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Paroles de Maire

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N° 81 - février 1993

 

Efforts et vérités

 

Gérard Caudron a présenté le 17 janvier dernier ses vœux aux associations et corps constitués, représentants de l'éducation et du monde économique.

Une cérémonie traditionnelle pour un discours à la dimension particulière. Un ton résolument réaliste et déterminé, un contenu sur la difficulté des temps. La Tribune a choisi de publier de larges extrait de ses propos, prononcés devant plus de 800 personnes.

 

Mesdames, Messieurs,

Le monde ne va pas bien, avec des guerres à l’Est et au Sud, avec du chômage et de la récession, avec une insécurité qui se généralise, avec des poussées d'intolérance, de racisme et de violence, avec la crises de nos valeurs, avec la disparition nombre de nos points de repère.

La crise est là, partout, et pourtant je ne céderai pas à la sinistrose, à la désespérance, et encore moins à la démagogie.

Si un responsable, élu ou non, et quel que soit son niveau, a une utilité, c'est bien d'être là quand cela ne va pas très bien, de dire son sentiment, et de proposer des pistes de solutions.

C'est cela être responsable et c'est ce que j’essaie de faire.

En ces temps difficiles, chacun se doit d'être réaliste et de dire la vérité.     

- dire que les relations Nord-sud ne se résoudront pas toujours uniquement à coups de canonnières.

- dire qu'à l'Est, dans les anciens pays communistes, toutes les conditions sont remplies pour provoquer des conflits généralisés sanglants et durables. .

- dire en conséquence qu'il faut, bien sûr, négocier et aider, mais aussi intervenir militairement lorsque toutes les autres solutions ont échoué, sans jamais oublier le coût élevé en vies humaines d'une telle intervention.

- dire que dans notre Europe, celle de la CEE, l’heure n'est plus au lyrisme, mais à l'action pour régler les problèmes quotidiens de nos concitoyens. Et surtout pour relancer une croissance économique, qui, avec le partage du travail, permettra de réduire fortement le chômage, ce cancer de nos sociétés développées.

- dire que la France ne peut se permettre une campagne électorale démagogique, avec de nouveaux déchirements, et même des règlements de compte…

- dire que dans notre région, notre département et notre CUDL, il faut faire passer ce qui unit avant ce qui divise, pour devenir une grande région européenne avec à sa tête une grande Métropole européenne.

- dire enfin, que Villeneuve d'Ascq, notre ville, avec ses associations, ses entreprises et ses habitants, continue à être une grande belle ville, verte, animée, jeune, humaine...et différente.

Nous aurons tous des efforts à faire.

Et ce ne sera pas facile:

La crise accroît naturellement les dépenses d'un budget communal et en réduit les recettes.

- nous devons resserrer encore notre gestion, pour essayer d'équilibrer nos budgets, avec une augmentation la plus limitée possible et cela malgré nouveaux équipements construits et services rendus et les mécanismes de solidarité commu­nautaire.

- il nous faudra aussi établir de nouveaux équilibres de financement de nos services municipaux, avec de nouvelles clefs de répartition entre le tarif payé et l’impot.

 

- Nous devons toujours privilégier le présent, sans sacrifier l'avenir et donc ne rien faire qui puisse nous mettre en péril, mais ne rien faire qui puisse non plus préjudice au futur.

- Nous devons exiger au sein de la CUDL le retour à de vraies solidarités basées sur la réalité des situations d'aujourd'hui et pas sur des rapports de force, résultats de luttes politiciennes.

- Nous aurons à tout faire pour réduire les tensions certaines associations, entre certaines catégories de population.

- Nous devons être capables d'aider à résoudre les problèmes des équipements sociaux.

Je suis prêt à toute table ronde intercommunale voire régionale, sur ce grave dossier des centres sociaux.

- Le logement dans la ville et sa gestion figureront, plus que jamais, parmi nos priorités.

Nous y travaillons et travaillerons avec tous les partenaires.

Enfin nous continuerons à nous appuyer sur la vie associative, richesse première pour moi d'une cité à dimension humaine...

Avec les associations en 93, nous vivrons et nous développerons une ville, que je veux, en 93, performante humainement, c'est-à-dire proche des gens, attentive et à l'écoute, solidaire toujours, agréable à vivre... sans jamais oublier de rappeler à chacun que, s'il a des droits... il a aussi et toujours des devoirs...

...Rappeler, enfin, qu'aucun problème, aussi grave soit-il, ne se résoud avec des slogans, des invectives ou des "y'a qu'à"...

Pas une fois, je n'ai parlé de voeux, et c'est pour moi un choix.

Dans cette période de turbulences pour tout le monde, plus que des voeux, il faut des volontés individuelles et collectives.

Je vous ai dit les miennes et je souhaite, maintenant, qu'à tous les niveaux, vous soyez nombreux à faire de même.

Je vous ai dit en ce début de discours que je n'étais ni morose ni désespéré.

La raison en est simple:

C'est dans les crises que les gens révèlent leurs vraies dimensions.

J'ai donc confiance en beaucoup d'entre nous.

Voilà le message, les messages que je voulais vous transmettre ce matin, à l'aube de l'année 1993.

Oui Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

En vous assurant de ma bonne volonté d'être avec vous, à vos côtés, pour affronter ces temps difficiles, tout simplement et pour conclure:

Bonne Année 1993.