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N° 123 - avril 1997

 

Ne pas laisser retomber le souffle

 

Malgré la décision du comité international olympique de ne pas retenir la candidature lilloise pour les J.O. de 2004, les équipements sportifs prévus pour les jeux doivent-ils être réalisés, et si oui, dans quelle proportion ?

 

Dès l'annonce de la décision du CIO, j'ai déclaré qu'il ne fallait pas laisser retomber le souffle olympique qui a porté la région et Lille-Métropole pendant plusieurs mois.

Pour cela, il faut reprendre quelques grands projets de dimension européenne, dans les domaines culturels et économiques et mobiliser autour d'eux une même énergie. C'est en particulier le cas du projet «Soleil», synchrotron qui pourrait s'installer dans le parc scientifique européen de la Haute-Borne.

Sur le plan sportif, il faudrait créer un grand club omnisport pour notre métropole, regroupant les sections de haut niveau de nos villes et travaillant en étroite association avec tous nos clubs locaux.

La décision de principe prise, il faudrait alors examiner les conditions financières de fonctionnement, associant public et privé.

On pourrait alors reprendre la liste des équipements olympiques et définir un plan de travaux pour assurer à Lille Métropole un haut niveau d'événements sportifs de qualité.

On le voit, le travail ne manque pas... et il ne faut pas perdre de temps.

 

Le budget a été voté le 21 mars dernier, en conseil municipal. Quelles en sont les priorités ?

 

C'est mon vingt-et-unième budget. Claude Vandeputte l'a préparé avec moi et l'administration, et il l'a présenté au soir du 21 avec précision, clarté et le sérieux qui le caractérise.

Ce budget, dans un contexte économique et social difficile, est un bon budget, solide, transparent et efficace.

Sans augmentation d'impôt et au prix d'efforts de gestion considérables, il permet de répondre à nos trois grands objectifs permanents:

- répondre au plus vite et au mieux à tous les problèmes de vie quotidienne des citoyens;

- agir sur le plan social pour toujours plus de solidarité et surtout, pour aider les personnes en difficultés «à s'en sortir» au mieux et au plus vite...

- préparer les conditions d'un avenir, meilleur en créant les cadres d'un développement économique durable et de qualité, de notre ville et de notre métropole.

 

Tapage, le journal des jeunes, fête en avril son premier anniversaire; une nouvelle maison de jeunes a vu le jour à la Résidence; on parle d'un conseil municipal de la jeunesse pour septembre…

Villeneuve d'Ascq joue, de plus en plus, la «carte jeunes ». Est-ce, pour vous et votre équipe, une assurance sur l'avenir ?

 

C'est d'abord la mise en oeuvre d'engagements que j'ai pris au moment des élections municipales.

C'est aussi du bon sens: une société ne survit qu'en pariant sur sa jeunesse. C'est la loi de la vie.

La jeunesse d'aujourd'hui n'est ni meilleure ni pire que celle d'hier, mais pour des raisons multiples et surtout, parmi elles, pour celle de la difficulté à trouver un emploi, elle a beaucoup de mal à trouver sa place dans notre société.

Nous n'avons pas de solution miracle pour l'emploi... mais nous avons au niveau local le devoir d'aider les jeunes à exister, à décider, à se réaliser dans tous les domaines.

Oui c'est une assurance pour l'avenir, pas pour une équipe municipale... mais pour nous TOUS !

C'est autrement plus important et exaltant !

 

Lors du conseil municipal consacré à l'emploi, il y a eu consensus autour de la nécessité de trouver des solutions rapidement. La réduction du temps de travail vous paraît-elle être l'une de ces solutions ?

 

Consensus sans doute pour dire la gravité du chômage et large accord pour dénoncer le sort réservé aux chômeurs! ...

Mais ne nous trompons pas: les solutions pour la croissance et pour la réduction du chômage sont d'abord nationales et européennes avant d'être locales.

C’est a ces niveaux 'lu 'il faudrait un souffle nouveau!

J’ajoute que quand j'entends le Président Chirac comparer les travailleurs de Renault licenciés aux maréchaux-ferrands de sa jeunesse… je mesure le fossé... et je m'inquiète.

Pour autant, localement, il y a un large accord pour rechercher des solutions quotidiennes concrètes pour aider les chômeurs, pour faciliter l'insertion et l'embauche, et pour que tous les acteurs et partenaires concernés travaillent ensemble ces questions.

La réduction du temps de travail est bien sûr, en complément de la croissance, la seule solution pour réduire fortement le chômage.

Elle ne peut cependant se faire que dans un cadre européen, avec des décisions budgétaires concrètes des Etats.

Une mairie ne peut seule agir, sauf à «plomber» gravement  son budget. (Entre 10 et 25 millions de francs pour notre ville si on voulait seul passer à 35 heures ou à 32 heures).

 

Le contournement Est, prévu par le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme, est sujet à polémiques. Le Sdau prévoit en effet la création d'une nouvelle voie rapide reliant Hem à

Lesquin, et traversant le territoire de la commune.

Pouvez-vous nous en dire plus?

 

Le Sdau laisse aux élus concernés la possibilité demain ou après-demain, de le faire... Personnellement, je n'aime pas les voies rapides. Pour autant, la situation sur notre secteur aujourd'hui n'est pas satisfaisante.

Il faudra donc avant toute décision, examiner toutes les solutions possibles.

Enfin, je n'accepterai jamais qu'on casse le parc de la Vallée de la Marque auquel je suis tant attaché.

A chacun maintenant de réfléchir en évitant deux écueils:

- celui qui consiste à dire: tant pis pour ceux qui aujourd'hui sont gênés par trop de circulation - «Ils ont l'habitude». ..

- et celui, «plus facile» encore, qui consiste à «renvoyer son problème chez le voisin».

 

La CUDL est devenue «Lille-Métropole communauté urbaine», Ce changement d'appellation est-il synonyme de changement d'état d'esprit dans le fonctionnement de la communauté urbaine ?

 

Je l'espère!

Et nous le saurons très vite en 1997, en mesurant sa capacité dans tous les domaines à ne pas laisser retomber le souffle olympique.

 

Propos recueillis auprès de Gérard Caudron         

le 22 mars 1997.