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Tant que
je serai maire…
Monsieur le maire, depuis
quelques semaines, suite à certaines de vos déclarations, on parle beaucoup dans
la ville et ailleurs de votre départ de la mairie de Villeneuve d'Ascq. Certains
s'en émeuvent, d'autres bien sûr s'en réjouissent, d'autres enfin s'y préparent
et, pour quelques-uns, avec un empressement à peine dissimulé. Pouvez-vous, via
«La Tribune», dire aux Villeneuvois ce qu'il en est exactement?
En mars 2001, j'aurai derrière moi un quart de siècle de
vie municipale, dont 24 ans en tant que maire. II me semble donc tout à fait
raisonnable, et dans l'intérêt de tous, de commencer à préparer ma succession.
J'ai d'ailleurs toujours dit que je n'entendais pas finir,
ma vie comme maire de VilIeneuve d'Ascq et, par expérience, je sais que tout élu
doit se méfier du «mandat de trop». Il n'y a donc là rien de bien nouveau, ni
dans mes déclarations de bien original.
Pour autant, cette ville
«vous colle à la peau». Vous y avez passé l’essentiel de votre temps et certains
doutent encore que vous puissiez un jour vous en passer.
Il est vrai que j'aurai consacré à Villeneuve d'Ascq
l'essentiel de ma vie active. J’en connais les moindres recoins, j'ai vu naître
ou renaître la plupart des équipements, j'ai, avec mes équipes successives
depuis 1977. contribué à mettre en place ou à développer la plupart des services
publics.
J'ajoute que je suis fier des forces vives villeneuvoises
qui font notre force et notre rayonnement, même si, chacun le sait, la vie d'un
maire est de plus en plus difficile.
Qu'entendez-vous par là ?
Les dossiers sont de plus en plus complexes et les risques
de tous ordres de plus en plus lourds.
Il y a des citoyens qui n'ont rien et même qui souvent,
n'ont plus aucun espoir. Ils attendent du maire ce qu'il ne peut leur donner. Il
en est d'autres qui sont de plus en plus exigeants et qui considèrent le premier
magistrat comme le bouc émissaire idéal.
Il y a en permanence une inquiétude sourde et, bien
souvent, un peu partout, une violence latente... difficile à supporter...
Il est donc vrai que le maire qui est au confluent de tous
ces besoins, demandes, exigences et réactions, se sent souvent bien isolé et un
peu démuni.
Et je dis que c'est un vrai problème pour l'avenir de nos
démocraties locales.
Pour autant, le mandat de maire est celui auquel un élu
tient le plus... et bien entendu, je n'échappe pas à cette règle...
Alors finalement...
peut-être... vous resterez ? ...
Je n'ai pas dit cela ! Il est de mon devoir pour une ville
qui est «tout pour moi» de préparer ma succession.
Certes, le moment venu, ce sont les Villeneuvois qui
décideront en votant, mais je me dois de contribuer à préparer les équipes de
femmes et d'hommes qui géreront notre belle ville en ce début de 21 ème siècle.
J'ajoute que cela devra se faire dans un esprit de
renouvellement mais aussi de large rassemblement en additionnant les diversités
qui font la richesse de notre ville.
Ces équipes et ces élus de demain devront être et rester
des hommes et des femmes «de terrain» toujours proches des citoyens... de tous
les citoyens.
C'est, en ce qui me concerne, une exigence incontournable!
Alors juin 99, juillet
2000, mars 2001 ?.. ?
Honnêtement aujourd'hui je n'en sais rien.
Tout dépendra de la réalisation des conditions de
transition que je viens de rappeler.
Tout dépendra aussi de ce que je ressentirai de l'opinion
des Villeneuvois.
Tout dépendra enfin de mon énergie et du sentiment que
j'aurai quant au meilleur moyen de continuer à rendre service à mes concitoyens.
Je pense que je serai en mesure d'en dire davantage soit au
soir du banquet des associations, le samedi 2 octobre, soit dans mon discours
des voeux du 16 janvier 2000.
D'ici là, je ne m'exprimerai plus sur la question.
Et pour que les choses soient encore plus claires, je redis
aujourd'hui que tant que je serai maire... je serai maire... .
Propos recueillis le 21 mai 1999
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