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N° 53 - mars 1990

 

 

LIGNE 2 DU MÉTRO:

ALLER AU PLUS VITE ET AU MOINS CHER

Le tracé de la ligne 2 du métro, la préparation du budget 90 de la ville, la révision du P.O.S., la finition du quartier de l'Hôtel de Ville, le parc d'activités de la Haute Borne... Gérard Caudron s'exprime sur ces dossiers d'actualité.

 

ENTRE MONS ET ROUBAIX: DEUX SOLUTIONS POSSIBLES

 

P.Y.F.: Pour la ligne 2 du métro, celle qui doit relier Lille à Roubaix- Tourcoing, via Mons-en-Barœul, les techni­ciens ont imaginé deux variantes possibles pour son tracé. L'une prévoyant le passage du métro par le cen­tre de Wasquehal, l'autre par le Breucq. Laquelle a votre préférence?

 

Gérard Caudron: Les élus de la Communauté Urbaine ont pris la décision de relier par le métro d'un côté Lille à Mons-en-Barœul, de l'autre côté Tourcoing à Roubaix. Çà, c'est acquis. Reste à relier ces deux tronçons et donc d'assurer la liaison entre Mons-en-Barœul et Roubaix. Tous les élus sont bien tombés d'accord pour dire que cette liaison devra se faire le plus vite possible.

De fait, deux options leur sont proposées. Toutes les deux prévoient le passage de la ligne 2 par le Sart, avec le garage atelier au Sart, à hauteur du golf.

Mais l'une de ces options fait passer la ligne par le Breucq, l'autre par le centre de Wasquehal. Il est évident qu'en tant que maire de Villeneuve d'Ascq, je préfère le passage par le Breucq, avec une station de métro dans ce quartier.

 

LE GARAGE-ATELIER AU SART

 

Mais outre cette considération, si l'on veut joindre le plus vite possible le Haut de Roubaix à Mons-en-Barœul et à moindres frais, la solution est bien de passer par Croix et le Breucq. Toute autre solution créerait des surcoûts et allongerait le chemin. Personnellement, j'ai accepté de mettre des terrains au Sart à disposition, pour qu'y soit construit le garage atelier du métro, alors que j'y avals d'autres projets. Une précision enfin: de toutes les façons, le Breucq continuera d'être desservi par le tramway puisque celui-ci est maintenu et sera même rénové.

 

BUDGET 90: TENIR LES PROMESSES, TOUT EN RESSERRANT LES BOULONS

 

P.Y.F.: Qu'est-ce qui a guidé la préparation du budget 1990 de la ville?

 

G.C. : Nous nous sommes fixés un objectif: le maintien des taux communaux. Donc pas d'augmentation. C'est dans ce contexte que se prépare le budget. Il s'agit pour nous dès lors de tenir nos promesses et nos engagements, d'améliorer les services, d'assurer l'avenir économique de la ville avec une rigueur accrue de notre gestion. Ce qui suppose que nous resserrions tous les boulons. Le nouvel adjoint aux Finances, M. Vandeputte a reçu ainsi mission de revoir chaque poste budgétaire dans le détail, afin d'éviter toutes les dérives financières.

 

P.Y.F.: Il y aura de gros morceaux en investissement ?

 

G.C.: Il nous faut assumer déjà l'année 89 alourdie par la construction et l'ouverture du centre nau­tique de Babylone. Pour cette année, il est prévu une ouverture de crédits pour la reconstruction de l'école Pierre et Marie Curie (dont la première tranche devrait être lancée). Sont aussi inscrits la dernière tran­che du château de Flers, des travaux sur la Haute Borne, à la M.A.C.C., l'agrandis­sement de la cuisine centrale Corneille, des travaux à la piscine du Triolo, à la ferme Dupire, à la toiture de l'église Saint­Sébastien, l'aménagement d'espaces publics et d'aires de jeux...

 

 

SONDAGE

 

P.Y.F.: Le sondage sur les raisons de l'abstention des Villeneuvois aux derniè­res élections cantonales partielles est terminé. Ses résultats sont en cours de dépouillement et d'analyse. En avez­-vous des nouvelles?

 

G.C.: En l'état actuel de nos informa­tions, il n'y a pas de très grosses sur­prises.

Mais il apparaît très clairement que ce gros pourcentage d'abstention n'est pas une sanction de la politique gouverne­mentale et encore moins une sanction de la politique municipale.

 

LA RÉVISION DU P.O.S.: LE TOILETTAGE D'UNE TECHNOPOLE VERTE

 

P.V.F. Le Plan d'Occupation des Sols est en Cours de révision. Faut-il s'en inquiéter? Y a-t'il, en d'autres termes menaces pour la ville et certains Villeneuvois?

