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N° 52 - février 1990

 

 

VILLENEUVE D'ASCQ LA PERFORMANCE!

 

P. Y.F. : La ville lance en mars une campagne nationale de promotion sur le thème: "ils performent à Villeneuve d'Ascq". Quel est l'esprit de cette campagne ? Ses objectifs? Les moyens mis en œuvre?

Gérard Caudron: Nous avons en effet décidé de concentrer cette année, sur trois mois, les moyens publicitaires que la ville avait consacrés en encarts divers pour tout 1989. Nous faisons cette campagne avec une agence de publicité, mais en essayant d'y associer l'ensemble des forces actives de la ville.

Notre volonté est de rappe­ler qu'à Villeneuve d'Ascq, chacun, quel que soit le domaine, peut performer et doit performer, Il s'agit donc, d'une part de dire la philoso­phie de la ville, celle-là même qui a fait sa réussite, et d'autre part de projeter cette philosophie dans l'avenir, pour nous donner un nou­veau souffle.

La ville crée le cadre, insuffle l'esprit, organise les services et les moyens d'accompa­gnement; les Villeneuvois agissent, performent et gagnent.

C'est vrai dans la vie associa­tive, dans la vie culturelle, dans la vie éducative, dans la vie économique.

Il s'agit pour nous, à travers cette campagne, de redon­ner aux Villeneuvois l'envie de gagner et d'attirer de nouvelles activités et de nou­velles performances,

C'est aussi le moyen de don­ner une dimension nouvelle à la ville, de l'ouvrir davantage à l'Europe.

De contribuer au développe­ment de notre Métropole. De créer de nouvelles riches­ses, pour la communauté urbaine et pour notre ville.

Cela, afin de pouvoir aussi mieux répondre aux besoins de la vie quotidienne, d'aug­menter les services publics sans augmenter les impôts, d'améliorer le cadre de vie, de faire plus pour les jeunes, de faire davantage pour les exclus,

Cette campagne s'inscrit donc franchement dans une campagne de promotion du Nord, pour créer de nouvelles richesses à redistribuer dans un esprit d'efficacité et de soli­darité.

Je pense que tous les Villeneu­vois y adhéreront.

Je le souhaite, car cette philo­sophie a toujours été à la base de notre réussite.

 

A VILLENEUVE D'ASCQ UN_ PERSONNEL LUI AUSSI PERFORMANT

 

P. Y.F. : Lors de la cérémonie d'échanges de vœux entre la municipalité et le personnel Communal, vous n'avez pas été avare en compliments envers votre personnel...

G.C. : J'ai en effet répété que le personnel communal de Vil­leneuve d'Ascq était large­ment compétent et très sou­vent efficace.

C'est aussi grâce à lui, qu'à Villeneuve d'Ascq on per­forme !

C'est lui qui gère le cadre, l environnement, les services, l'urbanisme, etc.

J'ai aussi rappelé que je sou­haitais un desserrage et une réforme du statut des person­nels communaux, afin de développer la performance, en permettant de la récom­penser.

 

LE DÉSENGAGEMENT DE L'ÉTAT

 

P.Y.F. : À l'occasion du rejet par le conseil régional du bud­get présenté par son vice-­président, Bernard Frimat, on a beaucoup parlé du désen­gagement de l'État. Qu'en pensez-vous?

 

G.C. : Il est vrai qu'au niveau régional, le transfert des lycées de l'Etat à la Région, s'est avéré une charge extréme­ment lourde.

Il est vrai que l'État a toujours tendance, quelle que soit sa couleur politique, à se désen­gager financièrement, sur les collectivités locales qui ont parfois tendance à accepter facilement des charges nou­velles pour avoir de nouveaux pouvoirs.

Personnellement, je suis tou­jours très réservé et prudent. Cela dit, pour en revenir à la Région, il faut essayer de débloquer rapidement une situation qui serait suicidaire.

 

P.Y.F. : Oui, mais comment?

 

G.C.: le vice-président chargé du budget devra sûre­ment revoir sa copie.

Mais surtout les communistes et la Droite devraient faire preuve de plus de responsa­bilité.

On ne peut en permanence demander plus de dépenses et moins d'impôts.

L'exécutif régional devrait être plus uni sur des objectifs forts. Car ses divisions apparentes renforcent les oppositions.

De toutes les façons, la Région ne peut se passer de budget.

 

AVOIR VINGT ANS 1970-1990

 

P.Y.F. : La ville fête ses vingt ans fin février. Vingt ans c'est peu certes au regard de l'His­toire. Mais c'est quand même déjà toute une histoire dense. Il s'en est tout de même passé des événements d'impor­tance tandis que Villeneuve d'Ascq se construisait, gran­dissait…

 

C.G.: J'y vois une grande aventure collective où les talents individuels ont su se combiner en une grande ambition collective, pour faire une grande ville que beau­coup aujourd'hui nous envient, et qui sera un des prin­cipaux atouts du renouveau à venir de notre région, dans l'Europe.

                                                     

 

VILLENEUVE D'ASCQ "UN ÉLÉMENT DE LIAISON" AU SEIN DE LA MÉTROPOLE

 

P. Y.F. : Dans la Métropole, si équilibre il y a à trouver entre les quatre grandes villes, de quel côté doit pencher Ville­neuve d'Ascq, quelle carte doit-elle jouer?

 

G.C. : Ce que peut apporter ô la Métropole, Villeneuve d'Ascq, c'est sa jeunesse, son dynamisme, sa technologie... En terme d'équilibre de la Métropole, Villeneuve d'Ascq n'a pas à pencher ou du côté de Lille ou du côté de Roubaix­ Tourcoing. La ville peut au contraire être un élément de liai­son entre Lille d'une part et Roubaix Tourcoing d'autre part, éviter ainsi leur tête-à-tête qui serait mortel du moins pour l'un des deux.

 

 

Propos recueillis par

Pierre-Yves Flament, auprès

de Gérard Caudron, maire,

député européen.

Le 2 février 1990