• Gérard Caudron : « 2009, une année de reprise en main et une fin de cycle »
    samedi 02.01.2010, 05:04 - La Voix du Nord
    Gérard Caudron, chez lui, aime trouver des les livres auxquels il est attaché, l'inspiration et l'envie d'imaginer l'avenir.
     
  • ENTRETIEN

    Alors que s'ouvre à peine un nouvel horizon, nous avons demandé à Gérard Caudron de jeter un dernier regard sur 2009. Un exercice abordé avec franchise et passion, dont nous publions aujourd'hui la première partie.
    PAR LAURENT WATIEZ
     
    villeneuvedascq@lavoixdunord PHOTO LA VOIX

    Quel est pour vous l'événement marquant de 2009 ?
    « C'est toujours difficile d'isoler un fait. La signature du permis de construire du Grand Stade, l'ouverture du Heron Parc, les décisions de LMCU sur la Ville renouvelée, c'est essentiel. Mais l'année 2009 est très importante pour moi, car c'est la première en plein exercice, avec une directrice générale des services, un organigramme, etc.
    Se termine aussi un cycle, celui de mon prédécesseur, avec ses bons côtés, comme le Heron Parc, et de plus discutables, comme le lancement du chantier du Grand Stade. »

    Comme la qualifiez-vous, cette année 2009 ?  
    « C'est une année de reprise en main, au cours de laquelle on met en place le « Master Plan », pour la ville de demain, le nouveau centre-ville, la ville renouvelée. Tout cela sera au coeur du colloque organisé le 27 février prochain à la Rose des vents, dont le thème sera : Quelle place pour Villeneuve-d'Ascq, et au-delà, de tout le secteur sud-est, dans la grande métropole des années 2020-2025 ? Pour moi, 2009, c'est aussi une série d'événements qui illustrent la remise à plat et le lancement de nouveaux projets. »

    Quel diagnostic posez-vous sur la ville en ce début 2010 ?  
    « J'ai toujours dit que Villeneuve-d'Ascq est une ville fragile, qui a su échapper à une glissade trop grave. Une de mes inquiétudes, c'était de tomber du mauvais côté. La relation que j'ai avec Martine Aubry est plus saine que celle de Jean-Michel Stievenard avec Pierre Mauroy. Je pense avoir réussi à convaincre la communauté urbaine du besoin de solidarité forte envers Villeneuve-d'Ascq, non pas seulement pour la ville, mais aussi parce que c'est l'intérêt de la métropole. On a les atouts pour que Villeneuve-d'Ascq retrouve l'aura et le rayonnement de la ville nouvelle à ses débuts, son côté « carte d'avenir ».

    Et sur le plan financier, quel est le bilan pour 2009 ?  
    « D'abord, j'ai trouvé une situation beaucoup plus grave que je l'imaginais, en particulier avec des dépenses de personnels qui augmentaient deux à trois fois plus vite que les recettes. Et cela alors que la population diminuait et que s'opéraient de nombreux transferts de compétences, vers LMCU notamment. Or les perspectives, en mai 2008, évoquaient une hausse de 1,5 M E des frais de personnels, soit quatre points d'impôt. Toute ma tâche a été de recalibrer le montant de cette enveloppe à la taille de la ville. C'est ce qui nous a permis de voter un budget 2009 sans augmentation d'impôt et de travailler sur cette base pour 2010. »

    Pour vous, une hausse serait un échec ?
    « Je ne suis pas un ennemi de l'impôt, je suis contre une augmentation quand elle n'est pas justifiée par un projet d'avenir, quand elle sert juste à boucher des trous... »

    Pouvez-vous préciser ?  
    « Prenons l'exemple de l'EHPAD1 du Moulin d'Ascq. Il a ouvert avant l'élection bien sûr. Mais dans quelles conditions ? Alors que les travaux n'étaient pas terminés et surtout, alors que les moyens en personnels n'étaient pas prévus de façon satisfaisante. Ce qui avait permis d'annoncer un prix à la journée de 50 E. Mais il manquait douze personnes pour un fonctionnement correct. Pour les recruter, il fallait passer à 60 E ! On ne peut pas imposer une telle augmentation. Pour lisser cette hausse sur trois ans, ce qui n'est déjà pas rien, il faut que la ville subventionne à hauteur de 150 000 E par an. Voilà ce qui arrive, à force de vouloir aller trop vite, on perd la réalité des choses. » •

    EHPAD : Etablissement hébergeant des personnes âgées dépendantes.


     

  • Ces choses qui agacent et angoissent

    samedi 02.01.2010, 05:04 - La Voix du Nord
    Au bilan 2009 ne peuvent pas s'inscrire que des notes positives. ...
    Interpellé sur ce qui lui laisse un goût d'inachevé, Gérard Caudron est intarissable.
     
    > Lenteur. « Tout est toujours trop lent dans la mise en oeuvre des décisions que l'on prend. C'est angoissant ! Je vais bientôt embaucher un directeur général des services techniques, un poste que mon prédécesseur avait supprimé. Une commune c'est d'abord une collectivité gestionnaire d'équipements bâtis. Et si l'on n'a pas avec soi un bon professionnel, avec une vision d'ensemble, on prend du retard. Il faut quelqu'un capable de juger des priorités, d'identifier les freins et de les lever. Je crois qu'on voit le bout du tunnel. » >  Conseils de quartier.  « Autre élément d'insatisfaction en 2009 : le dévoiement de la démocratie participative. Un conseil de quartier, ça doit être une caisse de résonance, une source d'idées, ça ne peut pas être une chambre d'appel pour les élections, ni les précédentes, ni les suivantes. On est en train de détourner une belle idée et ça me fout les boules, passez-moi l'expression. Certains ne jouent pas le jeu. On n'a jamais donné autant d'infos, il n'y a pas à avoir de freins supplémentaires. J'irai début 2010 devant chacun des conseils de quartier pour l'expliquer. » >  Les grincheux.  « En sept ans, la société a changé, et pas en bien. Certains citoyens devraient s'interroger sur leur manque de capacité à hiérarchiser les problèmes. Que les poubelles ne soient pas ramassées, c'est gênant, mais ce n'est pas la Troisième Guerre mondiale. Aujourd'hui, si on ne résout pas un problème en 24 heures, c'est un drame. Je déplore cette évolution vers l'irresponsabilité. »

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    Demain, deuxième volet de l'entretien, consacré à la politique.