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Paroles de Maire

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N° 110 - janvier 1996

 

L'avenir ne dépend pas que de nous...

mais il dépend aussi de nous

 

La première série de réunions de quartier vient de s'achever. Le bilan que vous en tirez est-il proche des objectifs que vous vous étiez fixé en inscrivant cette démarche dans votre programme municipal ?                                                

 

Nous avons en effet tenu dix réunions de quartier sous la responsabilité de l'élu délégué du quartier et en présence de nombreux autres élus et cadres de la mairie.

Le bilan est très positif puisque chaque fois il y a eu entre cinquante et cent cinquante personnes et les questions furent très nombreuses.

C'est donc pour nous un moyen de plus d'assurer un contact toujours plus étroit entre les élus et la population tout en donnant davantage de responsabilités aux élus de quartier.

Il reste maintenant à assurer le suivi de tous les problèmes soulevés et à «garder le rythme» pour les autres réunions qui se dérouleront tous les six mois pendant six ans.

C'est vraiment, je le pense, une avancée majeure dans le domaine de la démocratie locale.

 

Quelle signification donnez-vous à votre récente démission du conseil de la CUDL ?

 

C'est simplement la mise en oeuvre de l’engagement que j'avais pris il y a un an : assurer l'installation du nouveau conseil de CUDL puis céder ma place pour mieux répartir les responsabilités au sein de mon équipe, tout en donnant l'exemple à d'autres élus de la nécessité de limiter le cumul des mandats.        

Je vais donc maintenant travailler avec les délégués villeneuvois, au sein du conseil municipal, pour assurer le développement de notre métropole tout en défendant les intérêts villeneuvois.   

A ma place, je resterai au premier rang du combat communautaire et j'ai donné, au moment de mon départ, quelques pistes de réflexions pour améliorer le fonctionnement de la communauté urbaine, assurer de vraies solidarités, limiter les dérives fiscales.

La période qui s'ouvre ne sera pas facile et je saurai toujours prend toutes mes responsabilités.

 

Le débat d'orientation budgétaire sera mené au conseil municipal le 25 janvier. Pouvez-vous nous en donner les principaux éléments ?

 

L'année sera difficile et le budget aussi.

L'Etat nous étrangle et la crise s'aggrave, ce qui se traduit par une augmentation de nos dépenses en particulier sociales (au sens large du terme) et une diminution de nos recettes.,

Nous continuerons à «serrer notre gestion», à faire des économies… pour continuer à rendre les services publics qu'attendent les Villeneuvois sans trop augmenter les impôts.

Mon objectif est clair: le moins d'augmentation d'impôts possible... tout en demandant à la CUDL, au Département et à la Région de faire de même.

Les temps sont trop durs, quelles que soient les bonnes raisons invoqués, pour imposer aux contribuables des additions fiscales trop élevées !

 

La fin d'année a été marquée par de nombreux mouvements de grèves, Avez-vous été surpris par la mobilisation et la détermination des grévistes ?

 

Surpris ? non.

Les temps sont rudes pour trop de gens, les angoisses de nos concitoyens si profondes, la colère contre les décisions gouvernementales si forte... que cela ne pouvait qu'exploser.

Si on ajoute le gouffre entre les promesses du candidat Chirac et la politique du Président Chirac, le mépris affiché au début des grèves par M. Juppé, le refus de dialogue et les provocations de tous ordres, on ne pouvait qu'aller à l'affrontement.

Ce conflit a coûté très cher à tous et le gouvernement en est seul responsable puisqu'il a dû, lui même, faire marche arrière sur bien des points au bout de trois semaines de blocage.

Cela dit, l'attitude et les déclarations des élus de droite du conseil municipal villeneuvois montrent bien qu'il n'y a pas de hasard à la crise.

Le gouvernement fait une politique pour les plus riches et ses soutiens locaux n'acceptent pas que les salariés, les chômeurs, les titulaires de Contrats emploi solidarité se défendent par les moyens qui sont les leurs, c'est-à-dire la grève et les manifestations.

La crise à Villeneuve d'Ascq, en mairie comme ailleurs, a fait « tomber bien des masques».

 

Quels sont, en ce début d'année, vos espoirs, vos doutes et vos résolutions, en tant que responsable politique et en tant qu'homme ?

Je le répète, l'année sera très difficile et la France est mal, pour ne pas dire pas gouvernée.

Si Ie gouvernement ne fait pas de concessions lors du « sommet social » il est certain qu'une crise encore plus grave éclatera d'ici quelques mois. . Si on ajoute à cela une Europe qui s'enlise malgré les déclarations du sommet européen de Madrid, il n'y a pas lieu d'être très optimiste en ce début 96.

Dans mes permanences au quotidien, je mesure les aggravations de la misère, la profondeur des angoisses et la montée du chômage.

Pour autant, il faut refuser le désespoir, il faut que chacun agisse à son niveau, il faut se battre.

C'est ce que je fais à Villeneuve d'Ascq pour notre région et au niveau européen.

L'avenir ne dépend pas que de nous, mais il dépend aussi de nous.

A chacun de le prendre en mains et de tout faire pour le rendre meilleur!

A chacun aussi d'agir avec humanité, avec simplicité, avec rigueur et avec honnêteté!

Il dépend de nous que la vie publique soit de plus en plus citoyenne avec la participation de tous, dans la transparence et la clarté.

C'est ce que je continuerai à faire.

Tels sont mes engagements pour 96 !

Et je voudrais terminer ce dernier entretien de 95 en souhaitant à tous les Villeneuvois la meilleure année 96 possible, de la santé et du bonheur, de l'amitié et de l'amour, de la convivialité et de l'espoir.

 

Propos recueillis le 20 décembre 1995