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Efforts et vérités
Gérard
Caudron a présenté le 17 janvier dernier ses vœux aux associations et
corps constitués, représentants de l'éducation et du monde économique.
Une cérémonie traditionnelle pour un
discours à la dimension particulière. Un ton résolument réaliste et
déterminé, un contenu sur la difficulté des temps. La Tribune a choisi
de publier de larges extrait de ses propos, prononcés devant plus de 800
personnes.
Mesdames, Messieurs,
Le monde ne va pas bien, avec des
guerres à l’Est et au Sud, avec du chômage et de la récession, avec une
insécurité qui se généralise, avec des poussées d'intolérance, de
racisme et de violence, avec la crises de nos valeurs, avec la
disparition nombre de nos points de repère.
La crise est là, partout, et pourtant
je ne céderai pas à la sinistrose, à la désespérance, et encore moins à
la démagogie.
Si un responsable, élu ou non, et quel
que soit son niveau, a une utilité, c'est bien d'être là quand cela ne
va pas très bien, de dire son sentiment, et de proposer des pistes de
solutions.
C'est cela être responsable et c'est ce
que j’essaie de faire.
En ces temps difficiles, chacun se doit
d'être réaliste et de dire la vérité.
- dire que les relations Nord-sud ne se
résoudront pas toujours uniquement à coups de canonnières.
- dire qu'à l'Est, dans les anciens
pays communistes, toutes les conditions sont remplies pour provoquer des
conflits généralisés sanglants et durables. .
- dire en conséquence qu'il faut, bien
sûr, négocier et aider, mais aussi intervenir militairement lorsque
toutes les autres solutions ont échoué, sans jamais oublier le coût
élevé en vies humaines d'une telle intervention.
- dire que dans notre Europe, celle de
la CEE, l’heure n'est plus au lyrisme, mais à l'action pour régler les
problèmes quotidiens de nos concitoyens. Et surtout pour relancer une
croissance économique, qui, avec le partage du travail, permettra de
réduire fortement le chômage, ce cancer de nos sociétés développées.
- dire que la France ne peut se
permettre une campagne électorale démagogique, avec de nouveaux
déchirements, et même des règlements de compte…
- dire que dans notre région, notre
département et notre CUDL, il faut faire passer ce qui unit avant ce qui
divise, pour devenir une grande région européenne avec à sa tête une
grande Métropole européenne.
- dire enfin, que Villeneuve d'Ascq,
notre ville, avec ses associations, ses entreprises et ses habitants,
continue à être une grande belle ville, verte, animée, jeune,
humaine...et différente.
Nous aurons tous des efforts à faire.
Et ce ne sera pas facile:
La crise accroît naturellement les
dépenses d'un budget communal et en réduit les recettes.
- nous devons resserrer encore notre
gestion, pour essayer d'équilibrer nos budgets, avec une augmentation la
plus limitée possible et cela malgré nouveaux équipements construits et
services rendus et les mécanismes de solidarité communautaire.
- il nous faudra aussi établir de
nouveaux équilibres de financement de nos services municipaux, avec de
nouvelles clefs de répartition entre le tarif payé et l’impot.
- Nous devons toujours privilégier le
présent, sans sacrifier l'avenir et donc ne rien faire qui puisse nous
mettre en péril, mais ne rien faire qui puisse non plus préjudice au
futur.
- Nous devons exiger au sein de la CUDL
le retour à de vraies solidarités basées sur la réalité des situations
d'aujourd'hui et pas sur des rapports de force, résultats de luttes
politiciennes.
- Nous aurons à tout faire pour réduire
les tensions certaines associations, entre certaines catégories de
population.
- Nous devons être capables d'aider à
résoudre les problèmes des équipements sociaux.
Je suis prêt à toute table ronde
intercommunale voire régionale, sur ce grave dossier des centres
sociaux.
- Le logement dans la ville et sa
gestion figureront, plus que jamais, parmi nos priorités.
Nous y travaillons et travaillerons
avec tous les partenaires.
Enfin nous continuerons à nous appuyer
sur la vie associative, richesse première pour moi d'une cité à
dimension humaine...
Avec les associations en 93, nous
vivrons et nous développerons une ville, que je veux, en 93, performante
humainement, c'est-à-dire proche des gens, attentive et à l'écoute,
solidaire toujours, agréable à vivre... sans jamais oublier de rappeler
à chacun que, s'il a des droits... il a aussi et toujours des devoirs...
...Rappeler, enfin, qu'aucun problème,
aussi grave soit-il, ne se résoud avec des slogans, des invectives ou
des "y'a qu'à"...
Pas une fois, je n'ai parlé de voeux,
et c'est pour moi un choix.
Dans cette période de turbulences pour
tout le monde, plus que des voeux, il faut des volontés individuelles et
collectives.
Je vous ai dit les miennes et je
souhaite, maintenant, qu'à tous les niveaux, vous soyez nombreux à faire
de même.
Je vous ai dit en ce début de discours
que je n'étais ni morose ni désespéré.
La raison en est simple:
C'est dans les crises que les gens
révèlent leurs vraies dimensions.
J'ai donc confiance en beaucoup d'entre
nous.
Voilà le message, les messages que je
voulais vous transmettre ce matin, à l'aube de l'année 1993.
Oui Mesdames et Messieurs,
Mes chers amis,
En vous assurant de ma bonne volonté
d'être avec vous, à vos côtés, pour affronter ces temps difficiles, tout
simplement et pour conclure:
Bonne Année 1993.
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