LIGNE 2 DU
MÉTRO:
ALLER AU PLUS
VITE ET AU MOINS CHER
Le tracé de la ligne 2 du métro, la préparation du budget 90 de la
ville, la révision du P.O.S., la finition du quartier de l'Hôtel de
Ville, le parc d'activités de la
Haute Borne...
Gérard Caudron s'exprime sur ces dossiers d'actualité.
ENTRE MONS ET ROUBAIX: DEUX
SOLUTIONS POSSIBLES
P.Y.F.: Pour la ligne 2 du métro, celle qui doit relier Lille
à Roubaix- Tourcoing, via Mons-en-Barœul, les techniciens ont
imaginé deux variantes possibles pour son tracé. L'une prévoyant le
passage du métro par le centre de Wasquehal, l'autre par le Breucq.
Laquelle a votre préférence?
Gérard Caudron: Les élus de la Communauté Urbaine ont pris la
décision de relier par le métro d'un côté Lille à Mons-en-Barœul, de
l'autre côté Tourcoing à Roubaix. Çà, c'est acquis. Reste à relier
ces deux tronçons et donc d'assurer la liaison entre Mons-en-Barœul
et Roubaix. Tous les élus sont bien tombés d'accord pour dire que
cette liaison devra se faire le plus vite possible.
De fait, deux options leur sont proposées. Toutes les deux prévoient
le passage de la ligne 2 par le Sart, avec le garage atelier au
Sart, à hauteur du golf.
Mais l'une de ces options fait passer la ligne par le Breucq,
l'autre par le centre de Wasquehal. Il est évident qu'en tant que
maire de Villeneuve d'Ascq, je préfère le passage par le Breucq,
avec une station de métro dans ce quartier.
LE
GARAGE-ATELIER AU SART
Mais outre cette considération, si l'on veut joindre le plus vite
possible le Haut de Roubaix à Mons-en-Barœul et à moindres frais, la
solution est bien de passer par Croix et le Breucq. Toute autre
solution créerait des surcoûts et allongerait le chemin.
Personnellement, j'ai accepté de mettre des terrains au Sart à
disposition, pour qu'y soit construit le garage atelier du métro,
alors que j'y avals d'autres projets. Une précision enfin: de toutes
les façons, le Breucq continuera d'être desservi par le tramway
puisque celui-ci est maintenu et sera même rénové.
BUDGET 90:
TENIR LES PROMESSES, TOUT EN RESSERRANT LES BOULONS
P.Y.F.: Qu'est-ce qui a guidé la préparation du budget 1990 de
la ville?
G.C. : Nous nous sommes fixés un objectif: le maintien des taux
communaux. Donc pas d'augmentation. C'est dans ce contexte que se
prépare le budget. Il s'agit pour nous dès lors de tenir nos
promesses et nos engagements, d'améliorer les services, d'assurer
l'avenir économique de la ville avec une rigueur accrue de notre
gestion. Ce qui suppose que nous resserrions tous les boulons. Le
nouvel adjoint aux Finances, M. Vandeputte a reçu ainsi mission de
revoir chaque poste budgétaire dans le détail, afin d'éviter toutes
les dérives financières.
P.Y.F.: Il y aura de gros morceaux en investissement ?
G.C.: Il nous faut assumer déjà l'année 89 alourdie par la
construction et l'ouverture du centre nautique de Babylone. Pour
cette année, il est prévu une ouverture de crédits pour la
reconstruction de l'école Pierre et Marie Curie (dont la première
tranche devrait être lancée). Sont aussi inscrits la dernière
tranche du château de Flers, des travaux sur la Haute Borne, à la
M.A.C.C., l'agrandissement de la cuisine centrale Corneille, des
travaux à la piscine du Triolo, à la ferme Dupire, à la toiture de
l'église SaintSébastien, l'aménagement d'espaces publics et d'aires
de jeux...
SONDAGE
P.Y.F.: Le sondage sur les raisons de l'abstention des
Villeneuvois aux dernières élections cantonales partielles est
terminé. Ses résultats sont en cours de dépouillement et d'analyse.
En avez-vous des nouvelles?
G.C.: En l'état actuel de nos informations, il n'y a pas de
très grosses surprises.
Mais il apparaît très clairement que ce gros pourcentage
d'abstention n'est pas une sanction de la politique gouvernementale
et encore moins une sanction de la politique municipale.
LA RÉVISION DU P.O.S.: LE
TOILETTAGE D'UNE TECHNOPOLE
VERTE
P.V.F. Le Plan d'Occupation des Sols est en Cours de révision.
Faut-il s'en inquiéter? Y a-t'il, en d'autres termes menaces pour la
ville et certains Villeneuvois?
