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Foire 98 : un bon
cru !
Responsables et
militants associatifs, représentants des administrations, des services publics,
du monde de l’enseignement et de la recherche, acteurs du monde économique et
politique… c’est devant quelques 1000 convives, rassemblés à l’espace Concorde
en ce samedi 3 octobre, que Gérard Caudron a tenu son traditionnel discours. La
tribune le publie dans son intégralité.
En relisant mon discours de
l’an passé, placé comme la foire sous le thème de Jules Vernes, ce qui m’avait
conduit à vous proposer un petit voyage au centre même de ce discours en
construction, j’ai eu la tentation de faire de même ce soir avec la Grèce. Le
labyrinthe de Knossos, le Minotaure et le fil d’Ariane. J’ai failli vous
entraîner dans les labyrinthes de la vie publique locale, départementales,
régionale, nationale et européenne. J’ai très vite renoncé, ne voulant pas
prendre le risque de terminer ainsi ma propre vie publique en ce samedi 3
octobre 1998…
J’ai songé à la mythologie,
et me suis amusé un moment à identifier nos responsables, femmes et hommes
d’aujourd’hui, avec les héros et les dieux de la mythologie classique. Mais de
manière réaliste, j’ai craint de me faire beaucoup trop de nouveaux ennemis,
j’ai aussi eu peur de me montrer médiocre et surtout je me suis heurté au risque
périlleux de devoir m’identifier moi-même à une de ces figures mythiques…
Enfin en désespoir de
cause, j’ai tenté une comparaison entre l’an 999 et 1999 mais j’ai très vite
reculé devant le risque d’un discours, certes réaliste, mais sûrement trop
empreint de pessimisme et de noirceur.
Alors tout simplement sur
la table de ma salle à manger, devant ma pile de feuilles blanches et mes
multiples petits papiers griffonnés de notes, de pensées et d’idées, après que
sa mère Odile ait réussi à mettre Mylène au lit en ce vendredi soir, j’ai décidé
de vous préparer un discours très classique en deux parties :
1ère partie –
l’état, un an après des actions et projets annoncés le 4 octobres 1997.
2ème partie –
les perspectives et projets des deux ou trois prochaines années compte tenu de
mes intentions personnelles annoncées par voie de presse le 4 septembre dernier
et reprises dans la Tribune de Villeneuve d’Ascq.
I – Les projets annoncés
et les engagements pris il y a un an
1.1
– Développement économique et
action pour l’emploi.
Le service économique a été
remusclé, le plan pour l’emploi Villeneuvois adopté et mis en œuvre, le club des
entreprises conforté, les emplois jeunes lancé avec, en perspective, près de 100
contrats prévus pour la fin de l’année les associations intéressées aidées pour
en recruter, beaucoup de Contrats Emploi Solidarité municipaux consolidés.
Somme toute, nous avons
tenu nos engagements sauf peut-être dans les services municipaux pour ce qui est
de la transformation des heures supplémentaires en emplois mais, aussi difficile
soit-il je ne renonce pas.
1.2
– information, concertation et
démocratie locale.
Nous avons, dans ce
domaine, continué à diversifier nos modes de contacts et de concertation avec
les citoyens ; les multiples réunions de quartier sont toujours aussi positives
et vivantes et le nombre de Villeneuvois qui me contactent et me rencontrent
directement est toujours en augmentation.
Parallèlement, nos outils
de communications se sont encore améliorés avec, en particulier, un site
Internet qui fait l’admiration des amateurs, sans oublier en matière d’écrit
« Clin d’œil » et « Spor’ama ».
Cette année, le Conseil
permanent de la jeunesse Villeneuvoise a trouvé son rythme de croisière. Il fait
du bon travail sur de nombreux dossiers.
Enfin, dans le domaine de
la vie associative et de son conseil permanent, les résultats ont dépassé toutes
nos espérances. : Mise en place d’un observatoire, plan de formation des
bénévoles et ouverture de ressources.
Nous avons là un bel
exemple d’un projet pensé et mis en œuvre collectivement et qui répond
parfaitement aux besoins des associations.
1.3
– Nos grands projets.
Le parc scientifique
européen de la Haute Borne est prêt à démarrer. Les parcs d’activités plus
classiques se sont étendus. Le Forum des sciences François Mitterrand a trouvé
son équilibre. Les cinémas nouveaux sont en bonne vois. La grande salle de sport
du Pont de Bois est lancée. Les travaux de protection phonique sur l’autoroute
ont repris. Les équipements de quartiers et aires de jeux ont été améliorés et
vont être complétés dans les prochains mois en particulier pour les rollers.
La vie quotidienne, la
propreté de la Ville, son fleurissement, sa sécurité malgré les problèmes réels
qu’ils nous faut chaque jour affronter et essayer de résoudre gardent à
Villeneuve d’Ascq un haut niveau de qualité, ce qui nous vaut, chez les
Villeneuvois, un bon degré de satisfaction.
Reste le projet SOLEIL
espéré encore il y a un an comme un moteur pour notre région mais qui, je le
crains fort, dans les prochains jours, nous apportera la confirmation de
l’existence d’une pensée et d’un discours de mépris pour ces pauvres nordistes,
coupables d’avoir rêvé au dessus de leurs moyens.
