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Paroles de Maire

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N° 114 - mai 1996

 

Être uni pour être forts

 

Le 20 avril, vous avez inauguré le tout nouveau marché du centre-ville, Quel rôle attribuez-vous à ce type d'animation dans les différents quartiers de la ville ?

 

J'ai toujours été et nous avons toujours été partisans d’un commerce de proximité vivant au niveau des quartiers et près des citoyens. C’est un élément d'équilibre irremplaçable. Avec les faibles moyens légaux qui sont ceux d'une mairie dans ce domaine, nous avons toujours tout fait pour conserver ces commerces, voire pour les développer. Encore faut-il que les citoyens leur conservent leur confiance et leurs achats ­pour que ces commerçants puissent vivre de leurs activités face à la concurrence des grandes surfaces.     

Parmi les moyens qui aident les commerces de proximité, il y a les marchés de quartier. C'est une société qui gère nos marchés et depuis quelques mois cette société nous a fait des propositions intéressantes de transformation et d'adaptation des marchés existants, ainsi que de créations de nouveaux marchés. Celui du centre-ville, Place Allende en est un qui est cher à notre coeur. Puisse-t-il connaître le succès mérité et se développer.

Nous ferons tout pour cela... encore faut-il, là aussi, que les consommateurs répondent à nos appels. C'est une affaire d'emplois, une affaire de services de proximité et donc somme toute une affaire qualité de vie... pour tous les citoyens...

Autre élément intéressant, ce marché démarre la coopération avec le centre commercial V2 proche. Cela aussi, c'est original et intéressant.

 

Le numéro 1 de «Tapage » sort le 6 mai. Pourquoi avez-vous souhaité apporter un soutien matériel à la création d'un journal d'information pour les jeunes et quelle importance accordez-vous à l'existence de médias spécifiquement destinés à la jeunesse ?

Tout d'abord, je rappelle que la création d'un tel journal figurait dans notre programme qui a été adopté en juin 95 par 67 % des Villeneuvois.

Ensuite, pour moi, c'est un des moyens pour redonner à la jeunesse, si nombreuse dans notre ville, toute la place qui lui revient dans la vie collective. Avec ce journal elle peut s'exprimer, réfléchir, proposer, innover, bousculer certaines idées reçues. Personnellement, je le souhaite car il est important de préparer à tous les niveaux celles et ceux qui seront aux responsabilités dans 10 ou 15 ans. Enfin bien entendu dans une ville où il se passe toujours quelque chose, ou les activités sont si nombreuses et si riches, en particulier en direction des jeunes, il faut une communication et un journal fait par des jeunes… pour les jeunes. Cela dit, j'espère que les moins jeunes aussi liront «Tapage».

Ce serait aussi un moyen de plus pour les adultes de mieux connaître les jeunes... voire de mieux comprendre leurs enfants et leurs adolescents. L'incompréhension est souvent source d'incommunicabilité, elle-même source de conflit et même de violence. Et cela n’est pas bon pour une vie collective. Alors «Tapage», c'est aussi une contribution à une sérénité et à une convivialité inter génération dans nos quartiers.

 

Le 9 mai, pour la Fête de l'Europe, à 14h à l'hôtel de ville. Villeneuve reçoit Elisabeth Guigou, pour une conférence-débat sur l'avenir de la construction européenne: Etes-vous personnellement inquiet de la montée de « l’euro-scepticisme » ?

 

La venue d'Elisabeth Guigou s'inscrit dans les activités d'«Unité 89 pour l’Europe» et pour une citoyenneté européenne pour laquelle je me bats depuis 1989. Mme Guigou sera là à Villeneuve pour informer et pour discuter  avec tous ceux qui le souhaiteront.

Ce sera sans aucun doute un moment important. Il est vrai que l'Europe est en crise faute d'une implication, d'un engagement et d'une adhésion suffisante des opinions publiques européennes, souvent mal informées.

A mon niveau, en tant que député européen, en tant que président d'Unité 89, au moment où s'ouvre à Villeneuve une «Maison du citoyen d'Europe» à deux pas de l'hôtel de ville, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour construire une Europe citoyenne. La venue d'Elisabeth Guigou en est un des éléments.

 

Au conseil municipal, le groupe de droite a voté contre le budget des subventions aux associations, il en appelle à la création de contrats d'objectifs passés avec les associations. Qu'en pensez-vous ?

 

En conseil municipal consacré au budget, les élus de droite ont voté contre tout: contre les investissements, contre les crédits de fonctionnement et contre toutes les subventions. Concernant les associations, ne voulant pas les mettre en difficulté, je leur ai proposé par trois fois des votes séparés sur les subventions qui auraient pu avoir leur accord et sur les autres qu'ils auraient voulu refuser.

Ils ont choisi de voter contre toutes les subventions de toutes les associations, Telle est la vérité! Et personnellement je le regrette.

Quant à l'argument des «contrats d'objectifs», c'est ce que nous faisons depuis deux ans en négociant et en signant des conventions avec les associations avec des objectifs et des engagements des uns et des autres. D'ici deux ans, j'espère que toutes les associations importantes en terme d'engagement financier municipal seront conventionnées. C'est un travail nécessaire mais considérable. La droite devrait le savoir mais je crois que ce n'est pas son seul problème : être contre ce que nous proposons! C'est parfaitement son droit. Cela dit, je le regrette car cela contredit leurs grandes déclarations d'intention...

Et puis, plus grave, en votant contre, ils votent contre des activités,    contre des services, contre des associations.

Au demeurant, on peut se passer d'eux, nous, la majorité, qui croyons en notre ville, en ses forces vives et en notre avenir collectif... et qui y travaillons avec ardeur.

 

Propos recueillis auprès de Gérard Caudron, le 24 avril 1996

 

La réserve du Héron: un héritage pour nos enfants

 

Voulue par la totalité du conseil municipal de Villeneuve d'Ascq, la commune de Forest la CUDL et l'État, ratifiée par  67 % des Villeneuvois en juin 95, la réserve naturelle volontaire agréée du Héron a été enfin décidée par un arrêté du préfet de région en cette fin d'année 95. C'est maintenant un fait et l'observation de ses règles s'impose juridiquement à tous.

Il ne s'agit bien entendu pas d'ennuyer qui que ce soit mais de faire respecter des règles élémentaires pour préserver la qualité du site pour ses amoureux d'aujourd'hui et les  conditions minimales pour qu'il garde cette qualité dans l'avenir.

C'est pour cette raison l'usage des VTT est interdit et que les chiens doivent être tenus en laisse sur ce site... Il y a d'ailleurs pour ces activités bien d'autres endroits dans la ville et autour de la réserve. A chacun donc de respecter ce qui est maintenant la loi... parce que c'est la loi... et parce que c'est un héritage que nous devons laisser à nos enfants!

 

Gérard Caudron, maire