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N° 142 - mars 1999

 

 

Respecter les règles de base de toute vie en collectivité

 

Le conseil municipal a débattu du budget de la Ville, qui sera soumis au vote le 26 mars prochain. Pouvez-vous nous donner les priorités, les axes principaux et les répercussions fiscales de ce budget 99 ?

 

En matière budgétaire, notre démarche est toujours la même et elle est basée sur quatre principes :

- respect de nos engagements pris devant les électeurs - mise en oeuvre de notre programme municipal - offre du meilleur service public possible à la population - gestion de nos finances de manière drastique, pour limiter au maximum la pression fiscale.

Du lancement de la salle de sport du Pont de Bois aux nouveaux moyens du SMPS, en passant par le Forum vert, un roller park pour les jeunes et un CO rom de la mémoire villeneuvoise... Il Y en aura pour tous... Sans, bien sûr, oublier la reprise dans le patrimoine communal d'un premier tiers d'écoles maternelles et primaires de l'ex-ville nouvelle, aujourd'hui encore propriétés de la CUDL.

Grâce à une gestion très serrée et très économe, on devrait arriver à un équilibre avec une hausse d'impôt limitée à 1 %

 

En mars, le premier «street park» de la ville ouvre ses portes à Babylone. Les jeunes pourront y pratiquer le roller et le skate. Le projet a été porté avec une équipe d'ados du quartier.

Comment la ville s'est-elle associée à cette démarche et pourquoi?

 

Après avoir vérifié qu'en matière de rollers et de skate il ne s'agissait pas d'une simple «mode», le coût de l'ordre de 400 000 F  n'étant pas négligeable, il nous a semblé intelligent de le «monter» avec ses futurs utilisateurs. C'est un moyen pour éviter certaines erreurs de conception.

C'est aussi pour nous un moyen de sensibiliser les futurs utilisateurs à bien respecter ensuite leur nouvel équipement.

C'est enfin un exemple simple et clair d'apprentissage de la citoyenneté.

Je pense maintenant que cela pourrait servir d'exemple pour d'autres lieux et d'autres équipements dans la ville... en particulier pour les jeunes... mais pas uniquement.

J'espère que son utilisation développera aussi le sport familial, car on sait qu'il n'y a pas d'âge pour le roller et nous voulons par tous les moyens, donner aux jeunes et à leurs parents des occasions d’activités communes.

 

Villeneuve d’Ascq a été mise à l'honneur lors du dernier palmarès de l’Adav (association droit au vélo). De quelle manière la Ville va-t-elle accentuer, dans les années qui viennent, ses efforts en matière de transports non polluants ?

 

. Nous sommes fiers d'avoir été ainsi honorés mais nous avons la faiblesse de penser que c’est mérité, vu les efforts faits pour développer dans la ville la pratique du vélo et de la marche à pied.

Il reste bien du travail à mais nous sommes sur la bonne voie.

L'ouverture en septembre de deux nouvelles stations de métro aux Prés et au Sart, accompagnées d'un nouveau maillage des bus, devraient aussi aller dans le hon sens.

Reste à développer l'utilisation de véhicules non polluants. Sur ce dernier point, nous avons déjà acheté des scooters électriques et nous allons bientôt nous doter de véhicules GPL.

Au demeurant, si la ville se doit de donner l’exemple et d'assurer le cadre, l'essentiel vient et viendra là aussi du comportement de l'ensemble des citoyens.

 

En France, le prix de l'eau varie, selon les villes, de 4,80 F à 33,57 F le m3. A Villeneuve, nous sommes à 18,97 F le m3. Est-il utopique d'envisager qu'un jour, l'eau soit facturée au même prix partout en France ?

 

Utopique, je ne sais pas. Difficile, sans aucun doute, compte-tenu de la diversité des situations.

On pourrait et on devrait néanmoins réduire considérablement l'éventail de ces prix et supprimer les écarts «incompréhensibles», Il faudrait aussi assurer un véritable service public à tous les citoyens, avec un cahier des charges précis et des garanties, pour éviter à l'avenir les abus d'un passé récent.

 

Le 28 janvier, une réunion a rassemblé 250 personnes à la Cousinerie pour évoquer les problèmes de sécurité. Est-ce pour vous l'ébauche d'une mobilisation citoyenne vers d'éventuelles solutions ou l'ultime expression d'un ras-le-bol général?

 

Il faut d'abord rappeler que cette réunion avait été organisée à mon initiative, à celle de la municipalité et des élus du quartier. Son ampleur est pour nous un sujet de satisfaction.

Elle a par ailleurs permis à chacun de s'exprimer, et c'était important.

Beaucoup en avaient vraiment besoin.

A défaut de réel dialogue avec les jeunes du quartier, certains parmis ces derniers ont pu dire aussi ce qu'ils avaient sur le coeur... Il leur a fallu un certain courage!

Des informations ont été données et des engagements ont été pris.

A la Cousinerie comme ailleurs, il faut maintenant que chacun fasse sa part de travail, que ce soit la police, la gendarmerie et la justice, la municipalité, les associations et les éducateurs.. , Mais aussi les parents et l’ensemble des citoyens.

L'incivilité, c'est aussi un problème d'éducation.

Une société en guerre contre sa jeunesse se condamnerait elle-même, Il faut donc réapprendre à vivre ensemble, en respectant nos différences, mais aussi en faisant respecter par tous, jeunes et moins jeunes, les règles de base de toute vie en collectivité. La tâche est ardue, mais elle est vitale!

 

Propos recueillis le 19 février,