Gérard Caudron, chez lui, aime trouver des les livres auxquels il est attaché,
l'inspiration et l'envie d'imaginer l'avenir.
ENTRETIEN
Alors que s'ouvre à peine un nouvel
horizon, nous avons demandé à Gérard Caudron de jeter un dernier regard sur
2009. Un exercice abordé avec franchise et passion, dont nous publions
aujourd'hui la première partie.
PAR LAURENT WATIEZ
villeneuvedascq@lavoixdunord PHOTO LA VOIX
Quel est pour vous l'événement marquant de
2009 ?
« C'est toujours difficile d'isoler un fait.
La signature du permis de construire du Grand Stade, l'ouverture du Heron Parc,
les décisions de LMCU sur la Ville renouvelée, c'est essentiel. Mais l'année
2009 est très importante pour moi, car c'est la première en plein exercice, avec
une directrice générale des services, un organigramme, etc.
Se termine aussi un cycle, celui de mon
prédécesseur, avec ses bons côtés, comme le Heron Parc, et de plus discutables,
comme le lancement du chantier du Grand Stade. »
Comme la qualifiez-vous, cette année 2009
?
« C'est une année de reprise en main, au
cours de laquelle on met en place le « Master Plan », pour la ville de demain,
le nouveau centre-ville, la ville renouvelée. Tout cela sera au coeur du
colloque organisé le 27 février prochain à la Rose des vents, dont le thème sera
: Quelle place pour Villeneuve-d'Ascq, et au-delà, de tout le secteur sud-est,
dans la grande métropole des années 2020-2025 ? Pour moi, 2009, c'est aussi une
série d'événements qui illustrent la remise à plat et le lancement de nouveaux
projets. »
Quel diagnostic posez-vous sur la ville en
ce début 2010 ?
« J'ai toujours dit que Villeneuve-d'Ascq est
une ville fragile, qui a su échapper à une glissade trop grave. Une de mes
inquiétudes, c'était de tomber du mauvais côté. La relation que j'ai avec
Martine Aubry est plus saine que celle de Jean-Michel Stievenard avec Pierre
Mauroy. Je pense avoir réussi à convaincre la communauté urbaine du besoin de
solidarité forte envers Villeneuve-d'Ascq, non pas seulement pour la ville, mais
aussi parce que c'est l'intérêt de la métropole. On a les atouts pour que
Villeneuve-d'Ascq retrouve l'aura et le rayonnement de la ville nouvelle à ses
débuts, son côté « carte d'avenir ».
Et sur le plan financier, quel est le
bilan pour 2009 ?
« D'abord, j'ai trouvé une situation beaucoup
plus grave que je l'imaginais, en particulier avec des dépenses de personnels
qui augmentaient deux à trois fois plus vite que les recettes. Et cela alors que
la population diminuait et que s'opéraient de nombreux transferts de
compétences, vers LMCU notamment. Or les perspectives, en mai 2008, évoquaient
une hausse de 1,5 M E des frais de personnels, soit quatre points d'impôt. Toute
ma tâche a été de recalibrer le montant de cette enveloppe à la taille de la
ville. C'est ce qui nous a permis de voter un budget 2009 sans augmentation
d'impôt et de travailler sur cette base pour 2010. »
Pour vous, une hausse serait un échec ?
« Je ne suis pas un ennemi de l'impôt, je
suis contre une augmentation quand elle n'est pas justifiée par un projet
d'avenir, quand elle sert juste à boucher des trous... »
Pouvez-vous préciser ?
« Prenons l'exemple de l'EHPAD1 du Moulin
d'Ascq. Il a ouvert avant l'élection bien sûr. Mais dans quelles conditions ?
Alors que les travaux n'étaient pas terminés et surtout, alors que les moyens en
personnels n'étaient pas prévus de façon satisfaisante. Ce qui avait permis
d'annoncer un prix à la journée de 50 E. Mais il manquait douze personnes pour
un fonctionnement correct. Pour les recruter, il fallait passer à 60 E ! On ne
peut pas imposer une telle augmentation. Pour lisser cette hausse sur trois ans,
ce qui n'est déjà pas rien, il faut que la ville subventionne à hauteur de 150
000 E par an. Voilà ce qui arrive, à force de vouloir aller trop vite, on perd
la réalité des choses. » •
EHPAD : Etablissement hébergeant des
personnes âgées dépendantes.
Ces choses qui agacent et
angoissent
samedi 02.01.2010, 05:04 - La Voix du Nord
Au bilan 2009 ne peuvent pas s'inscrire que
des notes positives. ...
Interpellé sur ce qui lui laisse un goût
d'inachevé, Gérard Caudron est intarissable.
> Lenteur.
« Tout est toujours trop lent dans la mise en oeuvre
des décisions que l'on prend. C'est angoissant ! Je vais bientôt embaucher un
directeur général des services techniques, un poste que mon prédécesseur avait
supprimé. Une commune c'est d'abord une collectivité gestionnaire d'équipements
bâtis. Et si l'on n'a pas avec soi un bon professionnel, avec une vision
d'ensemble, on prend du retard. Il faut quelqu'un capable de juger des
priorités, d'identifier les freins et de les lever. Je crois qu'on voit le bout
du tunnel. » > Conseils de quartier.
« Autre élément d'insatisfaction en 2009 : le dévoiement de la démocratie
participative. Un conseil de quartier, ça doit être une caisse de résonance, une
source d'idées, ça ne peut pas être une chambre d'appel pour les élections, ni
les précédentes, ni les suivantes. On est en train de détourner une belle idée
et ça me fout les boules, passez-moi l'expression. Certains ne jouent pas le
jeu. On n'a jamais donné autant d'infos, il n'y a pas à avoir de freins
supplémentaires. J'irai début 2010 devant chacun des conseils de quartier pour
l'expliquer. » > Les grincheux.
« En sept ans, la société a changé, et pas en bien. Certains citoyens devraient
s'interroger sur leur manque de capacité à hiérarchiser les problèmes. Que les
poubelles ne soient pas ramassées, c'est gênant, mais ce n'est pas la Troisième
Guerre mondiale. Aujourd'hui, si on ne résout pas un problème en 24 heures,
c'est un drame. Je déplore cette évolution vers l'irresponsabilité. »