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Noël :
« un moment qui brille dans les yeux des enfants »
Monsieur le Maire, ou plutôt
en l'occurrence, Monsieur le Député européen, quand le 6 décembre les
Villeneuvois liront cette interview, nous serons à près de 3 semaines de
l'introduction de l'euro, Pouvez-vous nous résumer ce que cela représente pour
vous?
C'est pour moi, sans aucun doute, après la signature du
Traité de Rome il y a 40 ans, l'acte le plus important jamais réalisé dans la
construction européenne.
Le 1er janvier 99, en effet, l'euro sera la monnaie unique
dans 11 des 15 pays de l'Union et donc la monnaie de 291 millions de citoyens
européens.
Ce sera un acte économique et monétaire majeur mais, aussi,
sinon surtout, un acte citoyen sans comparaison possible puisque 291 millions de
citoyens auront une même monnaie, et cela même s'il faudra encore attendre 3 ans
pour avoir des pièces et des billets libellés en euros. D'ici là, les
transactions en euros se feront par virements, chèques et cartes bancaires.
N'en attendez-vous que des
effets positifs ou, au fond de vous-même, n'êtes-vous pas un peu inquiet?
Une monnaie, même européenne, n'est bien sûr qu'un OUTIL et
pas un objectif en soi. Et même si nous avons déjà la preuve qu'elle nous a déjà
largement protégés de la crise mondiale financière actuelle, elle ne suffira pas
à elle seule, à relancer la croissance, à créer des emplois, à réduire les
inégalités et combattre le chômage.
Il faut pour cela des politiques volontaristes de la part
du Conseil des chefs d'états et de gouvernement en matière d'investissement, de
réduction du temps de travail et de politiques sociales. Je les attends... avec
une impatience non dissimulée.
Je ne saurai en effet jamais me satisfaire d'un euro fort,
d'une Europe économiquement riche, s'il y a parallèlement 18 millions de
chômeurs et des millions d'hommes, de femmes, d'enfants dans la misère, le
dénuement et le froid.
L'euro est donc bien pour moi une condition nécessaire mais
sûrement pas une condition suffisante de prospérité et de réussite.
J'ajoute que pendant, 3 ans, il faudra informer les
citoyens et les aider à s’y retrouver et surtout, il nous faudra faire preuve de
vigilance face à tous les «risques arnaques » qui peuvent arriver de partout
C'est la raison de création d’un club « citoyens Euro
partants » (CCEP). Toutes les personnes intéressées peuvent m’y rejoindre.
Vous avez été appelé à siéger au Conseil national de
l'insertion par l’économie présidée par Martine Aubry. Quel rapport avec la
récente loi votée contre l'exclusion ? que comptez vous y faire:
Très simplement. ce que je viens de dire : lutter pour
davantage de justice, combattre l’exclusion, faire en sorte de donner sa chance
à chacun et de ne «laisser personne au bord du chemin », C'est ma philosophie
depuis toujours.
Mon travail, au niveau européen, ne peut et ne saurait être
abstrait et déconnecté de la vie des êtres humains. Ce n'est pas dans mon
tempérament.
Je suis un homme de terrain et si je me bas à Strasbourg et
à Bruxelles dans la grande aventure européenne, c’est pour que tout le monde en
et en particulier les plus fragiles d’où la nécessité de politiques proche des
gens et mon engagement dans tout ce qui touche à l'insertion. C'est sûrement la
raison de ma nomination par Martine Aubry au sein de ce conseil national.
On en arrive par-là aux
Droits de l'Homme. La conclusion de l'opération «100 jours pour les Droits de
l'Homme» interviendra le 10 décembre. Quel bilan tirez-vous de cette
manifestation ?
Un bilan très positif par la richesse et la diversité des
actions engagées mais un bilan qui ne saurait masquer une participation du
«grand public » un peu décevante.
Il faudra rapidement en analyser les causes pour relancer
nos actions dans ce domaine sans attendre le 100ème anniversaire de la
déclaration universelle (sic).
Pour le projet de
synchrotron à la Haute Borne est-il définitivement « enterré »?
J’espère que non. La communauté scientifique régionale et
nationale en a rappelé le besoin et l’intérêt.
Le débat aujourd'hui n'est pas clos et j'attends toujurs la
réponse officielle du Premier ministre, Lionel Jospin. Je viens de lui réécrire
à ce sujet.
La France et l'Europe me semblent avoir besoin de cet outil
scientifique.
La région Nord est bien placée pour qu'il s'y positionne.
La Haute Borne à Villeneuve d'Ascq est le meilleur site
possible.
Alors, nous argumentons à tous les niveaux et attendons la
décision finale.
Noël, Nouvel an... une
période propice aux voeux de toute nature. En tant que Maire, en ce contexte de
malaise de l'ensemble de votre « corporation », quel serait le vôtre pour
exercer vos fonctions dans les meilleures conditions ?
Il est certain que la vie d'un maire est de plus en plus
difficile et qu'à «trop vouloir charger la barque» sur le plan administratif,
sur celui des réglementations, sur celui des responsabilités, sans oublier les
exigences de populations qui attendent souvent beaucoup trop de leur maire en
lui prêtant des pouvoirs qu'il n'a pas, oui, je le dis, à trop vouloir, on
finira par décourager les élus locaux et leurs premiers magistrats.
Le risque existe, il est grand... et il est grave…
Pour autant aujourd'hui, pour retrouver un juste équilibre,
il n'y a pas de solution miracle... mais il faudrait au minimum un statut des
élus et des maires, un peu plus de bon sens dans certaines sphères... et de
compréhension de la part du citoyen.
Et plus personnellement,
Noël, Nouvel an, c'est quoi pour vous en cette année 98 ?
C'est la perspective' d'intenses moments tout simples de
bonheur familial avec mes deux filles, dont l'une attend le Père Noël avec une
impatience non dissimulée.
C'est aussi, je l'espère, la perspective d'un peu de repos
avant un premier semestre 99 particulièrement chargé et important, avec les
élections européennes du 13 juin.
D'ores et déjà, je veux souhaiter aux Villeneuvois le
meilleur Noël possible, le plus chaleureux et le plus heureux possible. un de
ces moments où on essaie d'oublier toutes les petites misères et ennuis de la
vie, un moment de plaisir et de bonheur, un moment plein de lumière et plein
d'odeurs. un moment qui brille dans les yeux des enfants.
Propos recueillis le 25 novembre 1998
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