1977-2001

Paroles de Maire

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N° 145 - juin 1999

Tant que je serai maire…

 

Monsieur le maire, depuis quelques semaines, suite à certaines de vos déclarations, on parle beaucoup dans la ville et ailleurs de votre départ de la mairie de Villeneuve d'Ascq. Certains s'en émeuvent, d'autres bien sûr s'en réjouissent, d'autres enfin s'y préparent et, pour quelques-uns, avec un empressement à peine dissimulé. Pouvez-vous, via «La Tribune», dire aux Villeneuvois ce qu'il en est exactement?

 

En mars 2001, j'aurai derrière moi un quart de siècle de vie municipale, dont 24 ans en tant que maire. II me semble donc tout à fait raisonnable, et dans l'intérêt de tous, de commencer à préparer ma succession.

J'ai d'ailleurs toujours dit que je n'entendais pas finir, ma vie comme maire de VilIeneuve d'Ascq et, par expérience, je sais que tout élu doit se méfier du «mandat de trop». Il n'y a donc là rien de bien nouveau, ni dans mes déclarations de bien original.

 

Pour autant, cette ville «vous colle à la peau». Vous y avez passé l’essentiel de votre temps et certains doutent encore que vous puissiez un jour vous en passer.

 

Il est vrai que j'aurai consacré à Villeneuve d'Ascq l'essentiel de ma vie active. J’en connais les moindres recoins, j'ai vu naître ou renaître la plupart des équipements,  j'ai, avec mes équipes successives depuis 1977. contribué à mettre en place ou à développer la plupart des services publics.

J'ajoute que je suis fier des forces vives villeneuvoises qui font notre force et notre rayonnement, même si, chacun le sait, la vie d'un maire est de plus en plus difficile.

 

Qu'entendez-vous par là ?

 

Les dossiers sont de plus en plus complexes et les risques de tous ordres de plus en plus lourds.

Il y a des citoyens qui n'ont rien et même qui souvent, n'ont plus aucun espoir. Ils attendent du maire ce qu'il ne peut leur donner. Il en est d'autres qui sont de plus en plus exigeants et qui considèrent le premier magistrat comme  le bouc émissaire idéal.

Il y a en permanence une inquiétude sourde et, bien souvent, un peu partout, une violence latente... difficile à supporter...

Il est donc vrai que le maire qui est au confluent de tous ces besoins, demandes, exigences et réactions, se sent souvent bien isolé et un peu démuni.

Et je dis que c'est un vrai problème pour l'avenir de nos démocraties locales.

Pour autant, le mandat de maire est celui auquel un élu tient le plus... et bien entendu, je n'échappe pas à cette règle...

 

Alors finalement... peut-être... vous resterez ? ...

 

Je n'ai pas dit cela ! Il est de mon devoir pour une ville qui est «tout pour moi» de préparer ma succession.

Certes, le moment venu, ce sont les Villeneuvois qui décideront en votant, mais je me dois de contribuer à préparer les équipes de femmes et d'hommes qui géreront notre belle ville en ce début de 21 ème siècle.

J'ajoute que cela devra se faire dans un esprit de renouvellement mais aussi de large rassemblement en additionnant les diversités qui font la richesse de notre ville.

Ces équipes et ces élus de demain devront être et rester des hommes et des femmes «de terrain» toujours proches des citoyens... de tous les citoyens.

C'est, en ce qui me concerne, une exigence incontournable!

 

Alors juin 99, juillet 2000, mars 2001 ?.. ?

 

Honnêtement aujourd'hui je n'en sais rien.

Tout dépendra de la réalisation des conditions de transition que je viens de rappeler.

Tout dépendra aussi de ce que je ressentirai de l'opinion des Villeneuvois.

Tout dépendra enfin de mon énergie et du sentiment que j'aurai quant au meilleur moyen de continuer à rendre service à mes concitoyens.

Je pense que je serai en mesure d'en dire davantage soit au soir du banquet des associations, le samedi 2 octobre, soit dans mon discours des voeux du 16 janvier 2000.

D'ici là, je ne m'exprimerai plus sur la question.

Et pour que les choses soient encore plus claires, je redis aujourd'hui que tant que je serai maire... je serai maire... .

 

Propos recueillis le 21 mai 1999