Gérard Caudron : « En 2009, on a choisi de sortir de notre cocon » (2/2)

dimanche 03.01.2010, 05:04 - La Voix du Nord

Gérard Caudron et Rassemblement Citoyen ont conclu un accord avec les Verts de Jean-François Caron pour les régionales. Et après?

 

  ON EN PARLE |

Avant la cérémonie des voeux programmée dimanche 10 janvier à 11 h, à l'hôtel de ville, le maire revient sur 2009.

 

Comment s'est porté votre mouvement en 2009 ?

« Les effectifs ont continué à se développer, la reprise par Sylvain Estager s'est très bien passée. Suite à cela, nous avons eu plusieurs mois d'interrogations et de débats que l'on peut résumer ainsi : fallait-il rester centré sur le local, avec le confort que cela implique, ou bien nous ouvrir davantage ? On a choisi de sortir de notre cocon. » Comment cela s'est-il traduit ?

« À la communauté urbaine, nous avons opéré un rapprochement avec Actions et Projets pour la Métropole, le groupe de Rudy Elegeest, maire de Mons-en-Baroeul. Désormais, avant chaque conseil, on se réunit pour préparer la séance. Lors du débat d'orientation budgétaire, le porte-parole s'est exprimé au nom de nos deux groupes, soit 17 élus. La deuxième décision, c'est bien sûr l'alliance avec les Verts pour les régionales. » Quelles sont les conséquences d'un tel accord de partenariat, tout de suite mais aussi à long terme ?

« D'abord, je vais reprendre la présidence de Rassemblement Citoyen pour préparer les échéances futures. Car on ne va pas s'arrêter là ! Pour le conseil général, en 2011, pour les législatives, en 2012 et même pour préparer les municipales de 2014, sans oublier l'élection du conseil de communauté, au suffrage universel direct, il faut déjà réfléchir à notre positionnement. Ce qui m'a le plus blessé, dans les négociations avec le PS, c'est cette attitude de mépris. J'ai dit aux responsables : s'il vous faut un rapport de force, vous l'aurez. Et s'il faut que je l'impose moi-même, en tant que candidat, je le ferai. » Vous êtes souvent laudateur à l'égard de votre équipe municipale, mais avez-vous un successeur ?

« Je ne vais pas commencer à citer des noms parmi tous ceux qui réussissent bien ! Est-ce qu'il y a des potentiels pour demain ? Oui, bien sûr ! Mais je ne veux pas dire qui. Parce que quelqu'un qui prend une ampleur nouvelle le fait davantage sur ses propres capacités que parce qu'on l'y invite. Et puis mon expérience récente m'incite à dire qu'un bon second ne fait pas forcément un bon premier. Ma préoccupation première n'est pas de placer « les bébés RC » dans les postes de demain, mais plutôt de dire : changeons la manière de faire de la politique. C'est le sens de notre alliance avec Europe écologie. » Politiquement, vous semblez à l'aise aux côtés de Martine Aubry. Est-ce la magie de LMCU ?

« D'une façon générale, dans la nouvelle gouvernance pilotée par Henri Ségard, les liens avec les villes sont établis, et non pas rétablis, dans un respect mutuel. La question de la communauté urbaine est au centre du projet de Martine Aubry. De mon côté, je plaide pour que l'on considère Villeneuve-d'Ascq comme un outil de rayonnement. Ce qui doit se traduire par des moyens supplémentaires dans chacune des compétences communautaires. En 2009, on a eu 500 000 E de travaux dans ce cadre. Après, il y a le projet de nouveau centre-ville. Martine Aubry m'a assuré que LMCU trouverait les crédits. On attend le rendu du « master plan », début janvier. Après, on établira un planning. Mais on a déjà commencé avec les liaisonnements piétonniers. On discute avec V2. Le retournement de l'hôtel de ville est toujours d'actualité également. Ça bouge. » • L. W.
 

« Sur un plan personnel... »

dimanche 03.01.2010, 05:04 - La Voix du Nord

Impossible de ne pas évoquer l'avenir ...

 

lorsque l'on entame une nouvelle décennie. Gérard Caudron n'esquive pas la question.

« Au-delà du fait que j'ai 65 ans, je ne me projette pas très loin », lâche celui qui s'est installé à l'hôtel de ville en 1977. « Ce que je peux dire également, c'est que le combat pour une alternative à la droite de Sarkozy, qui soit autre chose qu'un agglomérat autour du PS, est l'un de ceux qui motive. » Et sur un plan personnel ?

« Sur un plan personnel, je ne regrette pas d'avoir fait le choix de reprendre du service. Car je crois que mon âge et mon expérience me permettent de mieux gérer que d'autres le virage indispensable que doit prendre la ville, mais aussi le virage qui attend la gauche, vers une nouvelle pratique et un autre langage. Ces deux combats me mobilisent à fond. » > Concrètement, cela donne quoi ?

« Avec les Verts, par exemple, j'essaie de mettre un peu de bon sens, de les rendre plus réalistes. Et les socialistes, de les inciter à être plus imaginatifs et plus révolutionnaires. La grande révolution de demain suppose que chacun abandonne une partie de ce qu'il est aujourd'hui et surtout de ces certitudes. Les socialistes sont souvent conservateurs et les Verts parfois intégristes. » En 2010, le premier grand rendez-vous est fixé au 27 février, à la Rose des Vents. Ce sera le lancement d'une réflexion sur la ville des années 2020-2025, à travers un colloque. Le maire de Villeneuve-d'Ascq apportera sa pierre à l'édifice. « Le sentiment d'utilité qui est le mien , conclut Gérard Caudron, est un moteur de vie qui me permet de surmonter d'autres choses. »

L.W.