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Paroles de Maire

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N° 79 - décembre 1992

 

 

 

Priorité au concret

 

Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel »  Pourquoi avoir utilisé une citation de Jean Jaurès en introduction de votre dernière conférence de presse ?

Cette citation de Jean Jaurès extraite d'un discours à la jeunesse de 1903 s'Inscrit dans une définition à plusieurs facettes du «courage» qui a gardé toute son actualité, Jean Jaurès disant aussi que le « courage», c'est de « chercher la vérité et de la dire», et de «refuser la loi du mensonge triomphant». Beaucoup seraient aujourd'hui bien de faire leurs ces préceptes.

Concernant «l'idéal et le réel», non seulement cette citation est un des fondements de mon engagement philosophique et politique, mais dans la crise à tous les niveaux que nous traversons, elle me semble devoir être la ligne de  conduite sereine et déterminée de tout décideur en privilégiant les réponses concrètes aux problèmes réels sans oublier les projets, l'avenir et donc l'idéal.

Localement, cette philosophie nous conduit à choisir prioritairement les solutions aux problèmes quotidiens des villeneuvois, en recalibrant les grands projets sans pour autant les abandonner.

C'est ce que j'ai illustré concrètement sur Villeneuve d'Ascq après avoir examiné la déclinaison de cette citation au niveau mondial, européen, national et régional.

 

Pour en revenir au réel, là petite délinquance ne cesse de s'accroître à Villeneuve d'Ascq et ailleurs. Que pensez vous des réflexions courantes du style « Que fait la mairie ?».          

 

J'y suis habitué et tous les maires de toutes couleurs politiques, tous confrontés aux mêmes problèmes, entendent les mêmes réflexions de leurs concitoyens.

Ce n'est malheureusement pas si simple.

La délinquance, petite et moyenne, concerne tous pays industriels et toutes les villes.      

C'est aux Etats et gouvernements de prendre les mesures nécessaires en particulier dans le domaine de la répression mais aussi de la prévention!

Pour autant, il appartient aux mairies, et c'est ce que nous faisons à Villeneuve d'Ascq, de réfléchir avec la population et les professionnels aux mesures locales à prendre dans le domaine de leurs compétences.

Ce sont d'abord des mesures physiques dans les quartiers, des travaux d'éclairage public et d'espaces verts, et des modifications d'espaces publics... mais ce sont aussi des politiques contre l'oisiveté, contre les risques d'effets de masse... contre toutes les formes de misères, et en direc­tion des victimes qu'il faut aider et soutenir.

Tous les jours, nous agissons dans ces domaines même s'il est difficile d'en mesurer les résultats.

Par contre, si nous ne le faisions pas, on s'en rendrait compte… et très vite.

 

Pourquoi avez-vous laissé la vice-présidence de la communauté Urbaine de Lille à Robert Vanovermeir ?

.parce que j'ai toujours été hostile à un cumul excessif des pouvoirs et des mandats. Parce que je veux mieux organi­ser mon travail. Parce que, dans l'intérêt de la ville et de la CUDL, il faut répartir mieux le travail. Parce que Robert Vanovermeir est un élu intelligent et compétent.

 

Quand va naître le projet communautaire de la Haute­ Borne ?

Le plus vite possible, j'espère. Ce serait un signe de bonne santé économique de notre métropole.

Il nous faut simplement éviter à la fois le bradage de ces terrains en y faisant n'importe quoi et une hyper sophistication ­lu projet qui le rendrait économiquement non viable.

 

L’exercice est difficile. Il prend du temps. Nous avons pris du retard... ce qui, financièrement et budgétairement, nous crée des problèmes.

 

Quel est le stade d'avancement du projet d'aménagement centre-ville?

Rien n’est à ce jour abandonné... Mais nous étudions des scénarios qui réduisent les coûts et allongent les calendriers.

Il nous faut un centre-ville qui ne soit pas que commercial, même si sa dimension commerciale est importante et inté­ressante…

Dans le même temps, nous ne pouvons pas prendre de risques financiers incompatibles avec les effets actuels de la crise sur nos budgets.

La démarche doit être équilibrée et claire. C'est ce que je propose.

 

Avez-vous trouvé une solution au sujet de la viabilisation des terrains situes sur les anciens sites industriels Rhône-Poulenc?

 

C'est moi-même qui ai sollicité les autorités pour une étude concernant des terrains dont je pressentais l'état grave de pollution.

Ces études l'ont confirmé.

Des propositions ont été faites à Rhône-Poulenc de tra­vaux d'aménagement à réaliser qui ne les a pas acceptées à ce jour.            .

Donc, pour l'instant, rien n'est possible sur ces terrains qui, au demeurant, non utilisés, ne présentent pas de dan­ger.

Mais pour pouvoir les utiliser, des aménagements lourds sont à faire. J'espère que les autorités préfectorales réussiront à contraindre l'entreprise Rhône-Poulenc.