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Ne pas laisser retomber le souffle
Malgré
la décision du comité international olympique de ne pas retenir la candidature
lilloise pour les J.O. de 2004, les équipements sportifs prévus pour les jeux
doivent-ils être réalisés, et si oui, dans quelle proportion ?
Dès l'annonce de la décision du CIO, j'ai
déclaré qu'il ne fallait pas laisser retomber le souffle olympique qui a porté
la région et Lille-Métropole pendant plusieurs mois.
Pour cela, il faut reprendre quelques grands
projets de dimension européenne, dans les domaines culturels et économiques et
mobiliser autour d'eux une même énergie. C'est en particulier le cas du projet
«Soleil», synchrotron qui pourrait s'installer dans le parc scientifique
européen de la Haute-Borne.
Sur le plan sportif, il faudrait créer un grand
club omnisport pour notre métropole, regroupant les sections de haut niveau de
nos villes et travaillant en étroite association avec tous nos clubs locaux.
La décision de principe prise, il faudrait alors
examiner les conditions financières de fonctionnement, associant public et
privé.
On pourrait alors reprendre la liste des
équipements olympiques et définir un plan de travaux pour assurer à Lille
Métropole un haut niveau d'événements sportifs de qualité.
On le voit, le travail ne manque pas... et il ne
faut pas perdre de temps.
Le
budget a été voté le 21 mars dernier, en conseil municipal. Quelles en sont les
priorités ?
C'est mon vingt-et-unième budget. Claude
Vandeputte l'a préparé avec moi et l'administration, et il l'a présenté au soir
du 21 avec précision, clarté et le sérieux qui le caractérise.
Ce budget, dans un contexte économique et social difficile, est un bon
budget, solide, transparent et efficace.
Sans augmentation d'impôt et au prix d'efforts
de gestion considérables, il permet de répondre à nos trois grands objectifs
permanents:
- répondre au plus vite et au mieux à tous les
problèmes de vie quotidienne des citoyens;
- agir sur le plan social pour toujours plus de
solidarité et surtout, pour aider les personnes en difficultés «à s'en sortir»
au mieux et au plus vite...
- préparer les conditions d'un avenir, meilleur
en créant les cadres d'un développement économique durable et de qualité, de
notre ville et de notre métropole.
Tapage,
le journal des jeunes, fête en avril son premier anniversaire; une nouvelle
maison de jeunes a vu le jour à la Résidence; on parle d'un conseil municipal de
la jeunesse pour septembre…
Villeneuve d'Ascq joue, de plus en plus, la
«carte jeunes ». Est-ce, pour vous et votre équipe, une assurance sur l'avenir ?
C'est d'abord la mise en oeuvre d'engagements
que j'ai pris au moment des élections municipales.
C'est aussi du bon sens: une société ne survit
qu'en pariant sur sa jeunesse. C'est la loi de la vie.
La jeunesse d'aujourd'hui n'est ni meilleure ni
pire que celle d'hier, mais pour des raisons multiples et surtout, parmi elles,
pour celle de la difficulté à trouver un emploi, elle a beaucoup de mal à
trouver sa place dans notre société.
Nous n'avons pas de solution miracle pour
l'emploi... mais nous avons au niveau local le devoir d'aider les jeunes à
exister, à décider, à se réaliser dans tous les domaines.
Oui c'est une assurance pour l'avenir, pas pour
une équipe municipale... mais pour nous TOUS !
C'est autrement plus important et exaltant !
Lors
du conseil municipal consacré à l'emploi, il y a eu consensus autour de la
nécessité de trouver des solutions rapidement. La réduction du temps de travail
vous paraît-elle être l'une de ces solutions ?
Consensus sans doute pour dire la gravité du
chômage et large accord pour dénoncer le sort réservé aux chômeurs! ...
Mais ne nous trompons pas: les solutions pour la
croissance et pour la réduction du chômage sont d'abord nationales et
européennes avant d'être locales.
C’est a ces niveaux 'lu 'il faudrait un souffle
nouveau!
J’ajoute que quand j'entends le Président Chirac
comparer les travailleurs de Renault licenciés aux maréchaux-ferrands de sa
jeunesse… je mesure le fossé... et je m'inquiète.
Pour autant, localement, il y a un large accord
pour rechercher des solutions quotidiennes concrètes pour aider les chômeurs,
pour faciliter l'insertion et l'embauche, et pour que tous les acteurs et
partenaires concernés travaillent ensemble ces questions.
La réduction du temps de travail est bien sûr,
en complément de la croissance, la seule solution pour réduire fortement le
chômage.
Elle ne peut cependant se faire que dans un
cadre européen, avec des décisions budgétaires concrètes des Etats.
Une mairie ne peut seule agir, sauf à «plomber»
gravement son budget. (Entre 10 et 25 millions de francs pour notre ville si on
voulait seul passer à 35 heures ou à 32 heures).
Le contournement Est, prévu par le
schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme, est sujet à polémiques. Le Sdau
prévoit en effet la création d'une nouvelle voie rapide reliant Hem à
Lesquin, et traversant le territoire de la
commune.
Pouvez-vous nous en dire plus?
Le Sdau laisse aux élus concernés la possibilité
demain ou après-demain, de le faire... Personnellement, je n'aime pas les voies
rapides. Pour autant, la situation sur notre secteur aujourd'hui n'est pas
satisfaisante.
Il faudra donc avant toute décision, examiner
toutes les solutions possibles.
Enfin, je n'accepterai jamais qu'on casse le
parc de la Vallée de la Marque auquel je suis tant attaché.
A chacun maintenant de réfléchir en évitant deux écueils:
- celui qui consiste à dire: tant pis pour ceux qui aujourd'hui sont
gênés par trop de circulation - «Ils ont l'habitude». ..
- et celui, «plus facile» encore, qui consiste à «renvoyer son problème
chez le voisin».
La
CUDL est devenue «Lille-Métropole communauté urbaine», Ce changement
d'appellation est-il synonyme de changement d'état d'esprit dans le
fonctionnement de la communauté urbaine ?
Je l'espère!
Et nous le saurons très vite en 1997, en
mesurant sa capacité dans tous les domaines à ne pas laisser retomber le souffle
olympique.
Propos recueillis auprès de Gérard Caudron
le 22 mars 1997.
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