G.C.: La révision du P.O.S. est un acte technique, politique et démocratique:

C'est un très gros dossier qui mobilise nos services et Gisèle Olleville, adjointe délé­guée, qui a engagé des discussions dans les quartiers.

Aucune modification spectaculaire. Il s'agit bien d'un toilettage.

Avec ici et là le désenclavement de certains terrains. Quelques réserves communales seront abandonnées, d'autres créées.

La volonté de la ville d'être une technopole verte continue d'y être défendue. Il n'est nullement question de changer la ville ou de la densifier davantage. Il n'est prévu ni nouvelles infrastructures, ni créations de zones économiques nouvelles, mise à part celle de la Haute Borne.

Sont confortées par contre la zone agricole à l'est de la ville et le parc de la vallée de la Marque.

Les quelques modifications à la marge visent à une meilleure harmonisation avec l'environnement.

Cette révision vise à gérer le présent et assurer l'avenir, en essayant de concilier toujours les intérêts individuels et l'intérêt collectif.

 

LA HAUTE BORNE: "UN POINT INCONTOURNABLE DE L'ACCORD

COMMUNAUTAIRE"

 

P.Y.F.: La Haute Borne, ces quelques 150 hectares qui s'étendent au-delà de la rue Paul Doumer jusqu'à la route de Sainghin et l'autoroute de Tournai est un gros enjeu économique pour la ville. Mais rien n'est encore joué ?..

 

G.C.: L'aménagement d'une ZAC. (Zone d'Aménagement Concerté) à la Haute Borne est un point incontournable de l'accord communautaire. Il ne saurait être question de le voir remis en question.

Il n'y aura pas de Métropole forte sans Villeneuve d'Ascq ou contre Villeneuve d'Ascq.

Et pourtant chez un certain nombre de res­ponsables politiques et économiques, la tentation est forte de ne faire qu'un tête à ­tête Lille d'un côté, Roubaix Tourcoing de l'autre. Alors je le dis clairement: nous pou­vons à Villeneuve d'Ascq nous passer plus facilement d'eux que la Métropole peut se passer de Villeneuve d'Ascq.

 

P.Y.F. : Un parc d'activités économiques à la Haute Borne pourrait-il faire de l'ombre au futur centre d'affaires de Lille ou à Roubaix?

 

G.C.: Ce serait stupide de croire cela. La Haute Borne doit au contraire en être complémentaire. L'arrivée du T.G.V., l'ouverture du tunnel sous la Manche, le développement de notre Métropole supposent des activités nouvelles. Certaines peuvent être accueillies dans le centre d'affai­res de Lille, d'autres par contre ont besoin d'espace et c'est sur la Haute Borne qu'elles pourront en trouver.

P.Y.F.: Qu'est-il prévu à la Haute Borne?

 

G.C.: Nous ne voulons pas en faire qu'un parc d'activités économiques. Aussi y-a-t'­il place pour de grandes entreprises leaders européens, des couveuses d'entreprises, des bureaux, mais aussi pour un peu de commerces, un peu de zones artisanales, un peu d'habitat, un peu d'université, pour des lieux de vie et de loisirs... L'interaction avec l'université devrait y être forte.

                                                                       

 

FINITION DU QUARTIER DE L'HOTEL-DE-VILLE: "J'ATTENDS QU'ON ME SURPRENNE."

 

P. Y.F.: Cinq cabinets d'architectes planchent actuellement sur l'aménagement et la finition du quartier de l'Hôtel de Ville. C'est long. Mais est-ce que ce sera bon pour autant?

 

G.C.: Il s'agit de l'aménagement du Nord du quartier, tout le secteur entre l'Hôtel de Ville, le commissariat et la Rose des Vents ainsi que de la liaison avec le sud par le biais de V2.

Il est sûr que dès que l'on procède par un concours d'architectes, cela prend du temps. Mais c'est pour nous un gros enjeu. Il nous faut bien finir notre centre-ville. Nous avons mis les moyens, fait appel à de grands architectes. J'attends qu'ils me surprennent. Leurs projets feront l'objet de discussions avec la population, sans doute au cours de réunions publiques.

Nous avons demandé aux architectes d'intégrer dans leurs propositions le Centre Régio­nal de Culture Scientifique (avec ou sans géode), quelques lieux d'animations et de restauration, un parking, un hôtel trois étoiles, l'extension de l'Hôtel de Ville...

 

P.Y.F.: Y aura-t-il des parcmètres en centre-ville?

 

G.C.: J'espère que ce sera le plus tard possible. J'ai demandé à ceux qui réfléchissent sur le centre-ville, de prévoir si possible un parking public d'au moins 500 places. Cela dit le câblage pour installer des horodateurs payants existe déjà.

 

 

Propos recueillis par

Pierre- Yves Flament, auprès

de Gérard Caudron, maire

et député européen.

Le 26 février 1990.