G.C.: La révision du P.O.S. est un acte technique, politique et
démocratique:
C'est un très gros dossier qui mobilise nos services et Gisèle
Olleville, adjointe déléguée, qui a engagé des discussions dans les
quartiers.
Aucune
modification spectaculaire. Il s'agit bien d'un toilettage.
Avec
ici et là le désenclavement de certains terrains. Quelques réserves
communales seront abandonnées, d'autres créées.
La volonté de la ville d'être une technopole verte continue d'y être
défendue. Il n'est nullement question de changer la ville ou de la
densifier davantage. Il n'est prévu ni nouvelles infrastructures, ni
créations de zones économiques nouvelles, mise à part celle de la
Haute Borne.
Sont confortées par contre la zone agricole à l'est de la ville et
le parc de la vallée de la Marque.
Les quelques modifications à la marge visent à une meilleure
harmonisation avec l'environnement.
Cette révision vise à gérer le présent et assurer l'avenir, en
essayant de concilier toujours les intérêts individuels et l'intérêt
collectif.
LA HAUTE BORNE: "UN POINT
INCONTOURNABLE DE L'ACCORD
COMMUNAUTAIRE"
P.Y.F.: La Haute Borne, ces quelques 150 hectares qui
s'étendent au-delà de la rue Paul Doumer jusqu'à la route de
Sainghin et l'autoroute de Tournai est un gros enjeu économique pour
la ville. Mais rien n'est encore joué ?..
G.C.: L'aménagement d'une ZAC. (Zone d'Aménagement Concerté) à la
Haute Borne est un point incontournable de l'accord communautaire.
Il ne saurait être question de le voir remis en question.
Il n'y aura pas de Métropole forte sans Villeneuve d'Ascq ou contre
Villeneuve d'Ascq.
Et pourtant chez un certain nombre de responsables politiques et
économiques, la tentation est forte de ne faire qu'un tête à tête
Lille d'un côté, Roubaix Tourcoing de l'autre. Alors je le dis
clairement: nous pouvons à Villeneuve d'Ascq nous passer plus
facilement d'eux que la Métropole peut se passer de Villeneuve
d'Ascq.
P.Y.F. : Un parc d'activités économiques à la Haute Borne
pourrait-il faire de l'ombre au futur centre d'affaires de Lille ou
à Roubaix?
G.C.: Ce serait stupide de croire cela. La Haute Borne doit au
contraire en être complémentaire. L'arrivée du T.G.V., l'ouverture
du tunnel sous la Manche, le développement de notre Métropole
supposent des activités nouvelles. Certaines peuvent être
accueillies dans le centre d'affaires de Lille, d'autres par contre
ont besoin d'espace et c'est sur la Haute Borne qu'elles pourront en
trouver.
P.Y.F.: Qu'est-il prévu à la Haute Borne?
G.C.: Nous ne voulons pas en faire qu'un parc d'activités
économiques. Aussi y-a-t'il place pour de grandes entreprises
leaders européens, des couveuses d'entreprises, des bureaux, mais
aussi pour un peu de commerces, un peu de zones artisanales, un peu
d'habitat, un peu d'université, pour des lieux de vie et de
loisirs... L'interaction avec l'université devrait y être forte.
FINITION DU QUARTIER DE
L'HOTEL-DE-VILLE: "J'ATTENDS QU'ON ME SURPRENNE."
P. Y.F.: Cinq cabinets d'architectes planchent actuellement
sur l'aménagement et la finition du quartier de l'Hôtel de Ville.
C'est long. Mais est-ce que ce sera bon pour autant?
G.C.: Il s'agit de l'aménagement du Nord du quartier, tout le
secteur entre l'Hôtel de Ville, le commissariat et la Rose des Vents
ainsi que de la liaison avec le sud par le biais de V2.
Il est sûr que dès que l'on procède par un concours d'architectes,
cela prend du temps. Mais c'est pour nous un gros enjeu. Il nous
faut bien finir notre centre-ville. Nous avons mis les moyens, fait
appel à de grands architectes. J'attends qu'ils me surprennent.
Leurs projets feront l'objet de discussions avec la population, sans
doute au cours de réunions publiques.
Nous avons demandé aux architectes d'intégrer dans leurs
propositions le Centre Régional de Culture Scientifique (avec ou
sans géode), quelques lieux d'animations et de restauration, un
parking, un hôtel trois étoiles, l'extension de l'Hôtel de Ville...
P.Y.F.: Y aura-t-il des parcmètres en centre-ville?
G.C.: J'espère que ce sera le plus tard possible. J'ai demandé à
ceux qui réfléchissent sur le centre-ville, de prévoir si possible
un parking public d'au moins 500 places. Cela dit le câblage pour
installer des horodateurs payants existe déjà.
Propos recueillis par
Pierre- Yves Flament, auprès
de Gérard Caudron, maire
et député européen.
Le
26 février 1990.