Voilà pour le bilan d’une
année dont nous avons lieu d’être collectivement fiers, élus de la majorité que
je remercie et que je félicite pour leur travail, Villeneuvois de toutes
tendances et sensibilités, responsables et militants associatifs, travailleurs,
chefs d’entreprises, formateurs, enseignants, chercheurs, animateurs et
assistants sociaux, membres du personnel communal pour ne citer que els
principaux.
II – en ce qui concerne
l’avenir et les toutes prochaines années
2.1 – j’ai, le 4 septembre
dernier, dit mes intentions : être candidat aux européennes de juin 1999, aller
au bout du mandat municipal 1995-2001 en remplissant tous nos engagements, et
préparer le programme et l’équipe pour le mandat 2001-2007 et si, en l’an 2000,
j’en ai les moyens ainsi que le soutien des Villeneuvois, mener cette équipe
vers une nouvelle victoire. C’est pourquoi dès 1999, j’entends bien tout faire
pour qu’émerge une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui devront faire
l’apprentissage de la vie publique afin de pouvoir ensuite y tenir toute leur
place d’abord avec nous et un jour, plus tard, seuls. C’est pourquoi aussi les
élus villeneuvois avec moi feront tout pour être et rester toujours d’abord et
avant tout des citoyens comme les autres. Ces pourquoi nous devrons continuer à
associer à la marche de la ville, toutes les catégories de population de tous
âges et dans tous les quartiers.
Dans cet esprit, j’entends
expérimenter la consultation sur nos délibérations municipales des instances
existantes dans la ville (OMJC, OMS, Conseil de la Jeunesse, Conseil de la Vie
Associative, etc.) en vue de déboucher peut-être en l’an 2000 sur un Conseil
Economique Social, Sportif et Culturel Villeneuvois, qui pourrait donner son
avis sur les questions soumises au conseil municipal.
C’est pourquoi la vie et le
rôle des associations, resteront l’axe central de notre action collective avec
toujours plus de transparence de responsabilité et de rigueur tout en
souhaitant des efforts de partenariat accrus entre elles pour mieux répondre aux
besoins, aux enjeux et aux défis de demain.
Il est certain que nous ne
pourrons pas leur donner beaucoup plus de moyens. Et c’est pourquoi ces moyens
devront, en conséquence sans doute, être parfois mieux répartis, régulés et
utilisés.
2.2 – C’est pourquoi nous
aurons en 1999 à préparer la ville du 3ème millénaire :
. une ville moins polluée,
donc une ville ou l’automobile aura une place plus modeste avec des solutions
alternatives pour les déplacements et les transports,
. une ville qui
responsabilise toujours davantage chacun de ses citoyens,
. une ville qui intègre
toujours mieux la nature et l’espace,
. une ville qui fait toute
sa place à la jeunesse, sans oublier les moins jeunes et les plus vieux
. une ville où,
collectivement parents en tête, on lutte contre l’aggravation des formes
d’incivilité qui débouchent souvent sur de la délinquance et de la violence. Et
j’ai en cet instant à l’esprit la mort dramatique de Nordine KICHOU un jeune de
QND assassiné à Lille il y a quelques jours, et que ses nombreux amis pleurent,
.une ville qui combat la
xénophobie et le racisme sous toutes ses formes,
.une ville qui enseigne la
tolérance, qui défend et enseigne les Droits de l’Homme, qui lutte contre tous
les fascismes.
C’est pourquoi et enfin,
mais mon propos n’est pas exhaustif, il nous faut accepter que les notions de
service et promotion collectifs » ne soient pas incompatibles avec celles de la
promotion et de réussite individuelle et personnelle.
Il nous faut admettre que
les prélèvements fiscaux nécessaires pour assurer la solidarité et les services
publics ne veuillent pas dire « ajustement automatique » des dépenses souhaitées
ou souhaitables par des impôts supplémentaires.
Il nous faut reconnaître
que les actions et politiques nouvelles ne peuvent plus automatiquement
s’ajouter aux politiques anciennes et aux avantages acquis et ce, quels qu’en
soient leurs prix.
Oui, Mesdames, Messieurs,
derrière ces quelques mots, il y a toute une Révolution en profondeur à mettre
en œuvre pour passer de l’esprit des années 70 à celui des années 2000 sans
renier aucunement nos valeurs fondamentales. Chacun sans doute, à des degrés
variables, sera concerné par ces efforts à faire, mais je le dis avec une
certaine gravité, c’est la condition à remplir pour ne pas passer un jour
brutalement d’une société de « providence » à celle de « la loi de la jungle »
même « relookée » à la sauce libérale. Le débat est ouvert ; je le souhaite
intense et personnellement j’y suis prêt.
J’ai sûrement oublié
beaucoup de choses et, plus grave, beaucoup de gens. Qu’ils veulent bien me le
pardonner. Je les ai associés dans ma reconnaissance collective.
J’avais d’ailleurs moi-même
encore plein d’autres idées et de s quantité de citations à vous distiller.
L’une d’entres elles m’a arrêté dans mon élan : elle est de Zénon d’Elée, un
philosophe grec qui vécut de 490 à 430 avant Jésus Christ. Je cite : « La nature
nous a donné deux oreilles et seulement une langue afin de pouvoir écouter
davantage et parler moins ».
Alors merci de m’avoir
écouté, merci maintenant de me commenter et peut être demain, je l’espère, de
m’aider. Et d’ici là, en attendant, passez tous une très bonne soirée !
Gérard CAUDRON
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