... mes vacances seront
certainement courtes mais reposantes. Avec une bonne dose de
dépaysement.
Je sens que j'en ai besoin.
Propos recueillis par
Pierre-
Yves Flament auprès
de Gérard Caudron.
Le 30 mai 1989. |